‹ Le Prince des sotsChapitre 3 sur 37 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

Une autre pensée me vient. La démence intermittente de Charles VI est l'événement principal t|ui sert aux passions d'Isabeau, de Louis d'Orléans, de Jean sans Peur, des autres personnages secondaires, et celui qui devait aller si souvent chercher un peu de repos, une provision de raison chez le docteur Blanche, met une complaisance attendrie, un soin jaloux, à peindre le fou de l'hôtel Saint-Pol.

Ai-je besoin de dire que je ne suis pas assez savant pour être intervenu jamais entre l'histoire et Timagination de Gérard de Nerval, et que j'avais trop conscience de ma responsabilité pour changer quoi que ce fût d'essentiel ?

J'ai respecté le sujet, les péripéties, le dénoue* ment, les rares anachronismes et les invraisemblances. J'ai fini tout au plus les phrases inachevées.

Quand des corrections interrompues mettaient un peu d'obscurité dans le récit, j'ai essayé de faire filtrer un peu de clarté. Cette besogne, à Cause de l'horrible état du manuscrit, me suffisait.

Je n'ai donc rien changé. J'ai laissé, en tète de chaque chapitre, les épigraphes en vers, que l'auteur y a mises, selon la belle mode romantique, et

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quand elles maiiquaieul, je me suis i,^ardé d'en inventer.

J'altesle donc que c'est bien le roman de Gérard de Nerval, seul, tel que j'en suis devenu propriétaire, (jue je publie. Je n'ai ni à me vanter, ni à m'excuser de la moindre collaboration.

Gérard de Nerval m'eût tiré de sa poche, en 1851, ce manuscrit, comme il tirait, par bribes, le manuscrit d'Aurélie, pour la Revue de Paris, que je l'eusse inséré, aussi respectueusement que je l'offre aujourd'hui. L'auteur, toujours inquiet, eût ajouté des traits précieux en corrigeant ses épreuves. Mais, à part ce gain perdu, c'eût été la même œuvre, avec les mêmes qualités d'esprit, de savoir, d'observation, et, par instants, la même échappée dans l'idéal, dans le rêve.

LOUIS LLBACII.

LE

LA COUH DAMOUK

La foule se pressait dans la salle briilaïUe. Au uiilieu des vapeurs que répand le saiital, Le monarque trônait. Près de lui, bienveillante La Reine avait l'éclat de la lune naissante, Et le Sot le regard du bouffon triomphal.

On sait que les rois de France des deux premières races, Mérovingiens et Carlovingiens, n'habitèrent jamais Paris; que ce fut la race des Capétiens qui y résida la première. Elle avait choisi Fédifice appelé maintenant Palais de Justice.

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On sait aussi que Charles V, de la race des Valois, ayanl horreur de ce palais, dans lequel, durant les troubles suscilés par Marcel, prévôt de Paris, il avait subi divers outrages, Tabandonna pour ailei- habiier une maison de plaisance, bàlie près de réj^lise Saint-Pol, dont elle prit le nom. Il avait fait, non loin de là, construire une forteresse, pour y enfermer ses trésors, la Bastille, inaugurée comme prison d'État par le prévôt Hugues Aubriot, qui avait aidé à la faire bâtir.

C'est dans l'hôttl Saint-Pol, duquel dépendaient de vastes jardins entourés de murailles, pouvant au besoin soutenir un siège, que se passent les scènes de cette étude, qui ne semble être un roman que parce qu'elle est l'histoire vraie. A la fin du xiv' siècle, il n'y avait ni rues pavées, ni égouts, ni réverbères. Les maisons manquaient absolument de confort, les demeuri's princières ne possédaient pour tout mobilier que quelques sièges et un bahut servant tout à la fois de secrétaire, d'armoire et délit.

L'hôtel Saint-Pol faisait exception. Pourtant

une simple tenture de serge bleue tapissait les murs de la grande salle où se tenait la Cour d'amour, présidée par Isabeau de Bavière, et où se réunissaient quantité de jolies femmes, entremêlées de visages plus ou moins barbus.

Un personnage étrange, ni beau, ni laid, trapu, avec une vivacité de singe, s'agitait dans cette noble assemblée. De tous ceux qui l'avaient vu, ou qui lui avaient parlé, nul ne pouvait dire : Il a tel aspect, tel accent, — tant il diversifiait sa pose, ses gestes et sa voix. C'était le prince des sots.

Au milieu de l'hémicycle où s'élevait l'estrade occupée par la reine, se tenait une jouvencelle, jolie en son maintien modeste, comme une Phylis ou une Chloé de bergerade. Elle portait le simple coslume des filles du peuple, mais avec quelle grâce! et une abondante chevelure d'un noir d'ébène, emprisonnée dans un anneau d'acier, encadrait son charmant visage empourpré de pudeur.

