‹ Le Prince de ByzanceChapitre 44 sur 124 · BIBLIOTHECA · texte numérisé non relu

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100 THÉÂTRE DE LA Ri'SE f CROIX

saccager la nature et la rendre au chaos !

Je ne parlerai pas. Inébranlable,

je refuse le nom de celui qui vaincra ton père.

HERMÈS

Qu'espères-tu d'un tel entêtement?

PROMÉTFÉE J'ai tout pesé : ma volonté est faite !

HERMÎN Insensé, ose une fois être sage, par pit-é pour toi-même!

PROMET!) ÉE

Tu m'importunes, tu convaincrais plutôt le flot des mers. Ne te figures pas qu'un jour, tremblant, devenu femme, je tendrai des mains suppliantes pour qu'on m'ôte mes fers, implorant la clémence de Zens. Oh ! tu te tromperais !

HERMÈS

Mon insistance est inutile ; je perds mes raisons, mes prières.

Rien ne t'émeut, ne te convainct.

Tu mors le frein et tires sur la bride ; comme un cheval sauvage

tu te cabres ! à quoi bon ? S'obstiner contre l'évidence

décèle la faiblesse plutôt que le courage !

Envisage, non plus ma démarche mais l'ouragan de maux

qui s'amasse pour crever sur ta tête, ^ans merci.

Mon père lancera sa foudre fulgurante

et toujours enchaîné tu rouleras parmi les débris, dans les ténèbres.

Après des siècles, quand tu reverras ïa lumière

l'aigle vorace, le chien de Zeus, viendra

déchiqueter ton corps et le mettre en 'ambeaux;

chaque jour, l'oiseau de la vengeance dévorera ton foie,

et ton foie renaîtra chaque auror«, peir être dévoré à nouveau.

I,A PROMKTHÉIDB m

N'espère aucune fin a ton supplice,

il faudrait qu'un Dieu prit ta place

et descendit pour toi au noir Hadès,

aux sombres profondeurs du îartare.

Réfléchis et décide!

Ceci n'est pas une menace vainc, une intimidation :

l'ordre de Zeus est formel ; ce qu'il a décidé, toujours s'exécute.

Rentre en toi-même ; que la piudence succède à ta folle opiniâtreté.

LE CHOEUR

Hermès nous semble avoir raison.

Il conseille de cesser ton entêtement. Ecoute la prudence, obéis!

La honte n'est pas de s'assagir, mais de persévérer dans l'erreur.

PROMÉTHÉE j

Je connaissais déjà ce qu'il m'annonce :

être écrasé par l'ennemi, n'a rien d'étrange.

Tombe sur moi la spirale de fe ï !

Que l'Aither s'agite éperdu aux éclats du tonnerre!

que les vents hurlent et tourbillonnent !

que l'univers chancelle sur sa base,

et que la mer projette ses lame.; jusqu'aux étoiles ;

que mon corps tournoie, dans le cyclone,

et tombe s'abimer au fond de l'horrible Tartare !

Je suis un Immortel !

HERMÈS

Imprécation d'un insensé ; ses douleurs le tout délirer

sans réfréner sa rage.

Vous qui compatissez à ses douleurs, éloignez-vous t quittez ce lieu !

l'éclat du tonnerre vous ligeraii de stupeur!

LE CHOEUR

Donne-nous un conseil plus géi éreux si tu veux nous voir obéir I

102 THÉÂTRE DE LA RUSE f CKOTX

Gomment ordonnes -tu une telle infamie ?

Nous voulons souffrir avec lui,

oar nous haïssons la traîtrise par dessus tous les vices !

Vous êtes prévenus. Si la fatalité vous enveloppe dans son orbe,

n'accusez pas la Moire et n'accusez pas Zeus,

car vous aurez voulu- votre malheur.

Prises alors aux rets indéchirables de l'infortune,

n'accusez que vous-mêmes ô imprudentes t

(Les Okhéanideg hésitent un instant, puis elles regagnent leur diur.)

LA PROMÉTHÉIDU 103

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