‹ Le prince de Ligne et ses contemporainsChapitre 11 sur 28 · îrlavip lafun, Citujuanie ans de vie littéraire · texte numérisé non relu

îrlavip lafun, Citujuanie ans de vie littéraire

que ■t'îim

le. B Beaumarchais habille ainsi la phrase pourl

Figaro : n Depuis qu'on a remarqui'? que vieilleaj

les deviennent sagesses, et qu'anciens petits men— J

iges assez mal plantés out produit de grosses véri-^

on en a de mille espèces '. »

■A la première représentation du Barbier, un ania-

ir s'approche de l'auteur et lui reproche que sa I

liîèce ressemble à On ne s'avise jaittats de tout, n Res- 1

sembler, monsieur, repari Beaumarchais, je soutiens 4

que ma pièce, esl On ne s'avise jamais de tout.

Et comment cela? — C'est qu'où ne s'était]

isè de ma pièce. » I^ galerie applaudit,.]

l'amateur resta court... et cependant il n'avait f

lort; l'opéra- comique de Sedaine et de Monsigny**

peut être regardé comme le scénario sommaire ia i

\rbier : du moins, la dernière scène de Sedaîni

ivienl la dernière scène du Barbier. Jfugez-en pat J

rapprochements.

LE COHHISSAIHE (Sedaiiie],

k 11 me paraît, monsieur Dorval, que vous vous y êtes mati li vous vous Étiez nortirai!, monsieur a trop 4

f'i. Le Moyen de iiarvenir, êdit. de 1157, tome I", p, 133. OOrV e reTendiqaë par BÉroalde de Verville, attribaé à Rabelalsfl

r le l»bUophile Jacob.

I>ï. Voir l'ingénieuse ili^tserlntlon de M. Aiigusie Vitu : Pii^lbce|

a Théâtre cftojri.

pour ne pas consentir à un mariage avantageux... (Au docteur.) et songez que votre conduite va vous déshonorer.

l'alcade (Beaumarchais) ,

Cette inutile résistance au plus honorable mariage indique assez la frayeur sur la mauvaise administration des biens de sa pupille.

LE COMMISSAIRE (Sedaine),

Apprenez que nos magistrats sont avant tout les tuteurs nés des orphelins.

LE COMTE (Beaumarchais).

Je la mets sous l'autorité des lois; et monsieur, que vous avez amené vous-même, la protégera contre la violence que vous voulez lui faire. Les vrais magistrats sont les soutiens de tous ceux qu'on opprime.

LE DOCTEUR (Sedaine), Ah ! maudit coquin ! j'enrage ! faut-il que j'y consente ?

LE DOCTEUR (Beaumarchais).

Ils étaient tous contre moi ! je me suis fourré dans un guêpier I

Mais le Barbier a d'autres sources plus classiques : r École des Maris et le Sicilien de Molière, qui lui fournissent encore le dénouement du mariage. Comparez et vous verrez que la première scène du Barbier est calquée sur la première du Sicilien. Dom Pèdre n'est

BEAUMAllCHAïa. 161

pas plus que Bartholo, un vieillard imbécile, mais un i homme fort vert et qui n'en manque pas une, quand*] il s'agit d'éventer les ruses d'Isidore. Hali-Figaro empêche dom Pèdre d'écouter l'entretien d'Adraste qui J s'introduit aussi par une ruse identique. Arislo, dans f École des Maris, a presque fourni à Iteau mare hais le sous-titre de sa pitee : la Précaution inutile.

On les retient fort mal par tanl d'austërilé, Et les soins déliantg, les verrous et les grilles, Ne font pas la verln des femmes ni des lltles.

Dans les Folies amoureuses de llcgnard, les ressem-. blances sont encore plus frappantes ; Agathe a écrit la lettre de Rosine, elle soupire derrière les grilles et les .

Iousics, et Crispin parle comme un oncle de Figaro. Voici pour le caractère et voici pour le style. s J'avais entendu dire que les scrupules nuisaieut.^ Ta fortune; je fis Irève avec les miens, pour n'avoir rien à mo reprocher. Était-il question d'avoir de l'honneur? j'en avais. Fallait-il ôtre fourbe? J'en soupirais.

J'ai fait tant de mélicra d'après le naturel, Que je puis m'appeler ud homme uDiversel.

