‹ Le prince d'Aurec; comédie en trois actesChapitre 76 sur 85 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LA PRINCESSE

Et vous êtes vexé que je ne vous demande pas lequel ? Que voulez-vous, je ne suis pas curieuse.

DE HORN

Tant pis, moi je suis indiscret. Je vous aime.

LA PRINCESSE

Ça vaut-il la peine de déranger un domestique ? Non.

DE HORN

Je vous aime ardemment, de toutes mes forces...

LA PRINCESSE

Bien entendu, comme on désire.

DE HORN

Voilà six mois que mon secret m'étouffe!

LA PRINCESSE

Eh bien, maintenant, vous respirez mieux?

DE HORN

Ne vous moquez pas, soyez bonne, et dites-moi que je puis espérer, que peut-être un jour...

LA PRINCESSE

Ou une nuit... « Soyez bonne! » Ah çà, vous êtes fou! Sérieusement, vous vous êtes imaginé que j'allais devenir votre maîtresse ?

Je pensais que c'eût été la plus grande joie de ma vie.

LA PRINCESSE

Et le plus grand honneur de la mienne. Mais réfléchissez. Est-ce que vous pouvez être mon amant?

DE HORN

Vous m'aviez déjà trouvé digne d'être votre ami.

LA PRINCESSE

Qu'en savez-vous ?

DE HORN

Je me rappelle que vous me l'avez dit.

LA PRINCESSE

Belle raison ! Vous, est-ce que vous dites toujours la vérité?

DE HORN

Jusqu'ici j'ai été traité en intime, avec une sympathie toute spéciale...

LA PRINCESSE

Et vous en avez conclu: « Cette petite princesse... Tiens, c'est mon affaire. Un de ces jours je n'ai qu'à ouvrir les bras, elle tombera dedans ! » Eh bien, monsieur, vous avez visé un peu haut.

DE HORN

Oh ! mon Dieu ! vous ne seriez pas la première grande dame qui ait consenti à descendre I

C'est vrai. Mais, en ce cas, nous choisissons.

DE HORN

Et quand je serais aussi bas qu'il vous plaît de me le faire

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