SCÈNE XVIII
Les Mêmes» PERALDI.
COGNOCOLl.
BATTIOU.
Vous pouves ordonner...
cocxocou.
Qu'exige son altesse ?
MASTRILLO.
Qu'on me serve à dîner.
REPULSg DU CIUELB,
[Jua tiiU HNl.i
mastrii.lo, à Hnconnu,
Vous dînerez avec moi, camarade. (Bas.) Vous ne me trahirez pas!
l'inconnu.
C’est trop d'honneur! (A pari.) Voyous ce que tout cela deviendra et prenons conseil des circonstances.
BATTIOU.
Grâce à nos montagunrds, que la défaite de l'ennemi va faire se lever, par milliers avant peu nous conduirons votre altesse à Florence. Dès ce soir, nous en prendrons la route.
MASTRII.LO.
Rien ne presse ; je pourrai bien passer la nuit ici... (A part.) sous le même toit que Juanilta... Comme ça serait gentil !
COGNOCOLl.
Monseigneur n’a pas dit re qu'il désirait.
mastrii.lo, 5 l'Inconnu,
Au fait, que désirons-nous ? moi je voudrais quelque chose de soigné, de chenu... comme qui dirait de la soupe au fromage ou des grillardes de lard.
BATTIOU.
Son altesse veut rire.
mastrillo, k part.
Non, parbleu! je veux manger. (A part, tandis que Juanltta et une autre jeune lillc apportent une table toute servie.) Jusqu'à présent, ça ne va pas mal... bien vêtu, bien nourri... niais s'ils savaient que c'est tout bonnement pour le petit Mastrillo qu'ils se sont donné tant de mal.
An du Matelot 'M™* Dcciimmc.;
Je l’avoùrai, je ne suis pas tranquille ;
Si j* me déclare, aujourd’hui j’ suis perdu!
Un peu plus tard, m’esquiver m’ sera facile... Soyons donc prince, ça vaut mieux qu’ d’être pendu ! J’ vas bien dîner, ça me parait dt-jkdn’de Royalement usons de mon pouvoir;
Tantqu’k manger se bornera mon rôle,
Je le sens !k, je ferai mon devoir.
JUANITTA, k Mastrillo.
Monseigneur, votre dîner est servi, (a part.) Qn’il est donc gentil comme ça.
MASTRILLO, k l’Inconnu.
Allons, camarade, à table. (A Juanltta.) Hein? quand je l'avais dit que je reviendrais! (S’apercevant que l’Inconnu a pris place avant lui.) Tiens, il est sans gène celui-là.
L’INCONNU, se levant.
Pardon !
MASTRILLO.
Seulement, je me disais, on est priuce...
l’inconnu, k part.
Ou on ne l'est pas.
i Papa Bàttioli, voilà l’un de nos conspirateurs ; i vous savez, celui qui avait toujours un important | secret à nous communiquer,
BATTIOLI.
Ah! (a Mastrillo.) Monseigneur, voici le noble 1 Peraldi, l’un des membres du conseil de régence, institué durant votre absence.
MASTRILLO.
j Est-ce que ça va m'empêcher de dîner ?
l’inconnu.
Qu’il vienne ; le Prince l'entendra.
! PERALDI, entrant cl bas k Ratlioli, dans le fond du théâtre.
C’est là le prince Lorenzo? je crains fort que vous n’ayei été dupes.
BATTIOLI.
Comment?
PERALDI
Si c’était un agent de Pazzi.
COGNOCOLl, regardant Mastrillo.
Tiens, il mange avec ses doigts, monseigneur. (Haut.) Votre fourchette est là.
MASTRILLO, la bouche pleine.
Merci.
PERALDI, bas k Ratlioli.
I Je viens de recevoir un message de Pazzi lui-
• même.
COGNOCOLl, k part, en regardant Mastrillo, Mange-t-il ! mange-t-il ! ce sera un tyran, il consomme trop !
BATTIOU, lisant un papier que lui présente Pcrakll. Serait-ii possible?
PERALDI
Silence!., je vais tout éclaircir. (Haut k Mas irilio. ) Pardon, monseigneur, si je vous dérange...
MASTRILLO.
{ Mais je n'ai pas envie de me déranger du tout.
L’INCONNU, se levant.
Levons-nous ! il s'agit des intérêts du pays, sans doute.
PERALDI, k l’Inconnu.
Vous êtes de la suite du Prince ?
l’inconnu.
Je suis un autre lui-méme-
MASTRI LLO.
Ah* ça c'est vrai que nous sommes bien amis depuis hier soir. (A Peraldi.) Parlez.
PERALDI
Le bruit court qu'un faux prince Lorenzo a paru parmi nous.
mastrillo, k part.
Aie!
BATTIOLI.
S'il en est ainsi, c’est un traître... qu'il soit puni comme tel.
PERALDI
Ne comprenez-vous pas que rien ne peut i'ex-
• cuser à nos yeux, surtout si, comme on l’assure, i c'est pour seconder les projets de nos ennemis, « qu'il s’est déclaré publiquement le fils de Mécli-
cis.