J'ai couru l'univers : le monde est ma pairie ; Faute de revenu, je vis de l'induslrie, Comme bien d'autres font selon l'occasion, Quelquefois honnête homme el (|uelqaefoii fripon.

I6i i-n i-iiii»i:k i>e r.ir..\J- kt >ks .;..

mais j'allais mon train,.. Qaa le dirai-je, enfin ITantAt luailre et laulôt valet, toujours prudent, toujours iadus- Irieux, ami des fripons par intérêt, ami des honnêtes gens par goût, traité poliment sousnne flgure, menacË d'étriviéres sous une autre, cliangeant à propos de métier, d'Iiabit, de caractère, de mœurs; risquant beaucoup, résistant |>eu.lil>erlin dans le fond, réglé dons la forme, démasqué'iiar les uns, soupçonné par les autrts, ;i la lin équivoque à tout le monde, j'ai lAti'^ de tout... »

Ainsi parle Trlvelin, dans/a Fausse Suivante de Marivaux, cinquante ans avant te Barbier, écoulons maintenant celui-ci :

a Fatigué d'écrire, ennuyé du mol, dégoAté des autres, abîmé de dettes et léger d'argent... accueilli dans une ville, emprisonné dans l'autre, et partout supérieur aux événements, loué par ceux-ci, bllmë par ceux-là; aidant au bon l^mps, supportant le mauvais, me moquant des sots, bravant les méchants, riant de ma misère et faisant la barLe à tout le monde, vous me voyez donc enfin établi dans Séville, et prêt à suivre de nouveau Votre Excellence en tout ce qu'il lui plaira m'ordonuer. o

M. Auguste Vilu croit que l'idée de la scène de Basile est prise dans un passage des Mémoires de Retz- Celui-ci ne siégeait au parlement qu'en qualité de coadjuteur de son oncle l'archcvâque de Paris. Prévenu que l'archevêque revenait de la cajnpagne à l'instigation de la reine, afin d'assister le 2â décembre 1649 k <

^Bne audieocQ décisive pour les Frondeurs, il s'eateoda ^fiVec son chirurgien qui fait mine de féliciter le prélafcT de sa fermeté; mais aussitôt que celui-ci est hors dul lit, riiabile homme lui demande d'un air inquiet com-f meni il se porte. « l*'ort bien. — Pas possible! Vous avez trop mauvais visage, vous avez la fièvre, d'autantJ [jUis àci'aindi'e quY-lle paraît moins, o El. l'archevêque.! se remet au lit tout tremblant, laissant le champ libw îï son neveu.

Ce qui n'empêche pas Beaumarchais d'avoir créé desl figures impérissables, un Figaro, le roi et le dernier des j valets de comédie, un Chérubin, un Basile : il semblé quelques traita épars, il lésa fondus, combinés 3 avec mille autres qui jaillissaient de son cerveau, desjl types immortels sont nés qui vivront dans la mémoire^ des hommes aussi longtemps qu'il y aura un art, une-j littérature, une civilisation'.

H^. ViUemBin, Taine l'ontcomparé à Stieridan,d'au(ro9 à VoltaiJ'od BiM)« Voltaire a do plus que Beamnarchais IcgoAt :iiBeauiiiarch3iB,1 dit Sainte-Beave, suivait son esprit snr toutes les pentes, s'y altaQi^r donnait, et ne le dominait point. > Comme spéculateur, le grani critique voit en lui roiœllent élùve de son protecteur, Pàris-Uu'J verney, un émule des Orri, des GourviUe. u II y ovait de l'Ouvrard et mieux, il y avait un coin du Fouquet de Belle-Isie dans Beaa-j marchais, — « Beaumarchais sait que l'eapril humain est né pourfl avancer.,, au^isi il le pousse hardiment eu avant. C'est iàuneglotnl ou un crime que ne lui pardonneront guère ceux qui marcJient e arrière, ceux qui marchent de cùlé, et enlln ceux qui ne marcben^ jpas'du tout. • (Saint-Marc-Oirardin.)

