VII. — Chapelles seigneuriales ou autres
Avant la Révolution, la paroisse de Saint-Maurice possédait quatre chapelles, dont deux à Roche, la première dédiée à l'archange saint Michel et la seconde placée sous le vocable de Notre-Dame de Bon-Secours ; la troisième, dite de Saint- Mathieu ou de Villedieu, dans l'église paroissiale, la quatrième, à Mans.
I. Chapelle de Saint-Michel. — Cette chapelle élevée dans l'enceinte du château de Roche par les premiers seigneurs de la puissante baronnié, semble avoir été à peu près exclusivement réservée à leur usage. Cependant, lorsque les hivers étaient rigoureux, ils permettaient aux habitants du lieu d'y entendre la messe les dimanches et fêtes. Ils l'avaient dédiée à saint Michel sans doute à cause de sa position : les sanctuaires célèbres où l'archange est vénéré, en Italie, en Normandie, au Puy-en-Velay, sont bâtis sur des rochers abruptes, tout comme à Roche (Fig. 20).
Nous savons de science certaine que l'antique chapelle de Roche était dédiée à saint Michel, archange, par le testament de Guillaume Romieu daté de i348 et conservé aux archives de la Haute-Loire (2); il y est dit en propres termes : « Ecclesia seu capella sancti Michaelis castri de Riippe. »
L'origine en remontait à une époque reculée. Elle est donnée, vers la fin du xi° siècle, le samedi 8 septembre ioqS,
(l)NMl.
(2) Fonds Saint-Vosy.
au monastère voisin de Chamalières par Durand, seigneur de Roche. Le rédacteur du Cartalaire qui nous raconte cette donation commence son récit par quelques considérations sur la charité et sur l'aumône. « Ces deux vertus, dit-il, ne diffèrent pas essentiellement. Le divin Rédempteur les a préconisées également par ses paroles et par ses exemples. Ce sont elles qui nous portent à obéir à nos supérieurs, à fournir à l'indigent le pain et le vêtement, à donner à tous les consolations, les conseils et les secours dont ils ont besoin. Nous ne pouvons jamais mieux exercer ni avec plus de fruit pour nous ces deux belles vertus qu'en faisant du bien aux familiers de la foi et de Dieu, domesticis fidei et Dei d), c'est-àdire aux clercs et aux moines qui fatiguent incessamment, de toutes leurs forces, par leurs prières les oreilles de la Majesté divine et déplorent humblement en sa présence leurs fautes et les nôtres. ))
Ces considérations mystiques sont pleinement ratifiées par le généreux seigneur de Roche qui prend immédiatement la parole : « En conséquence, dit-il, je, Durand de Roche, mes frères Eldebert et Jarenton, et mon épouse Ausilie, nous donnons et abandonnons à Dieu, à la Bienheureuse Vierge Marie, à saint Théofrède, à saint Gilles et au monastère de Chamalières que gouvernent Guillaume, abbé, et Jarenton, prieur, tout ce que nous avons possédé justement ou injusternent dans la chapelle de Roche avec toutes ses dépendances. Nous avons fait cette donation sur le conseil de nos anciens, Hugues de Saint-Paulien, Adémar de la Veyssière, Jarenton de Malivernas et Austorge ; elle est approuvée et confirmée par Adhémar, évêque du Puy, et tous les clercs de son église. Le prieur Jarenton donne à Durand, à son épouse et aux conseillers une somme de deux cent trente sous. L'acte est passé sous le règne du roi Philippe, au mois de septembre, lune v% férié vn% en présence d'Eldebert de Jarenton (197).
Le pape Adrien IV, par bulle du 17 avril 11 55, accorda ou plutôt confirma solennellement à Béraud, abbé du Monastier,
(1) Galat. VL 10; - Ei'iiES. 11, 49.
la possession immédiate ou médiate de plus de deux cent trente églises, entre autres de la chapelle de Roche, ainsi que le droit d'y nommer (1).
