ACTE PREMIER
Qu'est-ce qu'il y a ?
MONTREJEAU.
Pavane.
Eh bien?
MONTREJEAU.
Eh bien, elle ne va pas, la pavane. J'en sors, très abattu. Bertamont ne peut pas marquer la mesure. Le> autres s'en tirent, à peu près, mais c'est pas encore ça! Il lui manque le psst... pull-hop !... C'est pas ça.
LA PRINCESSE
Elle allait très bien hier. Es -tu sûr de ne pas exagérer?...
MONTREJEAU.
Non. Ah ! c'est une pavane, parbleu ! Ça n'est pas la pavane ! Alors, voilà ce qui est convenu avec tout le petit groupe : ce soir ils s'habilleront au trot, et ils rappliqueront ici après dîner, pour redire une dernière fois, tâcher... (a la princesse.) Veux bien? (au prince.) Voulez bien?
Oui. Mais où est-ce qu'on vous mettra?
LA PRINCESSE
Ici, dans ce salon, puisque nous l'avons réservé pour notre usage personnel.
MONTREJEAU.
Parfait. Je suis si préoccupé de cette pavane ! pauvres amis ! C'est une partie que je joue là. Suis venu de Nantes,
exprès, quitté ma vie, mes habitudes, tout. Dès que j'ai appris que vous donniez ce bal, vous vous rappelez... toc, joyeux télégramme : « Pouvez annoncer que pavane sera réglée et conduite par vicomte de Monlrejeau. » Eh bien, à présent, il faut qu'elle tape et qu'on en parle plus tard, que ça soit une pavane-type, une belle chose... qui reste... Oui, la vie est dure.
LA PRINCESSE
Ne te mets pas dans cet état-là, Jojo.
MONTREJEÀU.
Que veux-tu? Je sens très vivement. Je voudrais bien être plus vieux de vingt-quatre heures.
LE PRINCE, soucieux.
Moi aussi !
MONTREJEAU.
Il me comprend, lui. Un ami.
Il se lève et va lui 6errer la main.