‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 72 sur 132 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Paroisse de SAiNT-PiERua-DucHAMP. — Ehjmologie du nom et description du lieu. — - Origines du chef-lieu et des villages. — Esquisse historique de H55 à loi G. — Curés et vicaires. — L'église paroissiale. — Le couvent de Saint-Joseph.

A paroisse de Saint-Pierre-Duchamp fut placée, sans doute dès l'origine, so\is le vocable de saint Pierre, le Prince dès Apôtres ; ce fait justifie la première partie de son nom. Quant à la seconde « Duciiamp » ou « du Champ », dérivée du mot latin « campus », elle peut s'expliquer par l'hypothèse peu plausible qu'il y eut là un camp romain sous la domination romaine, ou encore, plus naturellement, par la position de cette localité, qui s'étend sur la campagne ouverte et plane,campa5, au-delà des montagnes qui enserrent Ghamalières. Lorsqu'il fallul, lors de la création de la paroisse, ajouter au vocable un qualificatif pour la distinguer de celles qui portaient déjà le même nom, on ne pouvait certainement pas en trouver de mieux approprié.

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L — Origines du ghef-lieu et des villages.

Le chef-lieu de la paroisse de Saint-Pierre-Duchamp apparaît pour la première fois dans le Cartiilaire, la seconde année du règne de Lolhaire, en 968. A cette date, Rodave de Beaumont, espérant la miséricorde de Dieu et la récompense éternelle, donne à Ghamalières un mas situé au lieu du Champ, in villa de Campo (218).

La paroisse, nous le constaterons en parlant des villages, existe au commencement du xV siècle, mais l'église n'est

explicitement nommée que vers la fin du siècle et placée alors comme aujourd'hui sous le vocable de saint Pierre, Sanctl Pétri de Campo. Vers 1082, Adhémar de Monteil, évêque du Puy, donne à Ghamalières toutes les églises comprises dans un rayon de cinq lieues autour de ce monastère, par conséquent sans doute celle de Saint-Pierre-Duchamp (200). Au temps du prieur Ebrard, Bertrand d'Arzon et ses frères la cèdent au couvent (210). En 1172, Hugues de Villeneuve en est le chapelain ou plutôt le curé (842).

Tels sont les seuls renseignements précis que le Cartulaire de Ghamalières nous fournit sur le chef-lieu de la paroisse de Saint-Pierre-Duchamp. Nous nous ferons une idée plus explicite de la paroisse elle-même, quand nous aurons lu ce que le précieux recueil nous dit d'un certain nombre de ses villages ou hameaux, dont quatre ont disparu.

I. Arsac, in villa de Arciaco, in Arciaco, — La onzième année du 'règne de Louis IV d'Outre-Mer, c'est-à-dire en 947, un nommé Aubert donne à Ghamalières un mas avec ses dépendances, sis à Arsac (226). La même année, Régnier et son épouse Ermen garde donnent au monastère tout ce qu'ils possèdent au même lieu (227). Le Cartulaire indique de nouveau ailleurs, comme relevant de Ghamalières : i» Ges deux mas, dont l'un rend : en mai un mouton et dix-huit deniers ; à la moisson, un setier et quart d'avoine ; à Noël, huit deniers ; l'autre : douze deniers en mai, un setier et quart d'avoine à la moisson, et un denier à Noël. — 2" Une appenderie, qui rend en mai quatre deniers et une ma///e (menue monnaie), à la moisson, un quart ; à Noël, quatre deniers et une pogeoise (menue monnaie) (821). J

2. Malabrosse, Mala Broda, Mala Brossa, lieu disparu au voisinage de Malivernas. — Entre loSi et 1087, au mois de mars, sous le règne de Henri P', Bertrand d'Artias et sa mère Pétronille donnent à Ghamalières le mas de Malabrosse avec toutes ses dépendances (221). Entre io3i et 1047, Durand d'Artias et son épouse Adalgarde cèdent encore au couvent un bois sis au même lieu, avec le droit d'y prendre des arbres (aaS). Entre 1096 et 1098, Guillaume Moret donne au menas-

tère le droit de gîte et le quart des fruits à prendre sur le même mas (2 2 2\. Ce mas rendait en mai, un mouton et Un agneau ; à la moisson, cinq setiers de seigle, le droit de gîte et un setier d'avoine ; à Noël, deux deniers, un pain et une géline (826).

3. Malivernas, de Malo Verneto, de Malis'Yvernatis, ad Malos Evernatos. — En 1087 ou io38, Géraud de Beaumont donne à Ghamalières trois mas et trois appenderies avec leurs dépendances, le tout situé à Malivernas, paroisse de Saint- Pierre-Duchamp (212).

