ACTE DEUXIEME
MONTADE, an prince.
Vous êtes superbe, vous aussi. Vous avez l'air d'un vrai
connétable.
MADAME DE SAINT- PATRICE
Mais, pour recevoir vos invités, vous mettez le casque et la
cuirasse?
Bêlas!
MADEMOISELLE DE SAINT-PATRICE, soupesant le casque.
Ouïe! C'est lourd, ces machins-là!
LE PRINCE, le montrant.
C'est celui qui coiffait mon aïeul au siège de Brescia. Le panache a été perdu !
MADAME DE SAINT- PATRICE
A une bataille?
Dans un déménagement.
MONTADE, désignant l'épée du prince.
Et voilà la fameuse épée.
LE PRINCE, qui la tire du fourreau.
Le rasoir historique.
MONTREJEAU, de son côté à BerU>mont qu'il ne lèche pas.
Pliez sur vos jambes, vous ne pliez pas.
BERTAMONT, fâché.
Je ne fais que ça depuis dix minutes. Vousabusez,à la fin!
MONTADE, qui a pris l'épée des mains du prince.
Pauvre épée! (Tout le monde récoute.) Vous ne trouvez pas, mesdames, ses pierreries et ses fleurs de lis ont quelque chose de triste, et je ne puis m'empêcher, pour ma part, de m'écrier, en voyant sa lame...
LE PRINCE, la lui reprenant.
Pas de copie parlée.
MADAME DE BERTAMONT, désappointée.
Oh! prince 1 II allait dire des choses charmantes.
LA PRINCESSE
Rassurez- vous. Nous les retrouverons dans le prochain roman.
Oui, avec lui rien ne Se perd. (Regardant son épée qu'il brandit.)
Et quant à ces grands sabres-là, au fond, voyez-vous... (n la rentre brusquement au fourreau.) c'est la croix de ma mère! Aujourd'hui, ça ne se porte plus.
MONTADE.
Si, quelquefois. A l'hôtel Drouot.
JOSEPH, du seuil de la porte de droite.
On m'envoie dire que les salons sont allumés.
BERTAMONT.
Allons-y.
MADAME DE SAINT-PATRICE
Descendons, pour voir le coup d'œil.