‹ Le prince d'Aurec; comédie en trois actesChapitre 48 sur 85 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

cinquante à Paris, aujourd'hui je donne au public, à cette foule dont il fout que je vive, l'illusion de la naissance et de l'aristocratie, et j'ai l'air de faire partie d'une élite, tout bonnement parce que j'y ai mon couvert mis. Voilà en quoi je suis votre obligé, princesse, et c'est un bonheur pour moi d'avoir trouvé l'occasion, depuis longtemps désirée, de vous l'exprimer comme je le sens.

LA PRINCESSE

Bien peu de chose, allez, que tout cela 1 En tout cas, si noire amitié a pu vous être d'un petit profit, j'ai plaisir à éprouver personnellement que vous n'avez rien d'un ingrat.

DE HORN

Je vous en prie.

LA PRINCESSE

Ali mais si! Vous m'avez rendu un grand service. Je ne

l*o il (lierai jamais.

.la mais?

LA PRINCESSE

Voulez-vous donc me le faire répéter ?

DE HORN

Eh bien, c'est beaucoup « jamais » ; je n'en demande pas tant. Rappelcz-vous-le seulement... un jour.

Quel jour?

Je vous le dirai.

LA PRIN CESSE

DE HORN

LA PRINCESSE, à part.

Je l'ai peut-être trop remercié. (Haut, avec enjouement.) Par exemple, monsieur le rajah, si vous souhaitez que nos relations continuent à être aussi cordiales que par le passé, il y a une chose qu'il faut me jurer.

DE HORN

Sur quoi?

LA PRINCESSE

Sur ce que vous avez de plus cher, suivant la formule.

DE HORN

Alors c'est sur...

Vos diamants ?

DE HORN

Bien entendu. Et de quoi s'agit-il ?

LA PRINCESSE

Jurez d'abord.

DE HORN

Juro.

LA PRINCESSE

C'est de ne pas me faire la cour.

DE HORN

Je ne jure plus.

LA PRINCESSE

Pourquoi ?

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