Au xii" siècle, Ponce Guillaume donne à Ghamalières ses droits sur un mas de Malivernas, lequel rapporte au couvent trois quarts d'avoine, un agneau, une géline, dix -huit deniers, une obole et le quart des fruits (225).

Il y avait alors à Malivernas trois mas et trois appenderies. Ghaque mas rendait en mai un mouton et un agneau, à Noël douze deniers, un setier avoine, un pain et une géline (826).

4. AuBAPEYRE, Albas Petras, lieu disparu au terroir de Malivernas. — En 1087 ou io38, un nommé Gérald donne à Ghamalières une terre sise à Aubapeyre (218). Il y avait au même lieu une appenderîe relevant du couvent, qui rapportait

en mai sept deniers et à Noël sept deniers, une hémine et demi-quart d'avoine (826).

5. Gheyssac, in villa de Chaissac. — Au xi' siècle, Armand, pour se concilier l'amilié des moines de Ghariialières, leur donne cinq sous de rente annuelle à Gheyssac. Gomme il voulait faire un lointain pèlerinage, le prieur ne le lui permit pas qu'il n'eût préalablement désintéressé le monastère (211). ^

6. L'AuLANiER, ad Aulanerium. — Au xi" siècle, Trafalgar donne à Ghamalières un champ situé à l'Aulanier, paroisse de Saint-Pierre-Duchamp, avec trois gagnes et des issarts au bois del Breuil (2 14).

7. La BAsiroE, la Bastida, lieu détruit ou autrement dénommé. — Au mois de mai iio4, sous le règne de Philippe I", Bertrand d'Arzon et ses frères Guillaume et Austorge qui avaient déjà donné à Saint-Gilles la moilié de l'église de

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Saint-Pierre-Duchamp, lui donnent encore le mas de la Bastide, alleu et fief compris, sis dans la même paroisse. Les témoins sont entre autres Jarenton, sacristain du couvent. Le mas rapporte en mai i8 deniers, à la moisson le quart des fruits et le gîte, à Noël dix-huit deniers ; pour le jardin et les ouches, un setier d'avoine, quatre pogeoises et la dîme due à l'église de Saint-Pierre (229).

8. Leyssac, Laisac, Laissac, Laizac. — En 1160, Arbert le Roux de Roche donne à jDerpétuité à Chamalières les dîmes de Leyssac (78). Le i*"" septembre ii63, Pierre de Beaumont, en constituant la réfectorerie de son couvent lui cède, entre autres, les dîmes de Leyssac (77). Le A mai 1173, le prieur Ponce de Chalencon donne quatre marcs d'argent à Guillaume et Pierre Astier et à leur neveu Thomas pour l'administration de ces rentes (i64). En février 1177, Guillaume Bérenger donne au couvent de Chamalières une rente d'une hémine d'avoine à prendre à Leyssac, sur le tènement du Saint-Roi, Sancti Régis (199).

9. Besses, ad Bezas, in Bezis, in Bezet. — Le i" septembre ii63, en la fête de saint Gilles, le prieur Pierre de Beaumont donne à la réfectorerie de son monastère une rente d'une hémine de blé, une d'avoine et douze deniers à prendre sur le lieu de Besses (77). Au xn® siècle, il y avait en ce lieu une meia appendaria qui rapportait au monastère six deniers, la moitié d'un agneau, un demi-quart et une demi-géline (821).

10. Vermoyal, ad Verchmoialium. — Au xii" siècle, il y avait à Vermoyal la moitié d'une appenderie qui rapportait annuellement à Chamalières sept deniers, un cartal d'avoine, un de blé et. un chevreau (32 1). y

11. Les Terrasses, ad Terracias. — Au xii^ siècle, il y avait aux Terrasses une appenderie qui rendait pour le monastère : en mai, huit deniers ; à Noël, huit deniers aussi, plus une hémine et quart d'avoine (326).

12. Villeneuve, Vilanova. — Au xii^ siècle, il y avait à Villeneuve deux mas, dont chacun payait à Chamalières : en mai, un agneau et deux sous ; à la moisson, le quart et le droit de gîte ; à Noël, un setier (826),

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t3. Le Pîeyron Saint-Jean, ad Petram Sancti Joannis, lieu disparu situé entre la Mongie "et Nolhac. — Au xii' siècle, il y avait là une maison, monzia, qui rendait en mai six deniers et un setier et quart de seigle ; à Noël, sept deniers, une liémine d'avoine, une géline, et pour le legs d'Archaz, entre mai et Noël, quatre sols et demi et un setier d'avoine (325).

i4- MoNTPEYRoux, ad Montem Pedorsum. — Au xii° siècle, il y avait en ce lieu un mas qui rapportait annuellement ; en mai, deux agneaux et douze deniers; à la moisson, le quart des fruits et le droit de gîte ; à Noël, dix-huit deniers et deux setiers d'avoine (331 ).

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