— Çà, ma mie, avancez et contez votre plainte, lui dit Isabeau de Bavière, près de qui était assis son royal époux. Parlez sans crainte.

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Notre cour d'amour vous fera bonne et loyale justice, si, comme nous l'espérons, vous avez le bon droit pour vous.

— Ilélas ! madame la Reine, répondit la jeune lille, en baissant les yeux, j'ai grande tristesse au cœur et grande honte aussi...

— Rassurez-vous, repartit Isabeau, et d'abord dites-nous qui vous êtes.

— Goline Demerre, fille du barbier des Halles.

— Quel est votre âge ?

— Seize ans.

— Bien, maintenant, dites ce qui vous amène devant nous.

— J'ai suivi, seize ans durant, le droit chemin, reprit Goline, toujours les yeux baissés.

Le prince des sots lâcha quelque bourde à l'oreille de sire Hugues de Guisay sur les mois de nourrice passés sans trébucher, ce qui excita l'hilarité du gentilhomme.

— Sire Hugues, s'écria Gharles VI sévèrement, notre cour d'amour est un tribunal sérieux; veuillez vous en souvenir. Nous avons relevé cette antique institution, afin de porter

remède à la débauche, qui, sous le couvert do la galanterie, menace de tout envahir.

Puis s'adressant à tous les seigneurs, le roi ajouta :

— Prenez-y garde, messieurs; l'amour constant est devenu sujet de risée; la foi des anciens preux est estimée à l'égal d'une mode passée... Mais aussi, la vaillance et l'honneur d'autrefois, où sont-ils? Tout cela se tient.

Tandis que Charles VI parlait, les hommes affectaient un morne silence; mais un sourire d'approbation se dessinait sur les lèvres des dames.

— Coline Demerre, reprit Isabeau, poursuivez votre récit.

— J'étais entrée, dit Coline, au service de madame de Bourbon. Or, un grand seigneur qui rendait souvent visite à madame la duchesse jeta les yeux sur moi...

— Et, interrompit le roi, il vous lit quitter le droit chemin?...

— Comment une pauvre fille, comme moi, aurait-elle pu résister aux séductions de...

— Achevez, fit la reine d'une voix impéralive.

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— Monseigneur le duc d'Orléans.

— D'Orléans! miinnura Isabeau, toute frémissante.

— Mon frère ! exhala le roi dans un soupir.

— Qui vous a fait si osée de vous attaquer à un aussi haut personnage? s'écria la reine en jetant sur Coline un regard flambant de haine.

— Dieu m'est témoin, madame, que le duc a fait ce dont je l'accuse !

— Où est le duc? demanda vivement Isabeau à Hugues de Guisay.

— Monseigneur assiste au mariage d'un de ses officiers.

— Je regrette qu'il ne soit pas présent pour confondre l'audace de cette fille.

— Il aurait peut-être été fort empêché.

— Penseriez-vous qu'elle dit vrai?

— Je pense, madame, pardon de la liberté grande, que le duc a bien pu s'oublier...

— Et vous, sire Hugues, interrompit la reine, vous oubliez le respect que vous lui devez.

— Chère Isabelle, dit le roi, en s'interposant, de si grands mots sont hors de propos. Rappelez-vous pourquoi a été instituée la cour

d'amour. N'est-ce pas pour juger des causes de cette sorte? Qu'importe la qualité! Le prince du sang, comme le simple bourgeois, est justiciable de ce tribunal... Je ne prétends pas qu'on condamne mon frère sans l'entendre. Renvoyons la cause à notre prochaine séance.

— Qu'il soit fait comme vous le désirez, repartit Isabeau. Mais avant de nous retirer, je veux encore poser une question à la plaignante. Savez-vous, ma mie, continua-t-elle, avec une feinte douceur, pour qui le duc vous a quittée?

— Que trop, madame la reine, répliqua Coline en soupirant ; c'est pour une noble damoiselle de la ville d'Orléans, qui s'appelle Mariette d'Anghuien.

A ce nom, sire Hugues partant d'un fou rire :

— Par toutes les licornes du blason ! s'écriat-il, voilà l'épouseur d'aujourd'hui bien loti... car l'épousée c'est Mariette d'Anghuien.

— Tout est réparé de ce côté, dit le roi. Il en sera fait de même pour vous, ma mie, ajouta-t-il en se retournant vers Coline, si votre dire est confirmé. Noire cour d'amour n'est pas instituée à autre fin. Mon frère vous

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Iroiiverii un mari dans ses liomincs (ravmcs.

