SCÈNE VIII
UN REITRE (haletant au Prince).
Malgré son grand courage, le Connétable plie, le nombre nous écrase. Gavalcanti bat en retraite vers vous (à Giacomo et à ceux restés). A la rescousse, car l'heure est décisive !
TONIO (glacé d'abord, puis surexcité).
0 Madame Marie, secourez-nous ! Eh ! j'y songe un parlementaire pendant que se précipite l'action [allant à la marquise et la reconnaissant) Giovanna , vous osez me braver ici même. Ah! puisque toutes deux en hommes déguisés, nous avons une épée au flanc...
LA MARQUISE
Ah ! je n'espérais pas te décider si vite. Les piques, les épées qui lui hachent la chair ne me vengeraient pas, si son dernier regard ne voyait ton cadavre !
TONIO L'enfer est dans ton cœur et hurle par ta bouche.
LA MARQUISE
Ce lion de courage, même en morceaux coupé, même la veine ouverte, viendra pour expirer vers toi, mais vers toi expirante.
TONIO
Mon péché , mon cher péché (elles se battent, la nuit vient). Saint George, bénis la vierge épée d'une vierge!
LA MARQUISE J'invoque seulement les démons de la haine !
TONIO
Au nom du saint amour, tu vas mourir du coup que lui-même inventa, sans confession, haïe de celui que tu aimes, frappée par ta rivale heureuse (Vèpèe de la marquise l'ej-
Jleure) .
Blessée déjà, ton saint George t'oublie !
TONIO Egratignée à peine; j'attends, car je veux te porter sa
botte. Non ce n'est pas cela... Voici... Voici... Voici... Saint George, venge moi {il la perce).
LA MARQUISE (tombe à (fauche).
Ah!...
TOMO (se penchant).
J'ai frappé au milieu du col, c'est bien la botte de Cavalcanti (levant son épéej gloire à saint George ! . . .