‹ Le prince Eugène en 1814Chapitre 38 sur 51 · N" LVIII · texte numérisé non relu

N" LVIII

Copie d'une lettre du roi de Naples à V Empereur , incluse dans la précédente (*].

Sire ,

V. M. court des dangers, la France est menacée jusque dans sa capitale, et je ne puis défendre ni l'un ni l'autre, et je ne puis mourir pour vous, et l'ami le plus afleclionné de V. M. est en apparence son ennemi !

Sire, dites un mot, et je sacrifie ma famille, mes sujets, je me perdrai , mais au moins je vous aurai servi , je vous aurai prouvé que toujours je fus votre meilleur ami. Je ne demande en ce moment autre chose... Pourvu que le vice-roi vous fasse connaître ma conduite... les larmes m'empêchent de continuer ma lettre. Je suis seul ici, au milieu d'étrangers; je dois cacherjusqu'à mes larmes! Celte lettre vous rend entièrement, sire, le maître de mon sort, ma vie est 'a vous; aussi bien avais-je fait le serment de mourir pour V. M. Si vous me voyiez, si vous pouviez vous faire une idée de ce que je souffre depuis deux mois, vous auriez pitié de moi. Aimez-moi toujours; jamais je ne fus plus digne de votre tendresse.

Jusqu"a la mort votre ami,

Jo.4CHIM INapoléoiN.

(*) La copie est sans date ; la lettre doit être du 1" ou 2 innrs.

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