I. — Origines du chef-lieu et des principaux villages
La paroisse de Chamalières devait exister en 987, date la plus lointaine où nous constatons l'existence du prieuré. La même église dédiée à saint Gilles servait de lieu de réunipn.aux moines et aux paroissiens. Tandis que les religieux chantaient l'office et priaient dans le vaste chœur, séparé de la nef et des bas-côtés, les fidèles se rassemblaient dans celte dernière partie, les prêtres, le curé et le vicaire attachés à leur service, y exerçaient le saint ministère et célébraient les offices divins à l'autel adossé contre le chœur.
La paroisse s'étendait à peu près sur le même territoire qu'aujourd'hui ; elle avait alors, en plus, le village de Donaze, rattaché maintenant à la paroisse de Vorey ; en moins, les villages de La Bastide (en partie) et de Rocoules, détachés de Vorey, le village de Leyret, détaché de Saint-Maurice et le hameau des Garayls, qui n'existait pas. Elle se trouvait donc tout entière sur la rive droite de la Loire : deux de ses principaux villages, Ventressac et Combres, étaient situés sur ses bords, les autres s'élevaient sur les flancs des montagnes de Gerbison et de Gostaros.
Le chef-lieu était naturellement Chamalières. Il faut arriver a 1162, au temps de Pierre de Beaumont, pour trouver dans
le CaHulaire quelques renseignements circonstanciés sur cette localité. D'abord bien clîétive, elle était parvenue après plusieurs siècles à avoir une certaine importance. Laissons la parole au prieur lui-même.
« Lorsque j'entrai en fonctions, dit-il, Ghamalières en était venu, grâce à Dieu, à ce point de prospérité que l'on y comptait soixante-onze maisons de sortables et d'habitées et treize maisons d'abandonnées, plus, cent quatre jardins. Le cens de chacune de ces maisons et de chacun de ces jardins était d'une demi-géline, six deniers, un carton d'avoine, sans compter les tailles et quêtes, quesita, les corvées, opéra, et les autres droits seigneuriaux. Il y avait aussi à Ghamalières plusieurs vignes, dont l'une rapportait au monastère un sétier de vin, trois autres, trois hémines de vin, deux, deux quarts. Le couvent prélevait encore sur ces vignes les dîmes, comme sur toutes ses autres possessions (3).
Le Cartalaire de Chamalières nous donne des renseignements sur la plupart des villages de la paroisse, aussi bien que sur le chef-lieu; nous allons les transcrire en suivant l'ordre chronologique.
I. -^ Ventressac, Ventresac, Ventreciacum. — ■ Ce village apparaît le premier après le chef-lieu de la paroisse. En 987 ou 988, Gotescalc, évêque du Puy, donne à l'abbaye du Monastier les rentes de ce lieu (388). En 1162, sous le priorat de Pierre III de Beaumont, il y avait là vingt-une maisons habitées, huit maisons abandonnées et quarante-sept jardins. La plupart des feux payaient un cens d'une demi-géline, six deniers et un cartal d'avoine. Il y en avait urt cependant au cens d'un cartal d'avoine et quatre deniers; deux, au cens d'un cartal de froment chacun ; un autre, d'un cariai de froment et une géline. Il y avait aussi un champ et deux jardins qui rendaient chacun deux métans d'avoine et une géline; l'un d'entre eux, six deniers en plus. Quelques prairies rapportaient : l'une quinze, l'autre six, une troisième douze (deniers; le pré ^u Moulin, six deniers, et celui du Verger, huit (8). Ainsi Ventressac et sa riante petite plaine étaient déjà au xii* siècle ce qu'ils sont aujourd'hui.
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En constituant la réiecloreric de son monastère, le i"" septembre II 03, Pierre de Beauinont se réserve les cens en argent, gélines, avoine et vin que ses prédécesseurs ont toujours perçus sur le village de Ventressac (77).
Entre 11 79 et raoo, le prieur Pierre de Servissac achète des bailes de Rosières tout ce qu'ils possèdent au naême lieu (i3iO.
