I. — Origines du chef-lieu et des villages
Rosières apparaît tout à coup au x" siècle comme une localité importante, preuve que son existence datait déjà de loin. La seconde année du règne de Louis IV d'Outre-Mer, en 987 ou 988, Gotescalc, évêque du Puy, ancien abbé du Monastier-Saint- Chaffre, donne à cette abbaye Rosières et d'autres lieux relevant de l'évêché, à la condition que les religieux réciteront pour lui et les siens deux psaumes et d'autres prières chaque jour, excepté les jours de fêtes (l).
On remarquait alors à Rosières un ermitage et deux églises. Tune sous le vocable de saint Jean et l'autre sous le vocable de saint Martin : celle-ci servait d'église paroissiale.
L'ermitage, cellarium, fut donné par Girbert au couvent de Çhamalières en 985 (3o).
L'église Saint-Jean, nous l'avons vu, appartenait à la famille de Polignac. Vers 1096, le vicomte Hérail donne cette église réduite par le temps à l'état de désert, ad heremum redacta, au monastère de Saint-Gilles (3i). Au milieu du xii" siècle, elle avait si entièrement disparu que plusieurs, dit le Cartulaire, ignoraient même la place où elle s'élevait autrefois (176).
Quant à l'église de Saint-Martin consacrée par Gotescalc, évêque du Puy (174), consecratam in honore sancti Martini à Domino Gotiscalco, nous la trouvons mentionnée, à une date que nous ne pouvons mieux préciser, sous le règne de Louis IV d'Outre-Mer, entre 987 et 951. Dalmace de Beaumont, prieur de Çhamalières, alors devenu abbé du Monastier, l'acquiert pour le compte de son abbaye (2).
Vers 1082, Adbémar de Monteil, évêque du Puy, donne au monastère de Çhamalières toutes les églises comprises dans un rayon de cinq lieues, par conséquent et sans doute celle de Rosières; il les donne en ce sens que les possesseurs laïques de ces églises seront obligés de les rétrocéder au couvent de Saint-Gilles, quand ils voudront ou les restituer ou les vendre (200).
(1) Cartulaire du Monastier, n° 58, pages 47 et 48. {2) Cartulaire du Monastier, n" TA.
Entre 1082 et 1089, sous le prîorat d'Ebrard à Chamalières, Girin de Mézères, reconnaissant le tort qu'il avait fait à Dieu et à l'église de Rosières, en exigeant de ses prêtres un dîner annuel, abandonnait pour toujours ce repas, afin qu'il ne se changeât pas pour lui en peine éternelle, d'abord à Dieu, 'puis çi l'église de Rosières et au couvent de Chamalières. 11 agit ainsi, du conseil de sa femme Adalaïs et de ses fils Jarenton, Bertrand, Sylvius et Raymond (82).
En 1097, Hugues Guillaume et Etiennette, son épouse, jurent sur l'autel de Saint-Martin de Rosières de tenir la donation qu'ils ont faite au monastère de Chamalières de' leurs propriétés de Combres (6).
Enfin, le i*'" septembre 11 63, le prieur Pierre de Beaumont donne à la réfectorerie de son couvent la terre que le prieuré possédait à Rosières (77).
Tels sont les renseignements que le Cartalaire nous fournit sur le chef-lieu de la paroisse. Nous allons voir surgir, au cours des dizième, onzième et douzième siècles, un grand nombre de ses villages, dont quelques-uns ont disparu, laissant leurs noms aux terroirs où ils s'élevaient.
1. La Flachière, in Flacheria. — En 976, la vingtième année de Lothaire, Girbert et Biliarde, son épouse, donnent à saint Théofrède un champ à la Flachière, dans la paroisse de Rosières (182).
2. Félines ou peut-être Fifaliou, in Filinis. — En 981, sous le règne de Lothaire, Truand, prêtre de Rosières, donne au couvent de Chamalières diverses propriétés sises à Félines, paroisse de Rosières (i83)- Trois ans plus tard Flotaire, craignant les jugements de Dieu, lui donne à son tour une appenderie au même lieu (184), laquelle rapporte annuellement dix-huit deniers, une hémine d'avoine et une géline
3. Servesières, in villa de Serviseriis. — En 986 ou 986, Giberne, oncle de Gaubert, prêtre de l'église de Rosières, et Aialmodis, épouse de Giberne, donnent à Saint-Gilles de Chamalières la moitié d'un pré à Servesières, paroisse de Rosières (i85). Servesières s'appelle aussi aujourd'hui Morel.
