LES PRÉCÉDENTS, FRÉDÉRIC, LE P ROV ÉDITEUR
soldats portant des torches.
CAVALCANÏI Roi, es-tu chevalier ? je te provoque !
LE ROI
Es-tu condottiere? regarde ton épée de page, image de ton dessein d'Orlando Furioso. L'Arioste jamais n'eut rêvé ce modèle.
(Cavalcanli fait de vains efforts pour se tenir debout, le provéditeur le frappe par côté).
CAVALCANTI (reculant).
Lâche ! . . .
LE ROI
Dernière scène d'une excellente tragédie.
TONIO (qui a reçu Cavalcanli expirant).
Je ne suis qu'un enfant, j'ignore tout des choses de la guerre, mais ta mère a péché, Frédéric, ton âme est d'un valet.
LE ROI
Emparez-vous, sans la blesser, de cette couleuvre qui s'essaye à siffler en vipère.
TONIO
A bas manants! ma cuirasse défie votre brutalité, sujets rebelles fil enroule le drapeau autour de sa poitrine). Histoire, Ô VOIX au sûr écho, proclame un jour que le dernier Tarras, à quinze ans, sut mourir, toujours, hautaine Altesse.
LE ROI
Hola ! des Siciliens ; ceux de Tarente sont médusés par
ce lyrique éphèbe ! Sus ! (au Provéditeur) ce cadavre là-bas nous
l'offriront à la Marquise, Hérodiade de ce Jean d'aventure.
(Pendant ces mots, Tonio entouré tourne autour de la tente qui se renverse sur lui).
TONIO (disparaissant) Je le rejoins dans la mort bienheureuse.
LE ROI
De cette rébellion tout est blessé ou disparu ; en retraite ; allons vider les coupes, après ces coups.
LE PROVÉDITEUR La marquise? j'en suis inquiet?
LE ROI
A Tarente, je gage, elle nous prépare un festin. Vous avez l'épée spirituelle, vengeant du même coup, le double et différent honneur et du mari et de la iemme.
116 THÉÂTRE DE LA. ROSE f CROIX