SCÈNE XII
MA8TIULL0.
Plalt-i) ?
PAZZI
De prendre , si ta peux , un maintien plus grave , plus noble , de parler le moins elle mieux possible ; de ne pas t’étonner des respects que vont te témoigner les gens de Ponte-Calvo, ni des titres qu’ils te donneront.
MASTRILLO.
Ah ! je n' comprends rien à tout ça ! parler moins et parler mieux!., ne pas m'étonner des respects !.. Qu’est-ce que ça veut dire? je m’embrouillerais ; tant pis , je n’ veux pas I
PAZZI
Comment , tu ne veux pas ! songes-y bien !
MASTRILLO.
lly a là-dessous ces frimes pour en faire accroire auxamis, pour les tromper... décidément, non ! je ne donne pas là-dedans I pazzi , à part.
Et l’heure passe ! et ces villageois qu’il nous importait tant de mettre sur une fausse voie vont être désabusés. ( Haut et se rapprochant de Mastrillo.) Voyons, voyons, mon garçon, ce que je te demande est-il donc si difficile?., d’ailleurs ne parlais tu pas de ta pauvre grand’mèrc.puisd’une jeune fille...
MASTLILLO, s’émotionnant.
Ça c'est vrai!., grand’maman, à son âge, ça ne serait pas agréable pour elle... puis Juanitta, une fois que je ne serai plus là , elle pourrait bien épouser cet imbécille de fromagiste....
(A Pazzi.) Eh bien, écoulez, je veux bien ne pas être pendu!
PAZZI
Diable ! quelle générosité !
Mais à une condition.
PAZZI
Ah ! toi aussi , tu fais tes conditions !
MASTRILLO.
Je consens à prendre un air très noble, comme vous m’avez dit , à parler de mon mieux ; enfin , nous nous entendrons... mais , de votre côté vous empêcherez Juauitta d’épouser Cognocoli, et ça vous est facile, en le faisant pendre à ma place.
PAZZI , souriant.
C’est juste; enfin, nous verrons.
MASTRILLO.
Maintenant pensons à grand’maman ; vos gredins de soldats lui ont enlevé sa vache, il faut que vous lui en rendiezdeux !
PAZZI
Accordé, es-tu satisfait ?
MASTRILLO.
Pas encore, rendez-moi ma bourse que vousmême m’avez chipée.
PAZZI
Que prétends-tu faire de tant d’or !
MASTRILLO.
Tiens, m'amuser, il y a long-temps tjuc je n’ai fait un bon dîner... que je n’ai dormi dans un bon lit...
pazzi , à lui-même.
Quoi ? cette grotte où l’on a retrouvé les vétemens du prince!., ces villageois auraientils raison?., mais pourrait-il si bien feindre?.
cependant ce courage ce mépris de la mort !
MASTRILLO.
Ah ça! ma bourse, est-ce aujourd’hui que vous allez me la rendre?
PAZZI , sortant la bourse de sa poche.
La voici ! (II jette les yeux dessus à part.) Que vois-je! le chiffre du prince Ixircnzo ! comme sur le baudrier un L couronné !
MASTRILLO, lui enlevant la bouse.
Allons donc !
PAZZI
Monseigneur, vous êtes reconnu !
MASTRILLO, à part.
Qu’est-ce qui hii prend ! il me donne du Monseigneur aussi celui-là.
PAZZI
N’espérez pas nous tromper. . . vous ne reverrez plus l’amiral français.
MASTRILLO.
Là ! encore son amiral français j’aurais parié qu’il y reviendrait.
PAZZI
On vient de ce côté je suis sûr maintenant que vous jouerez parfaitement votre rôle.
MASTRILLO.
Je tâcherai, mais n'oubliez pas nos conditions, deux vaches à grund'manian. .. deux vraies vaches laitières...
pazzi, riant
Oui, Monseigneur!