Durand, chapelain de la chapelle de Saint-Michel, figure comme témoin dans l'acte par lequel Pierre IV de Servissac achetait, vers 1179, des Esmidon de Roche les dîmes de ce lieu (96). Le 17 août i365, Durand du Bosc, del Bosc, autre vicaire de la même chapelle, assiste en qualité de témoin au testament de Guigon III. Le seigneur de Roche lui lègue cinq sous viennois pour une fois, et un vêtement sacerdotal (^). Par testament du i4 janvier 1279, Jourdaine de Montlaur, veuve de Guigon III, donne cinq sous tournois au chapelain et un calice d'une valeur de cent sous tournois à la chapelle (3).
D'après le Pouillé de i5i6 pour la levéei des décimes W, la cbapelle perpétuelle de Roche, archiprêtré de Saint-Paulien, est taxée trois sols.
A la fin du xvi" siècle, le 3o février i583, Françoise d'Agier, veuve de noble Louis de Leyssac, fonde en faveur des prêtres de l'église paroissiale de Saint-Maurice cinquante-deux messes à célébrer les mardis de chaque semaine dans la chapelle de Saint-Michel, de Roche, moyennant la somme une fois donnée de cinquante-six écus d'or sol. Cette fondation est reçue par Reymond de Brenas, prieur, Jacques Advinent, curé, Pierre Bonnet, vicaire, Vital Ardailhon, Pierre Hostenc et Claude Advinent, prêtres de l'église de Saint-Maurice. La susdite somme est hypothéquée sur divers fonds dont les tenanciers doivent payer annuellement à la Saint-Michel aux prêtres de la paroisse la somme d'un écu dix-huit sols, soit dix-huit deniers pour chaque messe (5).
Le 2a janvier 1761, Dom Alexis Pons, prieur de Saint- Maurice-de-Roche et prieur claustral de Chamalières, se démet
(1) Gallia Christiana, II, col. 767.
(2) Baronnie de Roche, Documents, IV, passim. (3)i6^d.,p. 32.
(4) Archives nationales. GH, f. 443, verso.
(5) Acte reçu Jean Vacherel, notaire royal de Roche.
dé tous les droits qu'il peut avoir sur la chapelle de Saint- Michel, de Roche-en-Régnier, en faveur de messire Pierre de Soulages de Lamée, prieur de Ghamalières, afin que celui-ci puisse y nommer telle personne qu'il voudra. Usant de la concession qui lui avait été faite, le chevalier de Lamée pré sentait pour ce petit bénéfice, le 3i janvier suivant, Jean- Jacques Pradier, acolyte, habitant la ville du Puy (I).
2. Chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours. — Nous avons lu dans plusieurs documents conservés aux Archives départementales qu'un ancien curé de Saint- Maurice la fit construire à ses frais hors les murs de la ville. On y exerçait le culte pour la commodité des habitants sous, son autorité et son contrôle ; au point de vue de la discipline, il était convenable qu'il en fût ainsi.
Pour trouver dans les écrits une mention explicite de la chapelle de Notre-Dame, il faut arriver au 7 novembre 1689. A cette date, Françoise de Grave, épouse de Messire Charles- Achille de Nérestang, seigneur et baron de Roche, chevalier de rOrdre de Saint-Lazare, conseiller du roi, seigneur de Nérestang, Saint-Didier, Aurec, Saint-Victor- sur-Loire et autres places, écrit de Nérestang à M. Benfayt, curé de Saint- Maurice, pour lui annoncer l'envoi d'une somme d'argent et la fondation d'une messe à dire dans la chapelle de Notre- Danie de Bon-Secours. Voici cette lettre dans toute sa teneur :
Monsieur, Monsieur Benfayt, curé de Roche, à Saint-Maurice ■\
A Nérestang ce 7« novembre 1689.