3. — PiEYUES, ad Pigeiias, in villa de Pigeriis. — En 959, Othon et son épouse Blitgarde donnent à Dieu et au monastère de Saint-Gilles une appenderie sise à Pieyres (24). Vers 10 1 4, Théodebert et son épouse Anne cèdent au même couvent une appenderie et une maison avec jardin et verger situés au même lieu (25). Le 1 3 mars i ï65, Hermion de Roche lui abandonne une appenderie qu'il y possède (81). En 1172, Ponce Aguirel lui lègue tous ses droits sur les dîmes de ce village (162). Entre 1082 et 1089, Humbert Crispus donne aux religieux une autre appenderie (25), et à la fin du xii" siècle, Hugues Vivace, un jardin, au même lieu (i 54). En 12 12, dame Gironde et son fils Armand (i56) et Aélis de la Mastre leur cèdent à leur tour tout ce qu'ils y possèdent C157). Enfin en 1212 ou i2i3, Armand de Recours leur donne douze deniers de cens annuel à prendre sur le même lieu (i58).
3. — DoNAZE, in Donazaeris, in Donazeris. — Entre 1021 et 1028, nous ne pouvons pas mieux préciser, Didier et Ermessende, son épouse, donnent à Ghamalières un mas sis à Donaze (27). A la même époque, Guillaume, son épouse Cautburge et leurs fils Hugues, Bertrand et Arnaud cèdent un. autre mas au même lieu (28).
4. — CoMBRES, in Combris. — En 1097, Hugues Guillaume et Efciennette, son épouse, Jarenton, Ponce Barge et d'autres donnent aux couvents du Monastier et de Ghamalières les propriétés qu'ils possèdent à Gombres (6 à i5).
Le rédacteur du Cartulaire, Pierre de Beaumont, énumère avec complaisance et en détail, vers 11 62, les propriétés de Gombres et leurs revenus. « Il y a, dit-il, en ce territoire, trois prés rapportant chacun annuellement une hémine d'avoine et douze deniers; trois jardins au cens chacun d'un cartal
d'avoine, six deniers et une demi-géline ; une moitié de jardin au cens d'un méteinc d'avoine, trois deniers et un quart de géline ; une saigne au cens d'un méteinc d'avoine ; vingt-deux parcelles de vignes qui rapportent chacune une hémine de vin. De plus, le couvent perçoit sur toutes ces terres le tiers des fruits, sauf sur une vigne au cens de deux setiers de vin (i5).
A peine devenu prieur de Chamalières, Pierre de Beaumont constitue la réfectorerie de son monastère ; il lui donne alors, le i" septembre ii63, certaines rentes, mais il se réserve celles de Combres (77).
5. — La Fayolle, Faiola. — Entre 1082 et 1089, Humbert Crispus donne au couvent de Chamalières un bois sis à La Fayolle (26). Entre 1179 et 1200, le prieur Pierre de Servissac achète de Pierre de la Monzie ses droits sur la forêt de La Fayolle, moyennant la somme de cinq sous (187). Enfin, le 28 avril 1176, Pierre de Chalencon achète de Guigon de Charrées la moitié de ce village (175).
6. — Granou, Granosc, de Granos. — Entre 1082 et 1089, Humbert Crispus donne au monastère de Chamalières quelques issarts au bois de Granou (26). En 1171, Jordane, dame d'Artias, lui cède à son tour une hémine d'avoine de rente annuelle apercevoir au même lieu (161).
7. — Sarralier (à Aunac), de LingiiriniSy ad Lingurinas . — Entre 1082 et 1089, Austorge et Pierre Beraud, son fils, l'un, frère, et l'autre, neveu d'Ebrard, prieur, donnent à Chamalières tout le mas de ce lieu (28). En 1082, Giraud, chevalier de Recours, très avancé en âge et son épouse Brunicarde donnent au monastère un mas très utile aux religieux, une chapelle avec toutes ses dépendances, plus un bois, le tout situé à Sarralier (loi).
8. — Le Pouyt, in Poietis. — Au temps de Pierre de Beaumont, après 1 162, le couvent de Chamalières percevait au Pouyt le quart des fruits et les dîmes (3).
9. — Le Mas de Bernard, in vineis del Mas. — Vers 1 162, il y avait en ce lieu dix-huit versannes, dont chacune rapportait annuellement une hémine de vin (3),