‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 58 sur 132 · V. — Prieuré de Gonfolent · texte numérisé non relu

V. — Prieuré de Gonfolent

Nous connaissons les origines du prieuré de Gonfolent par une charte du Cartulaire du Monastier (3), reproduite par les auteurs de l'Histoire générale du Languedoc (4) et par M. Chassaing dans l'Appendice du Cartulaire de Chamalières (5). Voici cette charte dans toute sa teneur : « Un homme iiommé Gibon et son épouse nommée Anne possédaient diverses propriétés en pays de Velay, dans la vicairie de Bas, au lieu dit Gonfolent et sur le bord dé la Loire; ils les donnent toutes à Notre-Seigneur, à la Sainte Vierge Marie, à saint Pierre ; ils stipulent que l'on construira en ce lieu une église et un monastère qui seront placés sous la dépendance de l'abbaye

(1) De la foudre et de la tempête défendez-nous, Seigneur 1 Nous vous louons, Seigneur !

(2) Mon âme glorifie le Seigneur.

(4) Tome III, col. 86.

du Monastier-Saint- Chiffre ; que l'abbé en aura la collation et la direction, à condition de payer tous les cinq ans trois sous de cens à Saint-Pierre de Rome. Cette donation est faite au mois de janvier (988-996) sous le règne de Hugues Capet.

Vers 1082, Adhémar de Monteil, évêque du Pùy, donne au prieuré de Ghamalières toutes les églises et chapelles comprises dans un rayon de cinq lieues, par conséquent la chapelle de Confolent (200).

Le prieur posséda dès lors, sinon plus tôt, le droit de nomination à ce bénéfice.

Le pape Adrien IV, par bulle du 17 avril 11 55, accordait ou plutôt confirmait à Béraud, abbé du Monastier, la possession de plus de deux cent trente églises, entre autres, de celle de Confolent (1).

Le Pape Alexandre III, en accordant certains privilèges à l'abbayé du Monastier-Saint-Ghaffre par bulle du i'"^ avril 1 179, plaçait sous la dépendance immédiate de ce monastère bénédictin, entre beaucoup d'autres églises, celle de Confolent, ecclesiam de Cojolento, et lui reconnaissait explicitement le droit d'y nommer des titulaires (2).

Nous avons déjà vu Francon, abbé du Monastier, céder entre 1184 et 1190, sous certaines conditions, au prieuré de Chamalières le prieuré et l'église de Confolent trop éloignés de l'abbaye pour lui être d'une grande utilité (i52J, et prélever sur ce même lieu diverses rentes qu'il affecte à l'œuvre des pelisses ou manteaux d'hiver pour les moines de Saint- Gilles (t53).

Au xm« siècle, le pape Clément IV, ancien évêque du Puy, confirme par bulle de 1266 ou 1267 à l'abbé du Monastier et par là même au prieur de Chamalières tous leurs droits de collation ou autres sur l'église de Confolent (3).

Le 25 novembre 1281, Pierre Datbert, prieur de Confolent,

(1) Gallia Christiana, t. II, col. 767.

^2) Ulysse Chevalier, Cart. du Monastier, p. 179. .

(3) Ulysse Chevalier, Cartulaire du Monastier, pages 191 à 198.

passé un accord avec B. de Rochebaron, seigneur de Beauzad, au sujet de la garde de Gonfolent (l).

Le 19 novembre 1671, Jean IV Jaloux, prieur de Chamalières, afferme par procureur à Jean Marcon, un bois appelé de Chambolives, sis au terroir de Gonfolent sous la censive annuelle de huit cartons de seigle (2).

Nous avons vu, le 3i mars 1674, le prieur de Chamalières, Vital de Roux de Revel, vendre une maison sise à Gonfolent, confisquée au profit de son couvent, ayant appartenu à un individu de ce lieu condamné à mort par la Cour de Toulouse (3).

Son successeur, Joseph Vital de Roux Potier, pourvoit, le 21 décembre 1701, Henri Bresson, docteur ès-droits, lieutenant en la juridiction criminelle de Saint-Didier, de l'office de juge et bailli de la seigneurie de Gonfolent, vacant par le décès de François Raseir, son beau-frère W, , Au commencement du dix-huitième siècle, le prieur de Ghamalières sert à l'évêque du Puy à raison du prieuré de Gonfolent une rente annuelle de vingt cartons de seigle.

Le 29 mars 1762, le chevalier de Lamée afferme à Jean Saby, marchand de Retournac, tous ses revenus de Gonfolent, sauf les droits honorifiques de chasse, pêche et nomination d'officiers de justice, à raison de quatorze cents livres par an.

Vï. — L'Eglise de Saint-Privat.

Il y avait jadis dans la paroisse de Beauzac, au voisinage du Monteil, une localité du nom de Saint-Privat, à laquelle le Cartulaire de Chamalières donne le nom de paroisse, et qui fut peut-être d'abord le chef-lieu de la paroisse de Beauzac. Gelte

' (1) A. Jacotin, Cartulaire de Chamaliè'^es, iQtrod.,p. v.

(2) Archives dép. de la Haute-Loire, série E, protocole de Claude' Girard.

(3) Voir ci-dessus, page 111.

„/ (4) Voir ci-depsus, page 128.

localité avait une église consacrée en l'honneur de saint Privât, martyr. Au temps de Pierre, doyen du couvent de Ghamalières, Rodave et son frère Sulpice lui donnent, la moitié de cette église (119).

Vers 1082, Adhémar de Monteil donne au prieuré de Ghamalières toutes les églises comprises dans un rayon de cinq lieues autour de ce couvent, par conséquent, celle de Saint-Privat (200).

Le prieur possède dès lors, sinon plus tôt, le droit d'y nommer.

Le pape Adrien IV, par bulle du 17 avril 11 55, accorde ou plutôt confirme à Béraud, abbé du Monastier, la possession de plus de deux cent trente églises, entre autres, de celle de Saint-Privat (»).

Le pape Alexandre III, en accordant certains privilèges à l'abbaye de Saint-Chaffre, par bulle du i"'' avril 11 79, plaçait sous la dépendance immédiate de ce monastère bénédictin, entre beaucoup d'autres églises, celle de Saint-Privat, ecclesiam Sanctl Privati, et reconnaissait expressément à l'abbé le droit d'y nommer des titulaires iV.

Au siècle suivant, le pape Clément IV confirme par bulle de 1266 ou 1267 à l'abbé du Monastier et par conséquent sans doute ^au prieur de Ghamalières tous ses droits de collation et autres sur l'église de saint Privât (3).

La localité de Saint-Privat détruite, suivant M. Ghassaing (4), au xv" ou au xvi* siècle, était située sur Je bord de la Loire. « Dans le lit du fleuve, en temps de sécheresse, la baisse des eaux met à nu les vestiges des anciennes constructions. )>

(1) Gallia Chrîstiana, II, col. 767.

(2) Ulysse Chevalier, Cartulaire du Monastier, p. 179.

(3) Ibid., pages 191 à 198.

(4) Cartulaire de Ghamalières, p. 161, note.

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