‹ Le prince de Ligne et ses contemporainsChapitre 13 sur 28 · E UE L · texte numérisé non relu

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de. PunlIiiËvrc. — Les Arlequins do Ftorinn. — Malice de Rivanl^ — Lebrun ot son poirmiuicr. — L'esprit et le génie. La Harpe ; sa paasiun 'de l'âgentcr. Il était né emjjereur de cAefo* rîque, Bi-mé du sceptre et de la férule. — Ses Iragédiei.— • L'il four qui toujours chautîe et où rien ne cuit. •• — Conversion La Harpe. — Nalifl-'iin, le bedeau de l'alliéi>rne. — La prophi de Caiotte.

Fils de la poésie grecque et latine, nourri de Fia-' dare et de Tliéocrile, de Virgile et d'Horace, ioiilateur. et parfois rival de ses maîtres, disciple studieux ds nos grands siècles littéraires, âme moderne etnbauuiéiï' des plus purs parfums de l'antiquité, .Andrà Ch/mier,

i. Né à Conslantinople on 1762, exécuté le 7 liienuidor an II {1791). — (lEiivres en proie d'André Chénier, avec une préface de L. Bei;q de Fouquiéres, Cliarpealier, iSïa.— Foétiei d'André Chénier, éd. crit. par L. Becq de Fouquières, Ctiarpenlier, lS6i. — Documents Tiouveaux sur André Chénisr, 1875. — Œuvres poitiqaes (tAndré Chénier, mises en ordre et annotées pur M. Louis Holand,' Paris, Garaier, 188i, 3 vol.— Eugùne Manuel, Œuvres poéiiquet (fdnrfre Chénier, avec une introduclion et des noies, Paris, librairie des Bibliophilea, ]88i. — Poéiici d'André Chénier, avec une no-' lice bibliographique, pai' Léo Joubort, Paris, Firmin Didot, 1883, 11-18. ^ Victor Fournel, De Jean^Bapliste-BotissBau à André Ché-' nier, 1 vol. — Oscar de Vallée, Andri Chénier et le» Jacobins, Calmaan I.évj. — Sainte-Beuve, Causeries du Lundi, L IV ; Nouveaux iunrfwpt. III; Porirtàts littéraires, 1. 1". — Cbaries Labitle, Ëftufet littéraires, t. II. — VÎHemain, Couvres compUlei, t. IV. — E, Cut>,

ANDRÉ CHÉ.MEB. 177

poète païen d'iuspiration, de croyaiiœ,' chantre exquis de la nature, de l'amour et de l'amitié, et apportant au monde une lyre nouvelle, devient encore, sous le coup des événements, un prosateur puissant, un salîri((ue spirituellement éloquent. Il aima la révolution modérée, il combattit ia révolution furieuse ; parce qu'elle avait été préparée par les classes intelligentes. il no comprit pas qu'elle serait exécutée par les classes les plus rudes. Il la croit i grosse des destinées du monde » et n'y voit au premier moment que la fin d'un régime, le commencement d'un autre, l'égalité rétablie, le travail affranchi, la liberté de conscience assurée. Son enthousiasme éclata dans la pièce du Jeu de Paume, imprimée en 179[t.

»0 peuple deui fois né 1 peuple Tienx et nouvean ! Tronc rajeuni par les anniies !

Déjà, cependant, les violences de la foule l'ont frappé

André Chéimr à Sniiii-tosore, (Reouedea Deux Mandes, avrilmai 1S75)— Ch. Lacratelle, TetlameiU philosophique et liltéraira, 1. XI, p. 355 ; Dix annéa d'épreuves, p. 82. — Bibliophile Jacob, Notice hiiloriiiue lur te procè» d'Aairé Chétùer. — fiùtiee de Henri de La Touche, éd. de 1819. — Œuvres d André Chénier, éà, de 80n neveu, H. Gabriel deChÉnier, 3 ïol., 1874, — Revue des Dette Mondes, n" des 15 janvier 1B38 et juin 1S41, ai-t. de Sainte-Beuve GldeGiialave Planche. — Voj. Oéruaez, p. 100 et s. - Alfred de Vigny, SteOo.

