SCÈNE PREMIÈRE ..iONTADE, Un Valet, puis DE HORN
LE VALET, à Uontade.
Alors quand, la voiture?
MONTADE.
Tout à l'heure, j'irai vous le dire. J'attends M. de Horn.
(Le valit toit. Montade, resté seul, regarde les portrait», en lisant tout haut
les devises.) « Brévannes de Taluis : Jamais en arrière ! » — i D'Aurec le Premier ! — Sur mon honneur! — Défends-toi ! »
DE HORN, entrant.
Je suis prêt. Vous regardiez les ancêtres; et vous lisiez les a ? Il y en a de bonnes.
^ MONTADE.
Ne blaguez pas. Ceux-là n'étaient pas risibles! C'est égal, c'est bien une idée de la duchesse d'avoir couvert les murs de son château de tous les Talais passés. Cette brave femme a la rage de l'aristocratie. Elle mourra un 21 janvier!
DE HORN
Dites-moi : nous n'allons pas faire une longue promenade?
MONTADE.
N'ayez pas peur. La princesse ne s'envolera pas. Ah ! vous êtes un tenace.
DE HORN
Mais oui.
Vous rappelez-vous notre conversation d'il y a trois mois, chez notre ami d'Aurec, le jour du fameux bal costumé qui a précédé sa dégringolade?
DE HORN
Je me la rappelle.
MONTADE.
Si ma mémoire ne me trahit pas, je vous disais à propos de certain projet que vous caressiez : « Prenez garde, vous êtes en train de vous emballer, de jouer un jeu de dupe! » Aujourd'hui, j'ai bien peur de n'avoir pas été un faux prophète.
DE HORN
Pourquoi cela? Il s'est passé beaucoup de choses depuis trois mois.