ACTE PREMIER
l'instant, ctquc je pensais vous demander, aujourd'hui même, un gros portefeuille.
Ah ! vous arrivez bien !
LA PRINCESSE
Vous voulez dire que je tombe mal.
C'est la même chose. Je regrette. Vous vous rendez compte qu'il m'est impossible de faire quoi que ce soit pour vous. Qu'est-ce que c'est encore ? Des couturières ? Ça peut attendre.
LA PRINCESSE
Peu importe. N'en parlons plus. Mais, qui a pu vous gagner une pareille somme ?
Le prince de Souabe.
la princesse.
Ça coûte cher de jouer avec l'héritier d'un trône !
Vingt mille louis ! C'est un coup très dur. A présent, vous n'êtes plus surprise de me voir un peu nerveux?
LA PRINCESSE
Nerveux ? Je vous trouve d'un calme étonnant, moi.
J'ai conduit tantôt mon mail comme à l'ordinaire, parce qu'enfin... noblesse oblige! et mon trajet a même été assez bon. Des bêtes bien dans la main; ni soleil, ni poussière, un temps anglais. Seulement, je suis un peu fatigué, je n'ai
pas assez dormi, et quand je pense que c'est ce soir le bal... C'est trop près de ma culotte.
LA PRINCESSE
Au moins, cette nuit vous ne jouerez pas.
Tant pis; je me serais peut-être rattrapé.
LA PRINCESSE
À ce train-là, vous savez que vous nous ruinerez tout à fait ? Comment gagnerez-vous votre vie ? Vous serez cocher? Vous donnerez des leçons de trompe?
Ça me rapporterait plus que d'être bachelier es sciences comme Bertin mon intendant.
LA PRINCESSE
Comptons vos morts. En trois ans, depuis notre mariage, vous avez déjà mangé vos deux oncles.
Mon grand-père, ma tante la chanoinesse.
LA PRINCESSE
Et une vivante, moi.
C'est vrai.
LA PRINCESSE
Je ne vous reproche pas ma dot, j'ai le mépris de l'argent.
Et moi 1