‹ Le Prince de ByzanceChapitre 102 sur 124 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

TONIO — LA MARQJJlSE, en costume militaire les yeux bandés, amenée par GIA COMO qui lui ôte le bandeau

TONIO J'ai vu peu de visage et je reconnais celui-là.

LA MARQUISE

Salut a Votre Altesse ! Le roi Frédéric tient pour seul coupable le condottiere et demande que Gavalcanti désavoué par vous...

TONIO

On ne déjuge pas ceux qui vous ont servi.

J'accomplis un message, offrant a Votre Altesse de sauver sa couronne.

TONIO

Tombée d'un Iront digne, la couronne ne se ramasse pas dans la boue des traîtrises.

LA MARQUISE

Votre Altesse entend mal ; ni le supplice, ni la géole pour Gavalcanti, mais son bannissement ; et vous rentrez dans votre bonne ville.

TONIO

Tarente ne reverra pas l'Angelino sans Gavalcanti. Je ne suis prince que par lui (à part) et pour lui.

LA MARQUISE

Cette reconnaissance exagérée vous conseille au rebours des plus chers intérêts : abandonnez le condottiere.

TONIO

C'est le vœu d'une femme jalouse, non le dessein d'un roi ambitieux : Seriez-vous mandataire de cette marquise damnée (grand bruit coupant la phrase).

Page 1