(( Je vous envoie, Monsieur, trois louis d'or, que voi^s donnera Chiboulon. J'en destine diK livres pour . une , messfe . annuelle que l'on dira tous les ans à la chapelle de Nostre- Dame de Bon-Secours le cinquiesme de novembre pour moy et pour randre grâce à la Sainte Vierge de toutes les grâces et
(1) Minutes de Plagnieu, notaire -royal de Ghamalières.
secours que j'ay reçus d'elle ; les vingt et trois livres quinze sols restants seront par vous distribués incontinent messe dite à l'autel de la Vierge au Puy pour l'acquittement d'un vœu parmoy fait.
a Envoies une famme à pied, qui dresse son intantion pour moy et pour acquitter le vœu que j'ay fait, il y a quelque temps, d'aller de Roche à pied à Nostre-Dame du Puy ; paies toute la dépanse qu'elle fera pour aller et venir ; qu'elle fasse dire une messe à l'autel de la Vierge pour moy et communie ensuite pour moy ; qu'elle donné trois livres par les chemins aux pauvres à mon intention, et le reste de l'argent distribues le aux plus pauvres de nostre paroisse.
c( J'ay dit au sieur Ghiboulon tout ce que je vous écris icy ;^ Je vous prie que dès demain l'on dise ma messe à Nostre-Dame de Bon-Secours, quoy que le 5 novembre soit passé.
« Je me recommande à vos prières et suis, Monsieur, vostre très humble servante.
« De Grave Nérestang. »
. Françoise de Grave fait dresser, le 28 décembre 1689, par Barrier, notaire, l'acte de fondation de la messe dont il est parlé dans sa lettre. Par cet acte passé en présence, entre autres témoins, d'André Benfayf, vicaire de Saint-Maurice, elle donne une somme de six livres aux curé et prêtres de la paroisse pour la célébration de cette messe qui doit avoir lieu chaque année le 5 novembre en la fête de saint Zacharie dans la chapelle de Notre-Dame de Bon Secours.
A cette époque, où il y avait, en dehors des prêtres attachés au service des paroisses, beaucoup de prêtres sociétaires, ordonnés sur la présentation d'un titre clérical qui leur garantissait les rentes suffisantes pour les faire vivre d'une manière conforme à leur état sacerdotal, il dut y avoir des abus dans la chapelle de Roche. Les prêtres dont nous parlons, durent y célébrer la sainte messe les dimanches et fêtes et peut-être y exercer contrairement aux règles canoniques certaines fonctions curiales sans l'autorisation du curé titulaire. Cette hypothèse, que nous faisons, peut seule expliquer
-^ 3oo —
l'ordonnance suivante rendue par Tévêque du Puy relativement à la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours.
Règlement pour la chapelle de Notre-Dame de Roche-en-Régnier
« Premièrement, nous ordonnons que la clef ^e la chapelle de Notre-Dame de Roche et celle des ornements seront gardées par le sieur curé de Sainct-Maurice-de-Roche pour ouvrir et fermer ladite chapelle quand il le jugera à propos selon la dévotion des peuples :
(( Secondement, qu'aucun prebtre ne célébrera la sainçte messe dans ladite chapelle, et surtout les festes et les dimanches sans la permission dudit sieur curé ;
« Troisièmement, qu'aucun prebtre n'y fera aucune fonction, n'y recepvra aucune accouchée (1) et n'y fera aucune bénédiction ni autres fonctions curiales ;
« Quatriesmement, que les cierges qui se donneront dans ladite chapelle seront portés dans l'esglize parroissielle pour y servir au service divin.
{( Au Puy, ce douziesme mars mil six cent quatre-vingtdouze.