1. ■ André était alliée avec délices, t dit Cbènedollé, non sans quelgne exagéralion.

\'H I.E PRINCF DE nr.SF; i;T ^^FS nCiNTEMPoln [NS.

el il coQseille à ses concitoyens de ne craindre plus qu'eux- mômes et les flatteurs, de ne pas venger la raison par des crimes, il veut qu'on ait raison d'une manière raisonnable.

MniB au pnuple surtout sauvnx l'abus nnier

De sa subilfi indi-pendance, Contenez ilinia son lit l'elte orafjpuse mer...

N'attendez pas de lui la divination, les remèdes de l'homrae d'Étal: avec quelques fidèles amis, de Pange',

1. La Société TrudaEne, comme on l'appelait à Taris, avait accueilli la Révolution avec enlljousiasme : i André Gliénier était uni avec les deux Trudnine et <{<• Fange pai' loâ liens d'une amitié antique que semblait traverser li^ HJuQle de Platon ; il (^t;iit riche de la richesse de ses amis, dit Lecretelle, el s'en raifaii gloire. n Les vprs d'André à de Pange :

Tu naquis rossignni, indiquent que ce dernier s'adonna d'abord â la po^ie, mais son esprit austère ne tarda pas à trouver sa véritable voie dans l'tituds de l'histoire et de la philosophie; il fit partie de la Société de 1789 avec ses amis, collabora au Journal de Pari*, et, par sa noble conduite, l'élévation de son caractère, l'étendue de ses connaissances, se. concilia la sympathie et l'admiration des hommes les plus distingués. I Son rire même est profond, « écrit .loiibert â madame de Reaumonl. — • Il ne disait qne des choses dignes d'i^tre écrites, observe Rœderer, il n'écrivait que des choses dignes d'être toiles... il apparlenail non seulement à l'amitié, mais encore à la raison, A la vertu, à la patrie. > 11 mourut prématurément en septembre 1796. Quelques joors aprrs, H. Snard publiait un fragment posthume qai sembla le testament politique de François de Pnnge, el se termine par cette belle pensée : ■< La philosophie, qui n'a pas eonduit cette

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Hauiood, Suard, Lacratelle, Kuudiei', Franijois Cliérou, il se jette dans la mêlée, comme un Ikhi citoyen qui essaye d'arrêter une lioi'de de brigauds rèpaudus èl travers les rues de la cité; les modérés devinèrent peulôtre en lui le héros dont parle Virgile, mais ils ne le suivirent point et la populace, s'apercevant qu'il était presque seul, ne ae tut pas. Qu'importe? il poursuivra : il tentera, avec sa petite phalange, d'arrêter le monstre; dans sa probité indignée, il saisira le fouet d'Aristophane et d'Arehiloqui', s Son inspiration un peu hautaine et dédaigneuse relève, dit Sainte-Beuve, de Tacite et de l'homme juste d'Horacfl ; elle rappelle les vertueux accents de Juvéual ou de Perse; c'est un poète, un Alceste lyrique, un Vauvenargues en colère, qui s'arme de l'ïambe vengeur. Il a créé la satire du poète honnête homme dans les temps de révolution. Les œnteniporains, ceux qui l'entendirent à la tribune des Feuillants, attestent ses brillantes facultés d'orateur : elles se reflètent dans les articles du Journal de Paris. d'un style concis et sobre, ennemi de la métaphon;, éclatant ii force de vigueur, spirituel à force de péné-

niïululiûii i[u'elle avait préparée, ne k lerminerd pas non plus; muia elle apprends peut-être à en profiter, a ( Voir l'inlrudjclion de M. Becq de Fouquières aux OEiives de François ik Pange, Charpentier, 1871.) Nommé à diiïércntes plaun», le pare des Trudaine denianda au roi de n'en pas toucher les Bppuintementa : « On me demande si rarement de pareilles grâces, dit 1b i, que, pour la aiiiftularîté, Je ne veux pas vous refuser, •