' k' SoLiGNAC, Solemniacus, lieu disparu. — En juin 9^6, Gibert et son épouse Biliarde donnent à Ghamalières un mas situé à Solignac (201). Ce mas est mentionné deux fois encore parle Cartulaire, entre 1162 et 1172 (177), et entre 1179 et 1200 (i3i).
5.. Le Monteil, Montilium. — En 992, Gaubert, prêtre, donne au prieuré une appenderie sise au Monteil, paroisse de Rosières, avec une maison, un jardin et toutes leurs dépendances (186). Autre Gaubert, chevalier de Rosières, lui cède divers droits sur le lieu du Monteil, plus l'appenderie de Lardairolenche (270).
6. Le Ghomeil, de Calmis, ad Calmils. — Vers la fin du x" siècle, dame Gorgoria donne à Ghamalières un mas situé au Ghomeil, paroisse de Rosières (187).
7. La. Ghaud, in villa de Chalmez. — A la fin du x^ siècle, la même dame et Smidon, son mari, donnent au couvent un mas à la Ghaud (34) .
8. Ram ou Rang, in villa de Ram, lieu disparu. — A la même époque, Girbert, du consentement de son épouse et de ses fils Etienne, Austorge et Rodave, constitue en dot à son fils Pierre qui se fait moine à Ghamalières, une appenderie à Ram, paroisse de Rosières, aujourd'hui simple terroir, paroisse de Beaulieu (181).
9. Ollias, in Olliacio, ad Olacium, ad Olas, lieu aujourd'hui détruit. — Entre 1000 et 1012, Blismodis et son fils Galbert de Mézères donnent au couvent de Saint-Gilles une appenderie à Ollias, paroisse de Rosières (174). Vers ioi4, ils lui cèdent encore une autre appenderie au même lieu (29). Enfin, le 12 octobre 1172, Elie de Mézères, à son lit de mort, lui lègue la moitié d'un mas au même lieu et l'appenderie appelée La Roche (i63).
10. Le Meynial, in Mainilio, lieu aujourd'hui disparu. — Vers To5o, Guillaume Achard lui donne le quart du lieu du Meynial, paroisse de Rosières fi88j.
11. BoNNEviALLE, m BonavUla. — Au temps du prieur Ebrard, entre 1082 et 1089, Humbert Grispus donne à Ghamalières un mas sis à Bonnevialle, paroisse de Rosières (33).
13. Farouil, <2rf Serroilz, lieu aujourd'hui détruit; — Le 3 juin II 65, Géraud de la Tour donne au couvent les dîmes qu'il possède à Farouil, paroisse de Rosières. Le Farouil n'est plus aujourd'hui qu'un simple terroir situé entre Rosières et les Pautus, attenant à celui de Florac (183).
i3. BouRiANNE, Burriane, lieu disparu, — Entre 1163 et II 73, Pierre de Beaumont, prieur de Chamalières, passe un arrangement avec le baile de Rosières au sujet d'une appen-, derie sise àBourianne, paroisse de Rosières (177). Entre 11 79 et I300, le prieur Pierre de Servissac achète une autre appenderie au même lieu (i3i).
14. Florac, in Floiraco vel Floraco. — Au douzième siècle, Régnier de Roche donne à Chamalières un mas sis à Florac, paroisse de Rosières, lequel rapporte quatre soûs, un setier et quart d'avoine (35). A la même époque, une dame de Roche, nommée Julienne, donne au couvent un «autre mas sis au même lieu, qui rend six deniers, une hémine et quart d'avoine (36). Etienne Guy donne encore au même couvent un autre mas sis au même lieu, au cens de cinq sous, trois cartons seigle et un setier avoine (^7). Enfin Guillaume de Rochebaron lui cède un autre mas, au même lieu, au cens d'un setier d'avoine (38).
i5. Gheyriac, a Chairiac, in villa de Chair ac. — A la fin du xii" siècle, Aumar et Elie, chevaliers de Salsac, donnent à Chamalières, au lieu de Gheyriac, paroisse de Rosières, trois hémines d'avoine, une hémine de froment, une hémine d'orge, trois chapons, deux gélines, quatre sous et un gâteau de fro^ment(iA5).
En 1 3 1 3 , dame Gironde et son fils Armand donnent au couvent de Chamalières divers biens en compensation desquels Reymond de Mercœur, prieur, leur cède certaines rentes qu'il percevait sur une vigne à Gheyriac (i56).