‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 48 sur 132 · II. — Esquisse msTORiQUE de ii55 a · texte numérisé non relu

II. — Esquisse msTORiQUE de ii55 a

Le Pape Adrien IV, par bulle du 17 avril 11 55, accorda ou plutôt confirma solennellement à Béraud, abbé du

Monastier, et par conséquent sans doute, au prieur de Chamalières, la possession de l'église de Rosières, ainsi que le droit d'y nommer des titulaires (1).

Le Pape Alexandre IIÎ, en accordant certains privilèges à l'abbaye du Monastier-Saint-GlialTre, par bulle du i" avril 1179, plaçait sous la dépendance immédiate ou simplement médiate de ce monastère bénédictin, entre beaucoup d'autres églises, celle de Rosières, ecclesiam de Rosariis, et lui reconnaissait explicitement le droit d'y nommer des titulaires (2). Un siècle plus tard, le Pape Clément IV, ancien évêque du Puy, confirme par bulle de 1266 ou 1267, aux religieux bénédictins de Saint-Gliaffre et sans doute au prieur de Chamalières, tous leurs droits de collation ou autres sur la paroisse de Rosières (3).

Revenons un peu en arrière. En 1287, Jean de Plagnol, écuyer, qui s'était distingué en Terre Sainte, par ses exploits contre les infidèles, obtint en retour, de saint Louis, l'exemption pour sa terre du Bosc des dîmes que le couvent de Saint-Gilles percevait sur la paroisse de Rosières. En 1820, intervint entre Bertrand de Plagnol, seigneur du dit lieu, et Etienne Hugonet de Lone, prieur de Chamalières, un accord qui ratifiait l'exemption de 1287. Le Cartulaire de Chamalières, édition Fraisse, donne entre les paroissiens de Rosières et le même prieur un arrangement sur lequel nous n'avons pas à revenir W.

Au milieu du xm° siècle, le 8 juin 1266, Guy de Montlaur, doyen du Chapitre du Puy, Armand de Polignac, prévôt, et les chanoines de l'église du Puy, passent une transaction au sujet de leurs droits réciproques ; nous y voyons, que par cet acte, la cure de Rosières est placée sous l'autorité du prévôt (5).

(1) Gallia Christiana, II, col. 767.

(2) Ulysse Chevalier, Cartulaire du Monastier, pages 178 et 179.

(3) Ibid., pages 191 à 198.

(4) Tablettes historiques du Velay, IV, pages 480 et 481.

(5) Archires dép. de la Haute-Loire, f. de l'Evêché, G. 127 (liasse).

Les Chroniques de Médicis, bourgeois du Puy (1), nous apprenneat que vers i456, le curé de Rosières, de Rosaims (2), archiprêtré de Monistrol, donne quatre cartons froment, chaque année, . pour le pain du Saint Sacrifice à Vhostler de Saint-Pierre-le-Monastier, au Puy.

D'après le Pouillé de i5i6, pour la levée des décimes (2), le curé de Rosières, archiprêtré de Monistrol, est taxé cent sols.

« Durant les premières guerres de religion, dit Touchard- Lafosse r3), Rosières fut le théâtre d'un combat sanglant ; Barghas (d'autres disent Barghac), capitaine protestant, après avoir été chanoine du Puy, s'étant mis à la tête de deux mille hommes, en 1677, s'empara de Saint -Agrève, Fay et Saint- Pàul-de-Tartas, sur les frontières du Velay, et s'avança dans ce pays, pour tenter l'enlèvement de quelques places plus importantes. Saint-Vidal, gouverneur de cette province, marcha contre le chanoine apostat, avec un renfort que Mandelot lui avait envoyé rapidement de Lyon. Les deux partis se rencontrèrent à Rosières ; l'engagement fat vif et meurtrier ; Barghas eut le dessous, et dut battre en retraite, laissant trente ou quarante hommes sur le champ de bataille. Saint-Vidal ne perdit que trois chevaux, disent les relations des historiographes ; mais ce rapport peut ressembler aux bulletins que rédigea depuis le conventionnel Barrère, et dans lesquels l'armée républicaine, en tuant les Autrichiens et les Prussiens par milliers, n'était blessée qu'au petit doigt d'un soldat. »

Vers 1760, Jean Iledde, curé de Rosières, adressa aux auteurs de VHistoire da Languedoc, la description suivante concernant sa paroisse :

« Saint-Martin de Rosières. — Bourg, en latin Roseriœ, sous le vocable de Saint-Martin, évêque de Tours, diocèse du

(i) Tome II, p. 169.

(2) Archives nationales, G^ 1. fol. 439, recto.

(3) La Loire historique. — Voir aussi Arnaud, Histoire du Velay, I. p. 381.

Puy, archîprêtré de Monistrol. Là cure est à la collation du prieur de Ghamalières. Pas d'autre bénéfice. 383 feux. Le bourg de Rosières, avec trois ou quatre villages attenants, forme un fief démembré de Lavalemblavès. La justice de ce fief appartient au seigneur qui est M. de Pralas. Les autres villages ci-après nommés dépendent pour la justice ordinaire des différents mandements où ils sont enclavés et pour la justice royale ils dépendent, ainsi que tout le Velay, du Puy. »

Noms des villages ou hameaux dépendant de la paroisse de Rosières ; les lieux marqués par la lettre H sont des hameaux composés seulement d'une maison : Rosières, Félines, Les Granges, Chastel, Chériac, Les Tourrettes H, Glissac, La Giraude, Lardenne, Les Potus, Bosc H, Planhol H, Rioux, Ghantre, Rougeac, La Grande-Rougeac,Les Goiidougnhoux H, La Fournelle H, Hautevialle, Bonnevialle, Bonjour, Morel, Sabatier, Le Guérel, Gharrel H, Ghavalmard, Tintamarre, Goindet, Roiron, La Ghau de Mezères, Le Payât, Lherm de Mezères, Blanlhac, La Bourianne, Le ïaillet, Le Moutier, Les Vachers, Salecrup H, Les Marcous H, Malleys, Bonnefont, Les Arnauds, Lamure H, Touzel, Le Ghomeil, Valette H.

Familles nobles : M. Desgrands de La Ghau, M. Sahuc de Planhol, trésorier de France, du ressort du parlement de Grenoble, M. Pages de Planèzes {^).

A la veille de la Révolution française, la cure de Rosières était taxée 5oo livres.

Page 1