ACTE PREMIER
LA PRINCESSE
Mais il est grand temps de vous arrêter, parce que sans cela je connais quelqu'un qui vous arrêtera.
Ah bah? Et qui ça, s'il vous plaît?
Votre mère.
Oh ! la pauvre duchesse ! Tout ce que je voudrai, elle mo le donnera !
LA PRINCESSE
Vous croyez ?
C'est inouï ce qu'elle a déjà rendu l
LA PRINCESSE
Est-ce à elle, par hasard, que vous comptez vous adresser pour les quatre cent mille ?
Vous l'avez dit, et pas plus tard que demain,
LA PRINCESSE
Vous espérez qu'elle y mettra du sien ?
Beaucoup. Elle m'adore.
LA PRINCESSE
Ce n'est pas une raison.
Vous ne rendez pas justice à ma mère. Vous la jugez mal.
LA PRINCESSE, ironique.
Dieu m'en garde !
Elle rit.
Oh ! je sais ce que vous pensez : elle n'est pas distinguée.
LA PRINCESSE
Vous en convenez?
Que voulez-vous? Elle n'est pas « née ». Elle a beau se croire du même sang que vous et moi parce que mon père l'a faite duchesse, c'est une Piédoux, ma pauvre amie, fille des fameuses machines Aristide Piédoux, à battre le beurre...
LA PRINCESSE, récitant.
«... Inoxydables. Bien supérieures aux machines américaines. Médaille d'or à la grande Exposition de Philadelphie » comme le chantent les prospectus.
Mon Dieu, oui... Mais quelle bonne et brave femme! Ahl on serait bien venu si on allait lui dire du mal de moi, du mal de son prince ! Voyez : il ne se passe pas de jours où je ne la taquine à propos de toutes ses idées romanesques et arriérées, eh bien, sans doute, elle regimbe et se défend, mais en m'appréciant davantage, et quand elle me dit sa phrase favorite : « Dominique, mon enfant, que vous avez donc l'esprit paradoxal ! » au fond, elle est très fière de moi. Je la connais comme si je l'avais mise au monde. Chaque fois qu'elle s'agite, c'est moi qui la mène. Brusque,