— Aussi propre, repartit sire Hugues, que répoux de Mariette d'Anghuien, à jouer le rôle de Menelaiis... comme dans votre sotie de la destruction de Troyes, prince des sots!

— Celui-ci, riposta maître Gonin, le prince des sots, en a toute l'encolure, avec les cheveux rouges et les épaules en arc-boulant. Il ferait à ravir les saint Joseph dans le mystère de la conception et les claque-dents ou les malavisés des soties tirées de la cour des Miracles.

La reine, qui n'avait prêté qu'une oreille distraite à ce dialogue, sortit de sa rêverie en annonçant qu'elle allait lever la séance.

— Encore un moment de répit, si vous le permettez, madame, dit Hugues, j'ai une proposition à vous soumettre.

— Parlez, répondit Isabeau.

— Ce que j'ai à demander à Votre Majesté rentre parfaitement dans les attributions des cours d'amour. Il n'y a, pour l'en convaincre, qu'à consulter les archives de toutes celles de province, du Puy, d'Aix, d'Avignon, de Marseille, de Toulouse... Elles se sont arrogé un

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droit de contrôle sur les mariages incongrus, comme d'un veuf avec une veuve, d'un vieillard avec une vierge, d'un novice avec une ribaudc. .. Or ce dernier cas est celui du jour.

— Et quel excellent sujet de momerie en ce temps de carnaval ! s'écria maître Gonin.

— Holà ! messire claque-dent point malavisé, fil Charles VI, calmez votre beau feu. Je suis las de voir mes écus à l'aigle et mes florins à la reine se dissiper en décorations, costumes et musique ; ma monnaie d'or se change en monnaie de singe...

— Songez donc, Sire, que pour un aussi plaisant spectacle il suffirait, pour les accessoires, d'un cortège de faunes et de satyres. Quant au rôle principal, il ne coûtera que la peine d'extraire d'une armoire la défroque de l'évêque cornu, qui n'aura jamais paru à semblable fête.

— La jolie mine que fera le mari, reprit Hugues, avec la crosse et la mitre à cornes de bélier ! Il y a de quoi prêter à rire pour tout le carême.

— Et croyez-vous que Monsieur d'Orléans

lini, lui, d'une farce jouée à son intention? Qu'en pensez-vous, Isabeau? Vous clés toute rêveuse, madame !...

— J'écoute; oui ! ce sera une fête délicieuse : la dame, le mari et l'amant. Ah! ali ! l'heureuse idée, heureuse et morale! La cour d'amour ne pouvait mieux, pour punir le séducteur.

Le roi, frappé de celte dernière observation qui en effet punissait d'un blâme public, et attribuant l'ironie d'Isabeau à l'indignation de la présidente, ne fit plus qu'une objection :

— Mais le duc ?

— Le duc a trop d'esprit pour se fâcher d'une malice du prince des sols.

— Dès que vous pensez que Louis ne se fâchera pas, je me rends, et je veux un rôle. Aussi bien pouvons-nous prendre quelque loisir joyeux, maintenant que le royaume de France est tranquille, grâce à la trêve que nous avons conclue avec l'Angleterre. Or çà, maître Gonin, chef des Enfants sans soucy, venez régler un point du cérémonial de la fête, qui nous concerne. Nous entendons nous y mêler, sous un costume plaisant et mythologique, qui

nous rende méconnaissable à qui ne sera point de notre compagnie. A ce propos, messeigneurs, nous entendons que la scène qui s'est passée, il y a deux ans, au baptême du dauphin, ne se renouvelle pas. Ce fut une très mauvaise raomerie d'éteindre toutes les lumières : l'honneur des dames en reçut quelque atteinte. Maître Sot, faites en sorte que rien ne manque à la fête, pendant que vous y serez, et à notre argenterie, quand vous n'y sortez plus.

Le prince des sots s'inclina, en même temps qu'il haussa le verbe, tant soit peu goguenard :

— Ceci est un jeu de mots de votre grâce. Sire, une anlithèse, comme nous disions dans la rhétorique, du temps que j'étais au collège de la rue Coupe-Gueule... Oh le bon temps! nous avions là un vieux professeur...

— Bien, bien, ne changeons pas la thèse. Notre prévôt du palais s'est plaint maintes fois que nombre de pièces de notre vaisselle disparaissaient les jours où vous et votre troupe veniez organiser nos fêtes.

— Foi d'homme. Sire, le prévôt est un vieux larron qu'il faut pendre. C'est lui-même qui

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a dérobé ces pièces. Je vous en donnerai la preuve dès demain, vous priant, si elle est claire et précise, d'octroyer la charge de roi des ribauds à un mien cousin, dont je réponds comme de moi !

— Il suffit! cependant, surveillez vos sots! Le prince des sots s'inclina à nouveau et

s'éloigna précipitamment, crainte d'un contreordre.