MA Li: i-iiisr.E he liinb et ses cnKTEUPunAritw

Oq sait l'anecdote dy ce courtisan qui, cherchant à riiumilier, l'aborde au milieu d'un groupe nombreux. au moment où il sorlait en habit de gala do l'apparlcment de Mesdames de France,, et lui pri^senlant une belle mon Ire : n Monsieur, vous qui vousconn.ii3sez en horlogerie, veuillez, je vous prie, examiner ma montre qui est dérangée. — Monsieur, répond tranquiHemenl Beaumarchais, depuis que j'ai cessiï de m'occuper do celart, je suis devenu Iri^s maladroit. —Ah! monsieur, ne me refusez pas cette faveur. — Soit, mais je vous averlis que je suis maladroit, u Alors, prenant la montre, il l'ouvre, feint de l'examiner, la laisse tomber sur le parquet où elle se brise; puis faisant à son interlocuteur une belle révérence : n Ah! monsieur, que je vous demande d'excuses! Mais je vous l'avais bien dit et c'est vous qui l'avez voulu, u Et il s'éloigna, laissant fort déconcerlé celui qui avait cru l'humilier. — Une autre fois, un quidam soutenait en public que Caron de Beaumarchais avait empoisonné ses trois femmes. Lorsqu'il eut fini sa narration, Beaumarchais, qui se trouvait là, répondit froidement : « Il est si vrai, monsieur, que ce misérable homme a empoisonné ses trois femmes, quoiqu'il n'ait été raari6 que deux fois, qu'on sait de plus qu'il a mangé son père en salmis, après avoir étouffé sa mère entre deux tartines; et j'en suis d'aïUant plus sûr, que je suis ce Caron de Beaumarchais-là, qui vous ferait arrêter sur-le-champ, ayant bon nombre de témoins, s'il ne s'apercevait, à votre

BEAUMATICIIA[3.

Bcffaré, que vous n'iîles point un do ces rusés scél» pis qui composent les atrocités, mais seulement, un d

: bavards qu'on emploie à les propager, au graaa ^ril de leur personne. »

I, Mais cette présence d'esprit même, cette désinvolture çlliqiieuse et sa réputation, m pouvaient manquera li susciter des ennemis ardents, des envieux plusieurs reprises, mirent en danger sa Tortune et son.9 crédit. Dans ce siècle de l'ironie, ce grand moqueuij devait être moqué à son tour, ses prétentions, içhecs vertement commentés'. A la fin de la première (présentation des Deux Amis, ce drame trop comlercial, que ne purent sauver quelques scènes palhéiflues ou spirituelles, un plaisant du parterre s'était I 11 s'agit ici d'uue ijanqueroutc, j'y suis pour s vingt sous. » Un autre écrit au bas de l'alllclie J des Deux amis : o. l'ar un auteur qui n'en a aucun. .Quelques jours après, Beaumarchais a l'imprudence d ire à Sophie Arnould-, ù. propos de l'opéra de Zoroaistr9%

laje d« t'iijaro, n

i de l'espril. • Celui-â

\a 1787, ponimuiu on jou^iU le .Muj B récriait : ■ Ce Beuuinarcliais a t 1 trouvait à cAtë, observa d'un (

sur ne vous écorclieraJt pas la bDUi;hel c Le particulier n I Oui, je l'aidilet je nem'endédis pas, Beaumarcttaii a bien iprit, mais M. de Benumarcbais n'est qu'un aot. ' l a. Kèe en 1740, morle en 1802.

Sophie Arnould disHit iiu^î de Heaumurchuis : i Usera pendu, is la curde casseni. > Elle uvait le dun du calembour et de la D, delasailUerabeiaislenDejeUe emprunta à ses amis un peu

Tt-

î LR PNIffCE »e LI05I! ET >e« CttSTCirol ir.<B.

qui ne rêtuMHSÎt paà : i Dam huit jours, vou^ a'aima pliu peraonnc ou l»en peu de monde. — Yot Amtt fKHJ* en eiiverronl, n rcftart l'adricc. Maiâ un autre