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traliou, où Tauleur, lidèle au t;oùl antique, l-v confusion des genres. ' n

il s'attache d'abord i démêler les vrais, les principal] ennemis de la Hévolulioii, à faire comprendre qu l'esprit révolutionnaire est iepire ennemi de lattberté * que celle-ci ne consisti' pas ù, (lilTiniier au hasard et

1. I L'admiraLua qu'il inspire, observe M. Victor Fourael, d Eabii\e Élude sur André Chèiàer, se mêle de ce sentiment part culier qu'on éprouve devant les débria d'un grand monum inocbevë. • D'aiileurs il re feuille lait Bans <«s9e son fime et n < Chcnier analyse son lalent el l'en croimil qu'il parle de lui d cea vers oii il cèlâbre la Jeune Marie :

Abandon mnL lus ilnuia, de sonores abeilles Vinrent, en bourdonnant, sur lea lËvres vermeillea, S'iisaeolr, et déposer ce niiel doux et llalleui QdI coule avec sa voix et pénètre le cœur.

Beine aux yeux <^clalanls.>la belle Poésio Lut sourit et trempa sa bouche d'ambroisie.

3. Voici une excellente défîniliun de l'esprit public par Ândi Chéaier ;

" N'est-ce pas une certaine raù'jn générale, une cerlaine sagea prali'/u« et comme de rtmiiite, à peu prèa tgalcnictit départie entre tous les citoyens, et toujours d'accord et de niveai toutes les institutions publiques ; par laqacMc chaque citoj-en connaît bien ce qui lui appartient et par conséquent ce qui appar« tient aux autres; par laquelle chaque citoyen connaît bien ce qiM eist ilù à la sociÉlé entière cl s'y prfte de tout son pouvoir ; laquelle chaque ci'.oyen respecte sa propre personne dans auini sCs droits dans ceux d'autrui?,..Et quand la société dure depni assez longtemps pour que tout rela soit dans tous une habituât innrie et soit devenu une sorte de religion, je dirais presque th it^erslition, certes alors un pays a le meilleur esprit public qnlt

ANDRÉ CHËKIER.

ojvrir des listes dû proscriplion. Ce qu'il dénonce sans relâche, c'est celte société des Jacobins essaimant mille autres sociétés u toutes se tenant par la main, formant une espèce de chaîne électrique autour de la France n; ce qu'il ne peut supporter, c'est l'insolent mensonge des meneurs, c'est l'abus du mot peuple appliqué à « quelques centaines d'oisifs réunis dans un jardin ou dans un spectacle, ou à, quelques troupes de bandits qui pUlent des boutiques ». — « Nous savons maintenant, disait-il, avec quelle facilité on fait croire à un peuple qu'une petite partie de lui-même c'est lui tout entier. On lui persuade qu'on le venge quand on ne venge que soi ; on lui parle de sa toutfle tout-puissant par lui; on lui X qu'on n'aime pas et dont 1 intéresse la souveraineté nae cinq ou six audacieux. La doctrine que toute délation vraie ou fausse est toujours chose louable el utile, est non seulement pratiquée, mais enseignée au moins comme ce que les jésuites appelaient une opinion probable. Et, donnant la main au prosateur, le poète esqiûssait un fragment de comédie satirique représentant une scène d'initiation au clulr' des Jacobins:

i pour s désigne comme ennemis c on n'est pas aimé, et l'o tionale aux querelles i

Qu'est-ce qu'un sans-culotte:. V en deux mots?

iSà LE PRINCE DE LIGNE ET SES CONTEMPORAINS.

C'est celui Qui n'a rien, mais qui reut avoir le bien d'autrui.

A C*ett ça. pardieu !

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