ACTE TROISIEME
LA DUCHESSE
Les républicains! laissez-moi donc! lisseront trop contents d'avoir un noble!
LA PRINCESSE
Comment! c'est vous-même, ma mère, avec vos idées, qui lui conseillez une pareille apostasie?
LA DUCHESSE
Mais oui... C'est la faute à M. Sorbier, tenez! Il m'a fait comprendre bien des choses. Et puis, tout compte fait, j'aime encore mieux la République avec des monarchistes que la Monarchie avec des républicains, ce qui nous arrivera sûrement si jamais nous avons le roi.
SORCIER
Mais rassurez-vous, nous ne l'aurons pas.
Eh bien, et moi, dans tout ça? Est-ce que vous croyez que je tiens à être la femme d'un personnage nouvelles couches? Une célébrité officielle, la belle madame d'Aurec, de l'Agriculture ou des Cultes? Ah! non.
SORBIER
Pourtant, madame, le prince, actuellement, se plaint; il n'est pas satisfait de sa situation? Pourquoi n'essaierait-il pas, alors, d'un autre genre de vie?
LA DUCHESSE
Tout le monde s'occupe et travaille. Vois ces messieurs, de Horn et Montade?
LA PRINCESSE
Voulez- vous, par hasard, qu'il s'établisse financier?
106 LE PRINCE D'AUHEC
LA DUCHESSE
Oh! non!
LA PRINCESSE
Alors, c'est de la littérature que vous souhaitez lui voir faire?
LA DUCHESSE
Non plus. Cela sent toujours un peu sa bohème. N'empêche que voilà deux hommes de son âge qui ont su chacun se créer une position très enviable.
LA PRINCESSE
J'aime mieux la nôtre.
LA DUCHESSE
De Horn est arrivé...
MONTREJEAU.
A être baron, d'abord.
Il y a au moins... deux ans!
LA DUCHESSE
Et millionnaire. Il a fait sa fortune, lui! Et quant à Montade, il est reçu partout, il ne compte plus les éditions de ses livres.
LA PRINCESSE
Toujours épuisé!
LA DUCHESSE
11 sera de l'Académie avant toi