« Armand de Bétiiune, évesque. w
Le curé de Saint-Maurice était dans son droit, quand il faisait rendre par l'autorité diocésaine l'ordonnance qu'on vient de lire, et il y trouvait son intérêt, car il empêchait les fondations de messes de se faire en dehors de lui et à son détriment. Gomme par le passé, et peut-être grâce à cette ordonnance, les fondations nouvelles furent stipulées en faveur des prêtres de Saint-Maurice.
Nous connaissons deux de ces fondations. Suivant la première, sans date, le clergé paroissial devait célébrer des messes à Roche aux cinq principales fêtes de la Sainte Vierge,
(1) Allusion aux relevailles, cérémonie qui se pratique à Téglise, lorsqu'une femme y va pour la première fois après ses couches pour se faire bénir par le prêtre.
— 3oi —
il avait droit, en dehors de ses honoraires à un repas fixé à trois livres quinze sols.
Le 23 janvier 1781, Jean Ghirol, boulanger de la ville de Roche, fait son testament. Il donne aux prêtres de Saint- Maurice une somme de cinq livres à charge par eux de dire, pour le repos de son âme, aussitôt après son décès, un nombre de messes équivalent à cette somme. Il leur lègue encore un capital de trente livres ou trente sous de rente annuelle pour trois messes chaque année à célébrer dans la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours. Il leur laisse aussi une rente annuelle de quatre livres pour réparer cet oratoire. Il donne enfin trois livres aux pénitents et aux pauvres de la paroisse, le surplus de ses revenus qui doit leur être distribué par MM. « les curé, vicaire et marguilliers. »
Ainsi se trouvaient reconnus, à cette époque, les droits du curé de Saint-Maurice sur la chapelle de Roche. Cependant les habitants de cette ville prirent, le 3o décembre 1747» une délibération tendant à faire ériger leur chapelle « en titre de bénéfice ». Dans ce but, ils abandonnaient au chapelain qui en serait pourvu le revenu de certains communaux évalués à cent livres, une somme de soixante livres léguée par Jacques de Leyssac, chapelain d'Artias, suivant une clause explicite de son testament daté du 21 août 1743, les offrandes s'élevant annuellement à quarante livres, enfin les revenus de quelques fondations pieuses. En 1748, ils sollicitèrent Mgr Lefranc de Pompignan de rendre une ordonnance en leur faveur.
Le 27 février de cette année, 1 evêque du Puy charge messire Pierre Fauche de Jallès, curé de Saint-Georges-l'Agricol, de visiter en son nom la chapelle vicariale de Roche-en-Régnier et de faire une enquête pour savoir s'il y a lieu de donner une réponse affirmative à la demande formulée par les habitants de ce lieu, d'ériger leur chapelle « en titre de bénéfice ». M. le curé de Saint-Georges procède à l'enquête les 25 et 26 avril 1748, au lieu même de Roche; il reçoit la déposition des témoins, cités par ministère d'huissier, dans la maison de M. Jourda de Vaux. Après lecture du rapport détaillé et circonstancié de M. de Jallès, révêque du Puy crut devoir donner satis-
iaclîon aux habitants de Roche par ordonnance du G mai suivant (U malgré l'opposition de M. Ghastelle, cur4.de Saint- Maurice, opposition basée sur un litre où « le droit d'institution se trouvait réservé à l'ordinaire seul chargé de nommer sur la présentation du baron de Roche un sujet tenu de résider dans le bourg et d'y tenir école. »
Trois chapelains furent successivement pourvus de ce nouveau bénéfice. Le premier, Joseph Duchamp, se démit de ses fonctions ; le second, dont nous ignorons le nom, crut devoir aussi se retirer. Le troisième, Antoine Pays, originaire de Gbeyrac, paroisse de Polignac, vicaire de Saint-Martin-de- Fugères, fut présenté à Féveque par messire Noé Jourda de Vaux, le 7 décembre 1769; ses lettres de provision sont signées par M. Ghàzelet de La Brosse, vicaire général du Puy, le 10 décembre 1760 ; le i5 du même mois, accompagné de Jean-Mathieu Soulier, chanoine de l'église Saint-Jean, de Retournac, il prend possession de son bénéfice, suivant le cérémonial usité en cette circonstance. Il trouve alors un concurrent, dans la personne de Jean-Baptiste Berard, prêtre, se disant pourvu en cour de Rome avant sa propre nomination. La prise de possession par Antoine Pays de la chapelle de Roche s'étant passée à l'insu d'Etienne Ghastelle, curé de Saint-Maurice-de-Roche, celui-ci présenta requête au sénécha' du Puy pour qu'il lui fût donné acte de son opposition à cette prise de possession et qu'Antoine Pays fût assigné dans les délais afin de prendre contre lui telles conclusions convenables aux intérêts de son église.
