‹ Le Prince de ByzanceChapitre 11 sur 124 · SCÈNE IV PROMÉTHÉE, - ATHÉNÉ · texte numérisé non relu

SCÈNE IV PROMÉTHÉE, - ATHÉNÉ

ATHÉNÉ

Pourquoi errer, farouche, à l'heure de ta gloire, Titan subtil ! Mon Père distribue les charges, les honneurs; Approche, demande., toi qui as mérité t

PROMÉTHÉE

Ce que l'on m'offrirait, Athéné, je le dédaigne ; et nul ne peut donner ce que j'accepterais.

Mon Père est tout-puissant.

PROMÉTHÉE

Oui, depuis quelques heures.

ATHÉNÉ Pour toujours!

PROMÉTHÉE Je le souhaite!

ATHÉNÉ

Excellent vœu! qu'accepterais-tu donc que Zeus ne peut donner?

PROMÉTHÉE Ne provoque pas mon dédain de la gloire olympienne !

12 THÉÂTRE DE LA liOSE f CROIX

ATHÉNÉ Enonce ta pensée?

PROMÉTHÉE

Qu'est-ce, un Daïmon et qu'est-ce, un Dieu ?

Tous deux sont immortels.

Mais le Dieu, con firme en ses prérogatives par le Destin,

ne saurait déchoir ni monter ; ce qu'il est, il le sera toujours ;

le Daïmon, au contraire, libre en son devenir,

s'il risque de tomber peut aussi s'élever sans limites.

ATHÉNÉ Je sais cela !

Eh bien! quand Zeus me donnerait une charge éclatante,

rua personnalité serait-elle augmentée?

Le cothurne hausse- t-il la réelle stature?

Si un décret des dieux t'attribuait la beauté d'Aphrodite

et lui reconnaissait ta sagesse, Athéné, — serait-ce vrai?

L'éphémère alore et redoute les Dieux, confins de sa pensée ;

mais pour un Dieu, l'idéal

ATHÉNÉ Pour un Dieu, l'idéal c'est lui-même!

PROMÉTHÉE

Tu n'imagines pas, Déesse, un Dieu qui te surpasse?

ATHÉNÉ Mon père !

PROMÉTHÉE

Et, au-dessus de lui?

Rien, ni personne

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