ito l«ur npni, k pubhr. Ini tn pr^U ila>anlasc. Vuiri iinelqiiFSimi de CM tniltf qu'on lai ultnbtia si génËreiUi^inent, Apprensnl lumiriile L^mi* XV eti'eirl delà UoBarrj.eUe dii, en regardant triiUnomt «M lamanileii de l'Upéra : « Noas roilà orphelines de pAra ol mira. • A propui du cuiale d'Artois, qui avait épouse un* (irinruMin de Havoif.' et pnit^eail ta Dotlié : • Il prend du Ihé qliBn'l 11 cal ffiirgé de Iiiscuil de Savoie. 'AU duebesse de Chnulnei qui ttil dEmuDiUit : ■ Cumnenl va le métier? — Aaaex mal, ilepola i\ai: liw dorhew:! t'i-n iiiËlent. • — A un prince trompé par uno HctrUfi '. • Hrinctignciir, la «agesse d'une acirii'c n'est que l'art lin blan fermer let gwrloa. ' — Sur Mademoiselle l"', du la Com&llu Franfuiiie, qui, alttiidoonùe par H. Landi?, avait quitté les moiirlim cl In rouge pour «e mettre dans la dévotion : « La fri- {tunnel elle Vest faite toinlc en apprenant que Jésus s'est feit hotnmel ° — Sur un flnancier qui prenait les eaux de Itsréges : * Il hut qu'il prenne loajours quelque ebose. •> — Sur un mari (|Ui iléirriiit na Tommn : ■ Il peut en penser ce qu'il vuedi-a, mais il ne faut pan rn dAgnflter les autres. " — Mademoiselle Clairon Hjonl dAcInrô A l'okompt qui la ronduisail au For l'ÉTéque, que ses bien», U vie dépoudulunl du Sa Majesté, mais qu'Elle ne pouvait rinnsurionhonnoiir: <C'c»tJusle,s'érria Sophie, làoii il n'y a lien, lu to! ]>cr(i soi droits, • — Poinainet, poète naïf et souvent mjslllliî, IMt une comédie pleine de réminiscences; tout à coup un l'Iden «0 mut il Japper : < Vo>ei, dit Sophie, comme cet animal nbolo au voleur I • — Kn 1768, Hebel, administrateur de l'Opéra, nul ridto île furniur, pour les buis, do^ quadrilles composés des danaoutra loi plus Jolies : toi linls flrent tireur ei Sophie obserra que le niollluiir nioifcii du soutenir l'Opéra était d'allonger les ballobi g| ilo ru<'iH)uri.'lr les Jujhm. — Quatre-vingts ans plus tard, tlanilur*l'igèH répondait aux purtageui • qu'il ne s'agissait point

jour, elle prophélisait le succès du Barbier ix ilus critiques qui annonçaient »a chute : < Oui, c'est une piiVe

Je l'aui^ourcii' les liabils, muis J'ulluiigui' les sosies, > Vih; uvail aclietë s Laurches une raaïiion et Toit graver sur la porlc relte inscription ; /ta mma v»l. Lessuns rulottcs tluuru vinrent la ti'oublor dttns su retmite. " Hoa amis, leur dit-elie, je suis niv temme lilwe, J'ai toujours été une ciioiciiim Il-ûs aiUivo, et je connais par cffiur les droits de l'homme. • Cependant la bande ne ao contentait pas do l'explinalion et on allait la trBfai'r en prison, lorsqu'un dos viaiteni'S aperçoit sou busle dans le rûle d'Iphiyénie, et, trumpi par l'ét'barpe de lu prÉli'esse, s'imagine que c'était lu buutu rie Mirai. o C'est une bonne citoyenne, > s'écric-t-il en saluant le ninrbro. L'ignorance des jacobins nvail des conséquences moins beui'eusoi, lorsqu'ils arri^laicnt an litlAraleiir, piiri'O qu'ils avaient surpris dans leur perquisition dos lettres inédites deRossuet, Buunltloue. Uacinc et lui rcproeliaient de correspondre avec des émigrég, Huinôo par un homme d'aShires véreux, Sopliio tomba dnns uno il^ti'Csae prorondc d'où elle fut tinJe par Fondiû qni, en ITStt, lui accorda une pension av.'c un nppiirtemenl i rbûlol d'AngiviUiers. Un de SCS mots les plus célèbres '. * Le divorce, c'est la Bacivifount de l'adultère, ■ fut prononcé il l'oecnsion de sa tille qui ilivurfalt poarépDUser son amant. Dans ses dernii'iroa nnnéns, elle roci^vait surtout les poètes, les comèlions, les iiabitnf^s du Oveau et l'on sait qu'en l'an XII, Bai-i-é, Hadci, Diwfnnlaini'a tirent repri^sentcr au Vaudeville uno piiVe ii>tllulé<' : Sophie AriunM. Voiri le qiiHti-aln composé par son ^ndre poor un de Ma porlraili :

Snr Sopbic Arnould, voir VAmoldiana, les Mé'ii'ii Arsène UoUBsaye, Galerie du sviti* sièot», t. IV.

