‹ Le prince Eugène en 1814Chapitre 42 sur 51 · N^ LXIV · texte numérisé non relu

N^ LXIV

Copie de la lettre du roi de Napîes au duc d^Otrante (incluse dons la précédente).

■ Reggio, J8 mars.

Mon cher duc,

J'ai reçu le 13 votre lettre du 7 mars. Quel bonheur elle m'a fait éprouver ! Vous le concevrez, vous qui vîtes mon âme si brisée de douleur. L'espérance renaît dans mon cœur, Puissé-je bientôt pouvoir paraître ce que je suis, ce que je serai toujours !

J'attends avec la dernière impatience la personne que vous m'avez annoncée; je vous adresse des passe- ports pour elle ; je tiendrai un officier aux avant-postes; qu'elle n'ait aucune inquiétude.

Toutes les puissances ont fait des proclamations a l'indépendance de l'Italie, toutes ont insulté aux braves Italiens, puisque toutes veulent rétablir les anciennes dynasties. Moi seul je n'ai encore rien dit. Sans doute je voudrais réellement cette union et cette indépendance; moi seul je puis être entendu des Italiens. Je voudrais donc «ne proclamation à l'indépendance de cette Italie que l'Empereur lui-même doit vouloir sauver! Cette proclamation meservirait de prétexte pour rompre avec les Autrichiens. Je voudrais donc qu'une phrase dît positivement que mon armée s'unira sincèrement a celle des puissances qui voudra r indépendance de Vltalie et la sauver du retour des anciennes dtjnasties.

Mon armée fera des prodiges ; elle demande à grands cris à sauver l'Italie. La proclamation des Anglais, celle

du prince héréditaire de Palerme qui dit « que son père n'a jamais renoncé à Naples n doit aussi me servir de prétexte.

Nous nous sommes entendus avec le vice-roi. Après avoir repris nos postes, je lui ai fait dire qu'il n'avait rien h craindre de moi.

Répondez-moi de suite. Adieu, je vous embrasse de tout mon cœur.

JoACHiM Napoléon.

(P. S. De la main du roi.)

Il est impossible que f Empereur ne rende pas juslir.e a mon cœur et à ma conduite!

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