« L'instance engagée, Etienne Duchamp, dit M. Lascombe ('2), demandait dans une seconde requête qu'il fût fait défense au sieur Pays de s'immiscer dans les fonctjons curiales de la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours et d'y percevoir aucune oblation. Il réclamait en outre la clef de cet
(1) Voir notre monographie Saint-Georges-l'Agricol, la paroisse, les seigneuries, p. 66 ; — voir aussi l'ordonnance épiscbpale aux pièces justificatives, n* 12.
(2) Annales de la Société agrio. et scientif,, VI, p. 207,
oratoire pour y célébrer la messe quand illejugeraitàpropoâ, et interdisait, sans son consentement, la sonnerie des cloches au décès des paroissiens, sous réserve de faire déclarer nul et abusif le décret d'érection de 1743.
Débouté de sa demande et condamné aux dépens, Etienne Duchamp en appela au parlement de Toulouse. Le procès dut en rester là, car au bas d'une pièce de la procédure figure la note suivante : « Ce procès n'a point été jugé ».
Antoine Pays était encore chapelain de Notre-Dame de Bon- Secours à Roche en 179 1.
Cette chapelle possédait à la Révolution un pré et un pâturai qui furent confisqués comme biens nationaux. Ils furent vendus, le 11 messidor an III par le tribunal du Puy, savoir le pré à Fournier, 1 600 livres, et le pâturai à Dubois- Lacroze, 9600 livres (1).
3. Chapelle de Villedleii. — Cette chapelle, sous le vocable de Saint-Mathieu, dite de Villedieu, ne se trouvait pas, comme on le verra, dans le village de ce nom, mais dans l'église paroissiale de Saint-Maurice.
Messire François-Marie de la Chassai gne de Sereys, chanoine comte de Brioude, pourvu de cette chapellenie le V avril 1729 par Jean-Marie de la Chassaigne de Sereys, chevalier, seigneur de Saint-Geneys et autres places, en prend possession le 3 avril suivant.
Le 25 août 1738, l'abbé de Sereys, vicaire de la chapelle de Villedieu, dans V église de Saint-Maurice, donne quittance à Antoine Girard, dudit lieu,de la somme de « quatre livres pour le restant du produit des grains dépendant de sa vicquerie, luy ayant laissé le surplus desdits grains pour payer les charges, le tout pour la présente année ». Il donne encore quittance, le 10 mars 1745, à Jacques et à Marguerite Bastion « tous deux habitants de la paroisse de Saint-Maurice en Velay, de la somme de quatorze livres six deniers restante de celle de vingt-huit livres dix sols, à quoy s'est monté le produit des
(1) Archives dép. de laHaute-Ioire, iieperfo/re de la venu des biens nationaux, n"» 986 et 987.
deux champs qui appartiennent à la vicquerîe de Saint-Michel dans l'église dudit Saint-Maurice, déduites et précomptées la taille et ladixme des années 1789 et suivantes jusques et compris l'année 1744 ». Fait à Brioude, le 10 mars 1745. Signé : l'abbé de Sereys.
