ACTE TROISIÈME
sentir, qui osera me reprocher d'avoir voulu mon ter jusqu'à vous? Quelle autre ambition puis-je avoir, moi millionnaire et rassasié de toutes les joies? En dehors de vous, y a-t-il une cho?c au monde qui me reste à souhaiter? J'ai tout.
LA PRINCESSE
Excepté!...
DE HORN
Excepté tout, excepté vous ! Et c'est comme si je n'avais rien.
LA PRINCESSE
Vous exagérez!
DE HORN
Comprenez donc que vous êtes la personnification absolue de mes rêves et de mes regrets !
LA PRINCESSE
Très flattée.
DE HORN
Mais non! C'était fatal! Il fallait bien, pour ma souffrance et le châtiment de mes richesses, que je fusse amoureux d'une femme qui ne pouvait avoir pour moi que du mépris et du dédain ; il fallait que je fusse éperdument séduit par votre beauté, votre esprit, le prestige de votre race!...
Tout ce qui vous manque, enfin !
DE HORN
Je le sais, et c'est justement par tout cela que vous m'avez enjôlé. Je n'ai pas besoin que vous me rappeliez à chaque minute votre supériorité, je la reconnais le premier, c'est
la seule devant laquelle consente à s'incliner mon orgueil, et si je n'étais pas de la classe dont je suis, ah! certes, je voudrais être de celle dont vous êtes I
LA PRINCESSE
Pas de fausse modestie.
DE HORN
Ne raillez pas,
LA PRINCESSE
Jamais je n'ai eu moins envie de rire.
DE HORN
Vous avez raison. Qu'est-ce que je veux, moi?
LA PRINCESSE
Je m'en doute.
DE HORN
Votre bonheur.
LA PRINCESSE
Voilà un gros mot.
Vous n'allez pas me dire que vous êtes heureuse?
LA PRINCESSE
C'est une question que personne ne m'a jamais posée.
DE HORN
Même pas votre mari?
LA PRINCESSE
Ah! laissez là mon mari.