‹ Le prince d'Aurec; comédie en trois actesChapitre 41 sur 85 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LES MÊMES, LE PRINCE, en connétable sans la cuirasse, LA PRINCESSE, en Marion Delonne, UN DOMESTIQUE, portant le casque, puis DE HO UN.

LA PRINCESSE, à Montrej«au.

Eh bien Jojo, es-tu content de ton corps de ballet?

Plus tranquille. Ça ira. ça ira.

LE PRINCE, au domestique.

Posez ça là.

LA PRINCESSE

Mesdames... Messieurs... Bonjour, Montade; bonjour, Chambersac...

CHAMBERSAC, lui baisant la main.

Devant qui ai-je l'honneur de m'incliner?

LA PRINCESSE

Je vais vous le dire. Je suis née en 1612, — à Châlons ou à Blois, — on n'est pas sûr. J'ai été fameuse durant la moitié d'un grand siècle; j'ai connu Cinq-Mars, Saint- Évremont, Buckingham, Grammont, le grand Condé, Richelieu et Louis XIII. Tous ils m'ont aimée de façon différente, je les ai tous aimés de la même... Et je me suis mystérieusement éclipsée de ce monde sans qu'aucun historien ait jamais pu savoir la date de ma mort. Aussi, quelquefois, je reviens. Ce soir, il m'a plu de vous surprendre, appuyée sur le gantelet du connétable d'Aurec. Mes beaux seigneurs, mes belles jeunesses, recevez la bienvenue de Marion Delorme.

CHAMBERSAC

Vous parlez comme une reine.

LA PRINCESSE

C'est que j'ai régné!

MONTREJEAU, à Bertamont.

Vous, arrivez!

Il l'entraîne dans un coin pour le faire répéter tout seul.

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