16M LE PRINCE 1>E LlGNi; ET SES CONTEMPOliAlNS.

qui tombera... quarante fuis de suita'. u Un quatrain du temps, cité par Grimra, résume assez bien le défaut capital des Deux ÂmU :

tu (le Ueaiuniii'i^hais le drame ridiculu, a TBÈB en un mot voua dire ce que c'^L C'eal UD l'bange où l'argeul circule Sans produire aucun talérét.

On lui dounait niému pour collaborateur Diderot, ce ffénie lie IHclionnaire, comme l'appelle Collé.

Beaumarchais ayant supprimé un acte du Barbier, comme le public témoignait quelque froideur au début, un railleur s'écria k haute voix : n Messieurs, de l'indulgonce pour l'auleur, il se met en quatre pour vous plaii-e, que voulez-vous de plus? a A l'occasioo de l'arrêt du parlement Maupeou, on lit courir cette épigramme sous forme de conseil à ses juges :

Vous qui lanfCz li; toniiej'rp, Liuaiid vous {tescendrei ebei l'Iiiluu, Prenez voire cbemin par lerre.

Vous série» mal meniia dans Is barijuc a Caioii,

bonnes actions, disgrâces, succès, tout sert Je pré-

1 . • C'est de la Jiiusique tombée, hurlait un picciniste contre un opéra de Gluck. — Tombée!.,, du cielt » riposta un critique impartial.

rtexle k la raillerie'. Uonne-t-ii la cinquantième rcprô- ^sentatioa de Figam au bénéfice des pauvres mères ['nourrices (personne mieux que lui n'a su jouer de la I philanthropie), quelque farceur lui décoche celle satire:

Il piii<i du lait aux eafanls

Et lionne du poison au\ mûres.

A l'une des premières représentations du Mariage, ^ une méchante mais ingénieuse pièce de vers l'ut lancôe il cinq cents exemplaires sur le théâtre.

Je vU hier, uu l'und d'une cuulissi-,

L'eiLruvagatite iiuuveHuié, Oui, trioniphant de lu jwlïi'c, l'roraiic des FniDfaia le speeLailo ctionlc.

DiiiiE ce dL'dine eOTronlè, l'iiaque atlcur est un v

Barliiolo nous peint l'avarice ;

Atmaviva, le nuboi-ncur;

Sa tendi-e maitié, l'uilukére ;

Et Double-Main un plat voleur.

Marceline est une mégère;

Basile un ealomniateur ; FancbcUc, l'innocente, esl bien apprivoisée; El la Suion, plus que ruâce, A bien l'air de goûter du pa^c favoj'i de madame ol mignon du mari.

iieonque est licureux uu ic paraît, doit ëU'c sans i;t:a;<; à f geoou^i pour en demander pai'dun, et mSnie ne l'obtient pas lon- ^ Jonrs à ce prix, surtout s'il est parti de loin ponr arriver où il 1 eU(La Harpe, Cours deLitt&alurv, U XIU.

lu

'0 LE PHLNCi; uE LiuNK i;ï sk» cuntempuhai.Vs,

Quel bon (oal (juelles iiimui-a cutle intrigue nuaemble! Pour l'eaprit île l'ouvrage, il eat rhcz Urid'oiao UaU Figaro... le drOle à sou patron

Si scHudsleusvmeiiL ressemble,

11 eat SI frappuiit, qu'il £ïit peur; Et pour voir à lu ùa Lous iea vicea ensemblu, Des haiiauils oeheléâ ont demandé l'auteur.

L(! 7 mars 1783, le cijinte dt! Hrovuuce ayant l'i-tissi à ix)iivaiiicre Louis XVI que. Figaro avait Mt allusion à lui dans une lettre a.v. Journal de Paris, celui-ci est coi]duit à la maison de corrucliou de Saint-Lazare, détenu six jours, et tandis que cent carrosses prennent le chemin de sa maison, les quolibets, les couplets ne laissent pas d'aller leur train. Ou affiche des caricatures, on le représente fouetté par un lazariste, on met dans la bouche do son portier une parodie du récit de Théraniùne.

