N° XXXII
Le prince Eugène à la princesse Auguste.
Manloue, 5 février.
Triaire est arrivé ce malin , ma chère Auguste , je lui ai tout expliqué; tu feras bien d'aller à Monza dès que les appartements seront bien chauffés et que j'aurai quitté la ligne du Mincio. Cela pourra être dans huit jours comme dans quatre. Espérons!
Je rumine en ce moment le mode de donner sur le nez de l'un de mes adversaires, et j'y réussirai peut-être. Hier soir, après que j'eus quitté mon arrière-garde, ils sont venus l'attaquer^ on a été bien vite à cheval , on les a repoussés a une lieue, et on leur a fait quelques prisonniers, dont un officier.
Je donne ordre a Hennin (*) de te remettre d'avance toute l'année de les épingles, et puis 200,000 francs pour ta maison ; puis Rè, qui est a Ancône, te fera passer mes fonds. J'aime autant que tu les gardes, puisque tu pourras t'en servir au besoin.
Eugène.
N" XXXHI.
Le prince Eugène à la princesse Auguste.
Goïto, 9 février 1814.
Encore une bataille de gagnée, ma bonne et chère Au-
(*) Trésorier de la couronne d'Italie et de l'apanage du viceroi.
gusle; Taffaire a été chaude et a duré jusqu'U huit heures du soir : en même temps que je passais le Mincio pour attaquer l'ennemi , il passait lui-même sur un autre point. Je Tai pourtant battu et fait près de 2,500 prisonniers. Nos troupes se sont bien conduites, surtout l'infanterie. Ma santé est bonne; je suis seulement très-fatigué.
Eugène.