‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 43 sur 132 · II. — Esquisse Historique de 1082 a · texte numérisé non relu

II. — Esquisse Historique de 1082 a

Vers 1082, Adhémar de Monteil, évêque du Puy, donne à Chamalièrcs toutes les églises comprises dans un rayon de cinq lieues autour de ce monastère, par conséquent avant tout celle de Ghamalières (200). Le prieur posséda dès lors, sinon avant, le droit de nomination à cette cure.

Le pape Adrien IV, par bulle du 17 avril 11 55, accorda ou plutôt confirma solennellement à Béraud, abbé du Monastier, la possession de plus de deux cent trente églises, entre autres, de celle de Ghamalières, ainsi que le droit d'y nommer des titulaires directement ou indirectement (1).

Le pape Alexandre III, en accordant certains privilèges à l'abbaye du Monastier-Saint-Ghaffre par bulle du i'' avril 11 79, plaçait sous la dépendance immédiate ou simplement médiate de ce monastère bénédictin, entre beaucoup d'autres églises, celle de Ghamalières, ecclesiam de Camalariis, et lui reconnaissait explicitement le droit d'y nommer des titulaires (2).

Au siècle suivant, le pape Glément IV, ancien évêque du Puy, confirme par bulle de 1266 ou 1267 aux religieux du Monastier tous leurs droits de collation ou autres sur la paroisse de Ghamalières (3).

Lqs Chroniques de Médîcis, bourgeois du Puy (4', nous apprennent que, vers i456, le curé de Ghamalières, de Chamaleiras, donne un carton de froment chaque année pour le pain du saint sacrifice à l'hostier deSaint-Pierre-le-Monastier, au Puy.

D'après le Pouillé ou dénombrement des bénéfices du diocèse du Puy en i5i6, pour la levée des décimes, le curé de Ghamalières est taxé vingt sols (5).

D'après un autre Pouillé du diocèse du Puy, du xvm** siècle, le curé du même lieu était taxé quatre cents livres (6)^

(1) Gallia Christiana, II, col. 767.

(2) Ulysse Chevalier, Cartulaire du Monastier, pages 178 et 179.

(3) J6îd., pages 191 à 198.

(4) Tome II. p. 169.

(5) Archives nationales , G^l, fol. 440, verso.

^6) Tablettes hist. du Velay, IV; pages 492 et 531.

A cette époque, Pierre Guzin Coudert adresse aux auteurs de V Histoire da Languedoc, la description suivante de la paroisse de Ghamalières.

« Ghamalières. — Bourg, en latin Camaleriœ, dans le diocèse da Puy, archiprêtré de. Monistrol. L'église est sous l'invocation de saint Gilles, abbé. Le prieuré est un bénéfice simple et régulier dont le patron est l'abbé de Saint-ChafFre : i5o feux. La justice seigneuriale relève du sénéchal du Puy.

« Lieux dépendant de la paroisse : « Ghamalières, bourg... Villages : Ventressac, Peyres-Basses, La Fayolle, Granou, Lascours, Le Mazel, Le Chomeil, Varennes, La Bastide, Le Pinet, Gombres, Donaze... Hameaux : Poux, Fouilhouse, Peyres- Hautes, Boulier, • La Vagnhe, La Borie,'Serralier, Suqueyrol, Ouvige... » Familles 7io6/e5 : noble Milhet dfe La Borie possède le domaine de la Borie ; noble de Rulier de GhabanoUes possède le domaine de RuUier. Singularités : On remarque à Ghamalières les vestiges d'un ancien pont sur la rivière de Loire, abattu, dit-on, par le gonflement de la rivière causé par l'amas des glaces. Ghamalières forme un mandement qui relève de la généralité de Montpellier. Il y a dans la paroisse deux consuls, nommés à tour de rôle et dont l'exercice dure un an. —Signé: Goudert, curé de Ghamalières (1).

Au début de la Révolution, les habitants de Ghamalières formulèrent leurs doléances dans l'intéressant document qui suit :

« Cayet de plaintes, doléances et demandes des habitants du mandement de Chamallières, 29 mars 1789.

(( Lesdits habitants, pour obéir aux règlements des 24" janvier et 7" février derniers pour l'exécution des lettres de convocation aux Etats-Généraux, ont rédigé le présent cayet, et ont nommé deux députés pour le porter à l'assemblée qui doit se tenir au Pay le 3i° du courant, et ont très humblement et très respectueusement remontré :

(( pn'. — Que ïedit mandement de Ghamallières, est scitué

(1) Tablettes historiques du Velay, VI, p. 223.

dans un pays de montagnes et dé rochers, et que le bourg dudit Ghamallières est dans un enfoncement si grand et au bas des montagnes si haultes que, pendant plus de cinq mois de l'année, ledit bourg est privé d'y voir le soleil, que les inondations, la grêle et les ravines ravagent annuellement ledit mandement, non seulement par les dommages que la grêle y fait, mais encore par les inondations et les ravines qui entraînent la plus grande partie du terrein, et que quoy qu'ils ayent eu le malheur pendant plusieurs années de voir leurs récoltes emportées et leurs terres entraînées par les ravines, quelques remontrances et plaintes qu'ils ayent pu faire de tous leurs malheurs, on n'a pas daigné leur accorder la moindre indemnité.

a lient. — Qu'il y a environ douze années qu'on leur imposa pendant deux ou trois années, en sus de leur taille, Une somme de deux cents livres pour réparer un peu leurs chemins dans lesquels on ne peut passer sans s'exposer à perdre la vie, cependant ladite somme de deux cents livres fut payée ainsi que leur taille, et on n'a pas daigné faire la moindre réparation dans leurs chemins.