L'abbé de Sereys écrit de Brioude, le 18 avril 1754, relativement à la chapelle de Villedieu, la lettre suivante, dont nous ne connaissons pas le destinataire :
« Je vous serais obligé, Monsieur, si vous vouliez faire passer à Monsieur le curé de Saint-Maurice, votre voisin, une petite somme de i4 livres 10 sols qui sera employée pour dire des messes dans son église. Cette petite somme provient du produit de quelques terres qui ont dépendu anciennement de Sereys ou Villedieu et qui a esté entre mes mains depuis le dernier compte que j'ay fait avec un particulier du lieu de Saint-Maurice qui avait fait cultiver lesdites terres pendant quelques années. Monsieur le curé de Saint Maurice ou Monsieur son vicaire peuvent s'informer aisément de celuy qui les a cultivées depuis plusieurs années, luy faire rendre compte, employer le produit en messes et les faire cultiver à l'avenir par qui ils jugeront à propos et pourront recevoir ce qui en proviendra.
« Je suis très empressé de profiter de cette occasion pour vous assurer du respectueux attachement avec lequel j'ay l'honneur d'être. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
« L'abbé de Sereys.
« A Brioude, le 18 avril 1754.
P. S. — « Il n'est pas nécessaire de quittance ». ^
Les deux terres dépendant de la chapelle de Villedieu, appelées l'une l'Ort de Villedieu et l'autre l'Ouche du Garayt furent vendues par la Révolution comme biens nationaux à Pontvianne et Cottier au prix de 1200 livres {^).
(1) Archives dép. de la Haute-Loire, Inventaire de la vente des Biens nationaux, n- 980.
- ao5 -
U. Chapelle de Mans. — Nous ne la connaissons que par un seul fait. Le 29 octobre 1710, Dom Jacques Boyer, après avoir couché chez un de ses parents, noble Jérôme de Fraix, seigneur d'Espalion près Vorey, qui habitait Mans, dit la sainte messe dans la chapelle de ce lieu ; il se rend de là au prieuré conventuel de Ghamalières pour y vénérer le Saint Clou (3).
VIL — Couvent de Saint-Joseph. — Le 26 mai 1 746, Suzanne Girard, fille de Jean et d'Antoinette Bascon, d'Arsac, est reçue dans le couvent de Saint-Maurice par Marie Gathaud, Glauda Breure, Antoinette Durade, Marguerite Gisclon, Benoîte Bernard et Françoise Lachamp, filles associées. Ses parents lui constituent en dot la somme de 525 livres, 5 setiers seigle, quinze livres pouK une couverture, douze aunes toile, neuf livres pour une garde-robe, deux habits complets neufs. Fait en présence d'André Ghastelle, curé, et Joseph Duchamp, vicaire.
Le 24 juin 1749, Suzanne Girard fait son testament. Elle donne aux prêtres de Saint-Maurice vingt livres pour messes. Elle nomme Glauda Breure, fille associée, son héritière universelle. Fait en présence d'André Ghastelle, curé, et Jean Fabre, vicaire de Saint-Maurice.
Le 3o mai 1758, Marie Roche, fille associée, fait son testament. Elle donne 20 livres pour messes aux prêtres de Saint- Maurice. Elle nomme Marie Gathaud, fille associée, son héritière universelle. Fait en présence d'Etienne Duchamp, curé, et d'Antoine Pays, vicaire de Saint-Maurice.
Le 3o mai 1758,. Françoise Goppier, fille associée, fait son testament. Elle donne vingt livres pour messes aux prêtres de Saint-Maurice. Elle nomme Marie Gathaud, fille associée, son héritière universelle. Fait en présence d'Etienne Duchamp, curé, et d'Antoine Pays, vicaire (2).
(i) Journal de Dom Jacques Boyer, p. 31.
(2) Minutes de Saby, notaire à Roche.
SU
nftTTnrrrfrrrffrnnrTrrnffVTnTifnnrînnrThnrmrffînn