CHAPITRE PREMIER
L'Ordre de Saim-Ber'oit. — Son fondateur, courte biographie. — Origines de l'Ordre, règle, costume, congrégations diverses. — Observance de Cluny. — U abbaye du Monastier-Saint Chaffre, dont dépendait le prieuré de Chamalières.
NE courte introduction à l'histoire du prieuré bénédictin de Ghamalières-sur-Loire s'impose nécessairement : elle peut résoudre beaucoup de difficultés qui ne manqueront pas de se produire dans l'esprit de nos lecteurs et répondre d'avance à une foule dé questions qu'ils se poseront le plus naturellement du monde. Nous allons la donner en disant quelques mots, d'abord de saint Benoît, fondateur de l'Ordre célèbre qui porte son nom, et de la règle qu'il imposa à ses religieux; puis des principales observances dans lesquelles cet Ordre s'est divisé, dont les plus connues sont celles de Cluny, de Cîteaux et de Saint-Maur; enfin de l'abbaye du
Monastier-Saint-Ghaffre, au diocèse du Puy, dont notre humble prieuré releva toujours immédiatement depuis son origine jusqu'à la Révolution française où il disparut.
Saint Benoît naquit en 48o près de Nurcie, Norcia, en Italie. Eutrope, son père, et Abondance, sa mère, étaient l'un et l'autre de noble origine; ils donnèrent à leur fils le nom de Benoît, Benedictus, en prévision, dit saint Grégoire, son premier historien, des bénédictions célestes dont il devait être comblé.
Jeune encore, Benoît quitta Rome où ses parents l'avaient envoyé, afin de se soustraire à la funeste influence des dusses maximes et des exemples pernicieux de la grande Babylone ; il se retira dans les déserts de Sublaqueum, Subiaco, à quarante kilomètres de la ville des Papes ; il mena une vie si sainte qu'une foule de jeunes gens, dégoûtés comme lui du monde, demandèrent tout de suite à se sanctifier sous sa direction. De son vivant, il eut la consolation de fonder à Subiaco même douze monastères, composés chacun d'un supérieur et de douze religieux.
Persécuté dans sa premièire retraite par un moine indigne, le saint Patriarche se transporta avec quelques-uns de ses disciples au Mont-Gassin, où il construisit en 629, au milieu de difficultés sans nombre, un nouveau monastère. Après avoir donné à ses religieux une règle qui est regardée comme un modèle de sagesse, il alla recevoir au ciel, en 543, la récompense de ses vertus.
La règle de saint Benoît, d'un esprit très large, ouvrait les portes des monastères à tous les âges et à toutes les conditions. Les enfants, les novices et les profès couchaient dans des dortoirs séparés ; chacun avait un lit clos par des toiles, ou par des planches ; dans chaque dortoir, un religieux éprouvé veillait sur la conduite des autres. L'abbé et le prieur présidaient sur toute la communauté ; ils devaient l'un et l'autre gouverner plus par l'exemple que par l'autorité qui leur était déléguée.
Les religieux bénédictins étaient tenus à la psalmodie de l'office divin. Le chant de matines commençait à deux heures