‹ Le Prince Eugène en 1814, réponse au Maréchal Marmont, publiéeChapitre 21 sur 30 · N° XXIV · texte numérisé non relu

N° XXIV

Extrait d'un rapport du comte Tascher de la Pagerie, envoyé auprès de l'Empereur après la bataille du Mincio, le 9 février 1814, et reparti de Paris le 18 février.

Quartier général délia Voila , *7 férrler,

o Le lendemain matin (18), S. M. me fit appeler-, je » fus introduit dans son cabinet, et elle me dit : Tascher, » tu vas partir tout de suite pour retourner en Italie; tu ne » t’arrêteras h Paris que poul- voir ta femme, sans com- » muniqner avec qui que ce soit-, tu diras k Eugène que » j’ai été vainqueur h Champaubert et h Monlmirail des » meilleures troupes de la coalition ; que Schwarzenberg » m’a fait demander cette nuit par un de ses aides de » camp un armistice, mais que je n’en suis pas dupe, car i c’est pour me leurreret gagner du temps. Tu lui diras que » si les ordres qui ont été donnés hier au maréchal Victor » avaient été ponctuellement exécutés , il en serait résulté » la perte des corps bavaroisetdesWurtembergeois pris au > dépourvu par ce mouvement, et qu’alors, n’ayant plus » devant lui que des Autrichiens , qui sont de mauvais sol- » dats et de la canaille, il les aurait menés à coups de fouet * de poste; mais que, rien de ce qui avait été ordonné » n’ayant été fait, il a fallu recourir k de nouvelles chances. » S. M. ajouta : Tu diras k Eugène que je lui donne ordre de » garder l'Italie le plus longtemps possible, de s'y défen- » dre, qu’il ne s'occupe pas de l'armée napolitaine com- » posée de mauvais soldats et du roi de Naples qui est un » fou, un ingrat; en cas qu'il soit obligé de céder du ter-

» rain, de ne laisser dans les places fortes qu’il sera obligé » d'abandonner que juste le nombre de soldats italiens * nécessaires pour en faire le service -, de ne perdre du » terrain que pied à pied en le défendant, et qu'enftn, » s'il était serré de trop près, de réunir tous ses moyens,

> de se retirer sous les murs de Milan, d’y livrer bataille;

» que, s’il est vaincu, d’opérer sa retraite sur les Alpes » comme il pourra; ne eéder le terrain qu’à la dernière » extrémité. Dis h Eugène que je suis content de lui. qu’il » témoigne ma satisfaction k l’armée d’Italie, et que sur » toute la ligne il fasse tirer une salve de cent coups de ca- » non en réjouissance des victoires de Champaubert et

> de Montmirail. A Lyon, tu verras le préfet; tu diras » au maréchal Augereau qui y commande qu’ayant pris » 12,000 hommes de vieux soldats, y compris le 13* de » cuirassiers et le H* de hussards, d’y réunir les nouvelles

> levées, les gardes nationales, la gendarmerie, de mar- » cher sur-le-champ, tête baissée, sur Mâcon et Chàlons, v sans s’occuper des mouvements de l’ennemi sur sa » droite; qu’il n'aura h combattre que le corps du prince » de Ilesse-Hombourg, composé des troupes de nouvelle » levée des petits princes allemands, commandés par des » officiera de la noblesse allemande sans aucune expé- » rience de la guerre; qu’il doit les vaincre et ne pas » s’effrayer du nombre. A Turin, tu diras au prince Bor- » ghèse de contremander l’évacuation de la Toscane s’il » en est encore temps , mais dans le cas contraire d’ar- » rêter les troupes dans leurs mouvements , de défendre » les différentes positions en avant de la ville de Gènes , » de mettre cette ville dans un état imposant de dé- » fense et donner connaissance de ces dispositions au » vice-roi.

» De Votre Altesse Impériale, etc , etc.

» L. Tascher de la Pagerie.

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