‹ Le prince d'Aurec; comédie en trois actesChapitre 35 sur 85 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

HONTADE.

Et si elle ne veut pas régler cette dette ?

CHAMBERSAC

Alors il faudra qu'il fouille au fond de ses tiroirs et qu'il retourne ses poches. Moi, je peux toujours l'aider de cent trente mille.

MONTREJEAU.

A la bonne heure! Très gentilhomme ce que vous faites là!

CHAMBERSAC.

Ne vous moquez pas de moi. Je n'ai d'argent à prêter ù personne — excepté à gros intérêts. J'offre cent trente mille francs au prince pour son épée...

MONTREJEAU.

L'épée du connétable?

CHAMBERSAC.

Sans doute. J'ai commission pour plusieurs clients.

Mais mon cousin refuse, j'espère ?

CHAMBERSAC

Jusqu'à présent. En quoi il a tort.

MONTREJEAU.

Ça dépend.

CHAMBERSAC.

Qu'avez- vous? Cela vous étonne de me voir... trafiquer... comme un marchand, avec le nom que je porte?

MONTREJEAU.

Oui, et non.

CHAMBERSAC, indulgent.

Jeune homme !

MONTADE, à Montrejeau.

on voit bien que vous n'habitez pas Paris.

CHAMBERSAC.

J'en fais bien d'autres. Demandez à monsieur.

Il désigne Monlade.

MONTADE.

C'est vrai.

CHAMBERSAC.

Je vous scandalise? Que voulez- vous ! Aujourd'hui quand un noble sans fortune, ou ruiné, se refuse à mourir de faim — ce qui est son droit — il est bien forcé d'utiliser, en le perfectionnant, un des talents d'agrément qu'il possède, pour s'en faire un métier : les uns peignent ou sculptent...

MONTADE.

Et ne se vendent pas.

CHAMBERSAC

Les autres s'adonnent au dressage, concourent dans les tirs aux pigeons; quelques-uns, les beaux parleurs, embrassent la littérature, c'est la minorité.

MONTADE.

Heureusement !

CHAMBERSAC.

Moi je ne peins pas, je ne sculpte pas, je ne compose pas

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