N' LVII
IJ Empereur au prince Eugène [lettre en chiffres).
12 mars 18)4.
Mon fils, je vous envoie copie d'une lellre fort extraordinaire que je reçois du roi de Naples. Lorsqu'on m'assassine, moi et la France, de pareils sentiments sont vraiment une chose inconcevable.
Je reçois également la lettre que vous m'écrivez avec le projet de trailéque le roi vous a envoyé. Vous sentez que celte idée est une folie. Cependant envoyez un agent auprès de ce traître extraordinaire, et faites un traité avec lui en mon nom. Ne louchez au Piémont ni a Gênes, et partagez le reste de l'Italie en deux royaumes. Que ce traité reste secret jusqu'à ce qu'on ait chassé les Autrichiens du pays, et que vingt-quatre heures après sa signature le roi se déclare et tombe sur les Autrichiens. Vous pouvez tout faire en ce sens; rien ne doit être épargné dans la situation actuelle pour ajouter a nos efforts les efforts des Napolitains. On fera ensuite ce qu'on voudra , car après une'pareille ingratitude et dans de telles circonstances rien ne lie.
Voulant l'embarrasser, j'ai donné ordre que le Pape fût envoyé par Plaisance et Parme aux avant-postes. J'ai fait écrire au Pape qu'ayant demandé, comme èvêque de Rome , a retourner dans son diocèse , je le lui ai permis. Ayez donc soin de ne vous engagera rien relativement au Pape, soit à le reconnaître, comme a ne pas le reconnaître.
Votre affectionné père,
NArOLÉON.