... A peina Iteaumarubuid délia i-rasauut la scène, Aïult de Figaro lermioé la i:^nlniiie, Qu'il volait k Taiwe, et pourtant ee v&iiiqueur Uaua l'orgueil du triomphe éluit morne et rêveur... J'ai vu, inessieurs, j'ai m ve niaitru si ehéri, Trainé par un exempt que sa main a nourri...

D'un peuple d'élourneaux la lilc me conduit; Le faubourg en est plein ; cent boui-he^ dËgoittaiitiM Content de Beaumarcbais les détresses sanglantes, Tarrive, je l'appelle : et, me tendant la main, Il ouvre le guicbet qu'il referme soudain :

o Le roi, dit-il alors, me ji-lte â Saint-Laaare ; Prenez soin, entre vous, du malbeureux Tarai'e.

UMAnCHAl

Cher ami, si le prince, un jonr^tlaa indur^nt, Veut bien de cet alTroDl me payer en argent, Pour me faire oublier quelques jours d'abalinei Qu'il me rende.,, n A ces mots le héros i«ntristii, Sang <xiiileur et sans voix, dans aa cai;e est resté Triste objel où îles rois triomphe la jnsliei Mai" ([Ti'on n'aurait pas dft Irailcr comme

Eli vain essaycra-t-i! do retenir l'opinion publique;

Kfeon déclin commença h, c-ettc époque (n8)-178G), cl

ïoe cessera de se précipiter. Beaumarchais, qui le croi-

■ raît, devient ennuyeux dans Tarare, dans ses Derni"rs

TiSémoires ; ses polémiques avec Mirabeau et Bergasse

<StrA consommé la ruine de sa popularité, Bergasse lui

reproche ridiculement « de suer le crime », et Mira-

Ibeau défend contre lui les bonnes mœurs, le mAme

■Mirabeau qui, enfermé au donjon de Vînœnncs, êcri-

WyxA des onvragescyniques, VErotika Biblion, Ma Con-

rveraion, etc.. pour se procurer de l'argent. Mirabeau

■lance contre lui un pamphlet où déj'i il apparaît ora-

Iteur puissant dans l'invective, et qui finit par lîe

Wnseil terrible : « Ne songez désormais qu'à mériter

MVtre oublié. « Si j't^n crois Gudin, le biographe de

PBeau marchai s, Mirabeau lui aurait demandé un pril

f de douze mille francs, el aurait essuyé ce refus :

< Comme il faudrait me brouiller avec vous au jour

de l'échéance de vos effets, j'aime autant que ce .snit

aujourd'hui; c'est douze mille francs que j'y gs^ne. »

D'où la rancune du grand tribun. — Quoi qu'il en

IT'i UK l'IllNCK DE lAli^E ET SKS i;u.1T KMI'OIUINS.

soit. Beaumarchais se lut : il avait trouvé un jouteur plus rude que lui, ou l)ien il se lassait de ces luttes incossanics, et prétendait jouir un peu de cette belle maison (sa maison d'Albc) qu'il fil ■ construire Irop prA^ de la Bastille, et pour laquelle il composa ces

Adieu, paasi', songe rapide, IJu'HDéantit ijIiuiiiiq inatinl...

Quel que soit l'aveugle qui guide Ce monde, vieillard enfuntïn, Adieu, fjrands mots raniplis de vide, Uasacd, Providenre ou Destin !

Fallguc, dans ma cour^ aride, De gravir uonti'C riiieerlaiii, Désabusé comme Candide, Et plus tolérant que Martin, Cet asile est ma Propontide; ,1e ruitivc en paix mon janlin.

La Rûvolulinn lui fit sentir le poids de sance : visites domiciliaires, menaces conlinuelles de pillage, d'incendie, de massacre, accusation d'accapirer dos lilés, des armes cacliées, de les entasser dans dtis souterrains imaginaires (la calomnie, Docteur!), Beaumarchais subit pendant trois ans toutes sortes de vexations, pour le crime d'avoir un joli jardin, qu'il cherchait k se faire pardonner par mille gracieusetés et condescendances envers le peuple souverain. Précaution inutile! Il faisait connaissance avec des Almavivas, des Figaros d'un nouveau genre, mais

plus heureux que tant d'autres, il échappa à la guillotine, dans un temps où la vie devenait un art, où la raison était une espèce d'émigrée, traitée comme suspecte et frappée d'anathème, où parfois aussi la folie et la passion avaient raison contre les sages et les clairvoyants.

il,

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