‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 60 sur 132 · I. — Origines du chef-lieu et des villages · texte numérisé non relu

I. — Origines du chef-lieu et des villages

Le Cartulalre de Chamalihres nous montre la paroisse de Saint-Maurice régulièrement constituée au commencement du xi" siècle, entre loiG et 1021, comme nous le prouverons tout à l'heure.

Vers 1082, Adhémar de Monteil, évêque du Puy, donne au prieuré de Ghamalières toutes les églises comprises dans un rayon de cinq lieues, par conséquent celles de Saint-Maurice et de Roche, en ce sens que les possesseurs laïques de ces églises seront obligés de les rétrocéder au couvent de Saint- Gilles, quand ils voudront les restituer ou les vendre (200). Les seigneurs de Roche ne tardent pas d'obéir à la décision de l'illustre prélat : ils donnent l'église de Saint-Maurice au couvent de Saint-Gilles, le 27 avril 1087 ouïe 18 janvier 1088.

Le moine, rédacteur du Cartulaire, avant d'analyser la charte qui garantit cette donation, trace un tableau saisissant des malheurs qui affligent l'Eglise à cette époque. L'homme ennemi, dit-il en employant le langage figuré des Saintes Ecritures, mêle alors à pleines mains l'ivraie au bon grain dans le champ du père de famille. Les puissants et les juges de la terre, abdiquant avec la sagesse leur noble mission, qui est de protéger les pauvres et les humbles, les poursuivent au contraire de leurs exactions. L'homme juste et pieux est condamné à souffrir, victime de l'impiété et de l'injustice. Bien peu se préoccupent de rechercher les trésors célestes, le plus grand nombre poursuit avec ardeur les biens terrestres. Combien ont poussé l'audace jusqu'à s'approprier les églises, les offrandes des fidèles, le patrimoine des pauvres ! Cette frénésie a depuis longtemps passé avec le sang des pères aux enfants.

Il y a cependant, ajoute le rédacteur du Cartulaire, des roses au milieu des épines. Parmi tous ces seigneurs impfes et rapaces, injustes détenteurs des biens ecclésiastiques, il y en a qui se distinguent par leur repentir, leur probité, leur piété ; tels sont les seigneurs voisins de Roche-en-Régnier. Durand entre autres, w rose au milieu des épines, velut rosa

inter spinas «, est tout disposé à restituer ce que ses ancêtres auraient pu posséder injustement. Mfi par le seul amour de Dieu, il réunit son conseil et après avoir pris l'avis de ses frères Ildebert et Jarenton et celui de son épouse Ausilie, il donne à Dieu, à Saint-Théofrède et à Saint-Gilles l'église de Saint-Maurice, à la condition expresse qu'elle sera possédée et régie par Je prieur et les moines de Ghamalières. Cette donation est datée de l'an de l'Incarnation 1087, ^^^^^ troisième, lune vingt-unième, Guillaume étant abbé du Monastier, Ebrard, prieur de Ghamalières, et Philippe P% roi de France. En voici la teneur, toujours d'après le Cartulaire :

« Je, Durand, et Ildebert et Jarenton, mes frères, et Ausilie, mon épouse, nous donnons l'église de Saint-Maurice, tout ce qui semble lui appartenir, prémices, dîmes,' oblations, droits de sépulture, et tout ce que, dans celte même église, nous avons possédé justement ou injustement, à condition que tout cela soit là propriété du prieur et des moines de Ghamalières. Celte donation, qui a reçu l'approbation du seigneur A.dhémar, évêque du Puy, et de tout son clergé, a été revêtue du sceau épiscopal. Les témoins sont Durand, Ildebert, Guillaume, Austorge, Jarenton et Adhémar (196). ))

En celle même année 1087, Dnrand de Roche et son épouse donnent à saint Maurice, patron de l'église du lieu de ce nom, le mas qui entoure la maison de Dieu, avec toutes ses dépendances sans en rien retenir. Ils reçoivent en retour du prieur une somme de cent trente sous. Comme le mas était un fief se mouvant de la directe de P. de Loudes, celui-ci cède par le même acte tous ses droits à l'église de Saint-Maurice. Enfin, Pierre Saramand, Girin et Régnier, ses frères, donnent encore à Saint-Maurice un breuil ou prairie limitrophe (196).

