BATHILDE , LE CHEVALIER , THIBAUT
THIBAUT
Il repose encore ; mais il ne peut tarder à s'éveiller. Laissez-moi seul , et n'oubliez pas ce dont nous sommes convenus.
BATHILDE
Je suis retenue par ses ordres dans mes appartemens.
LE CHEVALIER
Et moi, prisonnier dans la tour.
THIBAUT
C'est cela; le reste me regarde.
BATHILDE
Air : Du vaud, de Polie et Raison.
Sonpe que ma tendresse , l'edanl à les avis , ('oiific à ta sagesse Le bonheur de mon fil».
THIBAUT
Si je voyais souffrir mon maître , Je croirais mes beaux jours perdus, Et plus triste que lui peut-être.
Mon luth ne résonnerait plus.
BATHILDE
Songe que ma tendresse, etc.
LE CHEVALIER
Songe que sa tendresse, Ce'dant à tes avis, Confie à ta sagesse Le bonheur de son fils.
Oui , que votre tendresse Cédant à nres avis , Confie à ma tendresse Le sort de votre fils.
( Le Cheuaher et Baihilde sortent. ) SCENE IL
THIBAUT seul.
Je ne puis m'empècher de rire du trouble et de l'embarr.TS où vont le jeter toutes mes folies. Que dira-t-il eu ine voyant sous les liabiîs du Gouverneur? Mais il fait grand jour... mes ordres doivent être exécutés. ( riant. ) Mes ordres ! comme on s'habitue aisément à prononcer ce mot-là ! [prenant plusieurs feuilles de vélin qui sont sur le bureau) Ceux-ci , que j'ai fait signer au Comte lorsque sa tèie égarée l'avait mis à ma discrétion , r^ie mettent à l'abri de toute déllance et de tout reproche.. .Allons, courage, Thibaut j cette journée peut te faire honneur. . .
Air : Des Filles à marier.
Pour servir un maitvc que j'aime , Sachons , dans ma joyeuse liumeur, Emprunter à Bacchxis lui-même Des armes contre le buveur ; Oui , pour confondre la sagesse Qui dit : le A'ia n'est qiT'im poison , Faisons des brouilla ids de l'ivresse Jaillir l'crlair de la raison.
Mais je l'entends. Pteprenons vite l'attitude grave qui convient à mon rôle, et fasse le ciel que je puisse conserver le sérieux qui m'est nécessaire!
\^ll ic rnciau bureau de travail, et s'assied tournant le dos aiA Prince. )