(( Illent^ —Que le seigneur prieur de Ghamallières perçoit des grands revenus dans ledit mandement, tant en dixmes que censives, et que, malgré ce, il n'habite point dans son prieuré ; qu'il ne fait aucune réparation dans son église de Ghamallières, et qu'il ne fait aucune aumosne aux pauvres de là parroisse ; qu'en outre, quoique ladite parroisse soit composée de plus de six cents communiants, ledit seigneur prieur n'a jamais voulu leur fournir un vicaire, de façon que ladite parroisse est très mal desservie, attendu que le sieur curé ne peut remplir touttes les fonctions dont un digne et zélé pasteur est tenu de s'acquitter. En conséquence de ce, lesdits habitants demandent que ledit seigneur prieur soit tenu d'habitter dans son prieuré audit Ghamallières, de faire dans son église toutiles les réparations nécessaires, de fournir un vicaire et de faire annuellement, ainsi qu'il y est obligé, suivant les édits et déclaration du Roy, une aumosne aux pauvres de la parroisse, ou qu'autrement il sera tenu d'habandonner tous les revenus

de son prieuré auxdits paroissiens; et pour lors, ces' derniers seront tenus de payer les portions congrues de Messieurs les curé et vicaire de même que touttes les autres charges dudict prieuré.

« IVcn^. — Que les roUes de capitation (ont toujours été faits) sans jamais avoir été tenu dans ladite parroisse aucune assemblée pour la répartition de ladite capitation.

« V^n^ — Lesdits habitants demandent qu'il n'y aye qu'un seul receveur qui perçoive tous les impôts dans toutte . la province du Languedoc, et ce, des mains des collecteurs establis dans chaque ville et chaque parroisse de campagne, pour percevoir tant sur le clergé et la noblesse que sur le tiers état.

{( VI'î"^ — Lesdits habitants se plaignent (Je ce qu'on n'arrette point dans cette province de Languedoc les mendiants et ■gens sans aveu comme dans les autres provinces, de façon que lesdits mendiants se jettent dans cette province, et se font donner l'aumosne par force, et qu'on ne peut leur la reffuser sans craindre d'être volés ou incendiés.

« VII^"^. — Ils demandent qu'on travaille à la diminution des impôts, i° en établissant une nouvelle administration dans cette province du Languedoc; 2° en imposant à la taille tous les biens d'Eglise et en diminuant les revenus de tous les gros béneffîciers ; 3° en supprimant tous les prieurés dans lesquels les prieurs ne font pas leur résidence ; 4° en diminuant les pensions des moynes de l'ordre de saint Benoît et en réduisant leurs pensions semblables et égales à celles des vicaires de ce diocèze (0 ; 5° en supprimant les gabelles et douanes pour que le commerce soit libre dans toutte l'étendue du royaume, et que le thabac et le sel soient marchands ; 6° en supprimant les édits des vingtièmes et dixièmes qui empêchent la circulation des espèces, et celui de la puriffication des hypothèques de 1771 qui est une source de fraudes et d'abus tendant à faire perdre les créanciers et empêchant plusieurs ventes par la

(1) Ce paragraphe a été raturé.

— aao —

crainte où sont les acquéreurs de tromper les créanciers trop négligents pour veiller à la sûreté de leurs dettes.

Signés : Plagnïeu, avocat, Barthélémy, Maurigeon, Gibert, Blachon, Gravier, GiBERT, Deydier, Rey, Bascon. Maisonneuve, Laniel, Terrasson, Berger, Pellissier, Soulier, Malle ys. »

Paraphé ne varietur : Baille, juge (1).

M. Chassaing, à. qui nous devons la copie du précieux document que l'on vient de lire, l'a fait suivre de celte note :

« Ce cahier fut rédigé le 29 mars 1789 par l'assemblée des habitants de la paroisse de Chamalières, convoqués et réunis en l'auditoire devant Jean-Antoine Baille, avocat au parlement, juge de Chamalières, et Barthélémy Plagnieu, avocat, lieutenant de juge; 89 habitants, âgés de 26 ans et compris sur le rôle des impositions composé de 200 feux, étaient présents; ils élurent à la pluralité des suffrages Alexis Barthélémy, du Pinet, et Jean-Pierre Gibert, de Pieyres-Hautes, leurs députes, pour les représenter en l'assemblée qui devait avoir lieu au Puy, le surlendemain, devant M. le lieutenantgénéral au sénéchal, et y porter le cahier de leurs doléances » .

Nous avons constaté l'existence à Chamalières, le 4 janvier 1746, d'un couvent de religieuses de Saint-Joseph (2) auquel nous croyons devoir rattacher la pièce suivante :

« Ce jourd'huy, ventième jour du moy de may 1792, Laniel, procureur de la commune de Chamalières s'est occupé à faire l'inventaire de l'assemblée des Filles. La Jeanne-Marie Bonneval remet entre nos mains La Guide des Pécheurs de Louis de Grenade, la Vie des Saints en trois tomes, la Vie de la Sainte Vierge, l'Evangile en deux tomes, onze petits livres qui sont pas beaucoup nécessaires, plus trois paillasses en mauvais état, plus trois marmites rondes, une crémaillère,

(1) Archives dép. de la Haute-Loire^ série C. original sur papier. - Communication de M. Antoine Jacolin, archiviste.

(2) Voir ci-dessus, p. 139.

des pincettes, un grenier pour mettre le grain, un buffet, une armoire à quatre portes, une malt (huche) à pétrir, une pelle, une petite caisse, deux crucifix, une table, une cueillière, une salière, un petit coffre à deux étages proche de la table et une mauvaise scie. — Fait à Chamalières, l'an, mois et jour que dessus, Laniel, faisant les fonctions de procureur de la commune (1). »

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