Nous avons déjà vu Julien de Roche donner à l'église de Saint-Maurice, vers 11 42, une appenderie au cens d'un carton d'avoine, dix-huit deniers et un agneau (216).

Le Cartulaire nous montre ensuite se rattachant déjà à l'église de Saint-Maurice quelques-uns des villages qui en dépendent encore actuellement, sauf Leyret. Ce sont, dans l'ordre chronologique ou de leur première apparition, Mans,

Chambilhac, Roche-en-Régnier, Chambeyron, Leyret, Grsignac, le Bois et le suc d'Onlier.

1. Mans, In villa de Maniils. — En 9/16, la dixième année du règne de Louis IV d'Oulre-Mer, Etienne, vicaire, vicarius, donne au pneurc de Chamalicrcs une maison sise au lieu de Mans (168*5. En ii58, Ponce Naule, se disposant à partir pour la croisade, lui lègue la dîme de sa terre située au même lieu (281). En II 63, Humbcrt de Chaslus, fils de dame Bernarde de Roche, lui cède un champ au même lieu, au cens annuel d'un mçlan et quart (75). Enfin, en 1166, Airaud de Roche donne au môme monastère un cartal de blé et une géline de rente annuelle (83).

2. CiiAMBiLiiAG, in villa de Chambilaco. — Sous le règne de Robert le Pieux, et l'abbatiat de Guillaume au Monastier, entre ici 6 et io3i, Rostaing espérant la miséricorde de Dieu et l'éternelle récompense, donne à saint Gilles, patron de l'église de Chamalières, pour le repos de son âme et de celles de ses parents, une terre sise à Chambilhac, paroisse de Saint- Maiwice-de-Roche. Les témoins de cette donation furent Rostaing, chanoine, Arbert, abbé (de Saint-Pierre-Lalour, au Puy), Abbon de Beaumont et ses fils Durand et Gérald (198).

3. Roche-en-Régjxier, de Rocha. — Le samedi 8 septembre 1095, Durand de Roche, seigneur dudit lieu, de concert avec ses frères et son épouse, donne au couvent de Chamalières la chapelle du château- de Roche. Nous reviendrons plus lard sur cette donation (197). Vers 11 79, Mathieu de Rosières et Durand de Roche achètent d'IIermion les dîmes qui lui sont échues par droit héréditaire et les donnent au monastère de Saint-Gilles in opiis casei, c'est-à-dire Sjans doute pour lui fournir du fromage (96).

4. Leyret, Legeret. — Pierre et Guillaume, fils de Géraud de Saint-Paulien, donnent à Chamalières le quart du lieu de Leyret entre 1176 et 1200 (i35). f

5. Chambeyron, a Chambairo. — Ce village apparaît à la même date que Leyret, Pierre et Guillaume, fils de Géraud de Saint-Paulien, donnent à Saint-Gilles cinq métans de seigle à prendre à Chambeyron (i 35}, '

6. Orsignac, Ursîniac, ad Ursinîacunî. — Aux xi" et xii' siècles, le monastère de Chamalières perçoit une renie d'une hémine d'avoine au lieu d'Orsîgnac (SaS). A la même époque, Giris d'Andrable et Giraud d'Aurast, payent le premier une rente de deux setiers seigle et le second une rente d'une hémine de seigle et deux sous à prendre au môme lieu

7. Le Bois, ad Nemus. — Au xii" siècle, à une date que nous ne pouvons pas bien préciser, Marcha, dame de Roche, donne au couvent de Saint-Gilles les dîmes du Bois (i48).

8. Le suc d'Oulier, ad Olariam, lieu disparu. — Il y avait en ce lieu» au xii* siècle, une bqrderie ou métairie qui donnait annuellement à Chamalières trois deniers, urï carton d'avoine et un e géline (3 2 i ) .

En dehors du Cartulaire de Chamalières, les archives nous fournissent, du xii' au xvi' siècle quelques faits d'un intérêt général, les noms des prieurs et des curés, quelques renseignements sur chacun d'eux, quelques détails sur l'église paroissiale, sur les chapelles de cette église, sur les chapelles de Roche, de Villedieu et de Mans et sur le couvent de Saint- Joseph.

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