Charles VI, ce roi maladif, qui n'avait que des sursauts de santé, pour retomber dans des mélancolies et des accablements effrayants, se repentait souvent, l'heure d'après, d'avoir cédé, l'heure d'avant, aux fantaisies ruineuses d'Isabeau.

Dans sa précipitation, le chef des Enfants sans SOUCI/ se heurta contre un seigneur qui entrait en ce moment et s'effaçant, s'amoindrissant, s'excusa à Jean, duc de Nevers, héritier du duché de Bourgogne, l'un des grands vassaux delà couronne.

Mais le duc l'interrompit d'une voix joviale :

— De prince à prince, il n'y a que la main : la tienne donc, grand-duc !

Et saisissant la main de maître Gonin, il la serra amicalement dans la sienne, forte et large à pouvoir servir d'étau au besoin.

En effet, ce prince aux épaules carrées, au cou de taureau, à la physionomie fulgurante, auxjambes un peu torses, musculoux et nerveux, é\4^t le type de ces robustes chevaliers cerclés de fer au dedans, pour porter le fer au dehors, cariatides du moyen âge.

Il s'approcha du roi, qui ne l'aperçut pas d'abord, et lui murmura à l'oreille :

— ■ Sire, il y a dans votre cour des larrons plus à craindre que les Enfants sans soucy.

— Eh! cil! depuis quand êtes-vous là, cousin de Bourgogne ?

— Depuis quelques instants; on m'avait dit que vous teniez conseil, et comme j'ai à entretenir le roi d'affaires politiques.

— Ah ! fort bien, repartit le roi en baillant. Mais que parliez-vous de larrons?

— Je faisais allusion à vos oncles, répliqua hardiment le butor, à d'Anjou, à Berry et Bourbon.

— Bah ! vieille histoire que cela ! soupira le

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roi en haussant les épaules, vous êtes en retard... Mais puisque vous voulez parler d'affaires politiques, nous allons nous rendre au grand conseil et vous donner audience.

Alors le roi, saluant les dames, après avoir baisé la main de la reine, ordonna aux seigneurs de le suivre et sortit appuyé sur le bras de Jean de Nevers,

Dès que le roi et une dizaine de gentilshommes se furent éloignés, la cour d'amour se désagrégea. Chaque dame approcha son siège du siège de son amie ; des groupes se formèrent et des entretiens particuliers, doux comme un essaim d'abeilles qui butinent, bruissèrent sous les lambris de la salle. Toutes ces jeunes et nobles châtelaines, tirant de leur aumônière des broderies, trouvèrent occupation à leurs doigts. Leurs lèvres brodaient des commentaires sur l'audience finie de la cour d'amour.

La reine songeuse, les sourcils froncés, la bouche serrée, s'était retirée.

Il manquait un peintre au tableau charmant de cette réunion. Quelques-unes formaient un cercle autour de l'immense cheminée, où se

consumait en pétillant un demi-tronc d'arbre. Christine de Pisan, accoudée contre la boiserie de sa stalle, semblait prêter attention aux propos voltigeant autour d'elle; mais la belle Vénitienne rêvait sans doute aux dicts moraux qu'elle se proposait d'écrire.

Près d'elle, la jeune femme du chambellan Savoisy, au port majestueux, au regard séraphique, enroulait des fils d'or sur une petite bobine de nacre.

Plus loin, une dame d'honneur d'isabeau de Bavière, au teint délicat, à la chevelure blonde, divisée en gracieux anneaux, se récitait à ellemême, d'une voix caressante, une ballade d'Alain Chartier.

La vive maréchale de Boucicault se livrait, à propos de tout et de rien, à de bruyantes exclamations et piquait ses voisines avec son aiguille d'argent.

Parmi les dames, dites d'un âge mixte, on distinguait la duchesse de Berry, belle blonde, sa cousine madame d'Anjou, non moins blonde ni moins avenante, la princesse de Bourbon grave et sérieuse, comme si la séance de la

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cour (l'amour n'eût pas été levée. Elle enluminait des vélins précieux, tandis que sa fdle, une adorable diablesse de treize à quatorze ans, courait sus à une charmante levrette qui gambadait follement à travers les groupes.

l'our laisser le champ libre à ces ébats bruyants, les groupes se défirent; les dames se massèrent. Ne fallait-il pas parler, après le chapitre des amours du duc d'Orléans, de la fameuse mascarade? Il n'était que temps de songer à la toilette. Les broderies rentrèrent dans les aumônières et tout l'essaim s'envola pour tirer des bahuts les cottes de samis et les hennins, et s'assurer qu'ils étaient dignes de vêtir et de coiffer de si belles et de si grandes dames.

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