N* XXV
Le prince Eugène à l'Empereur.
Voit*, 37 février 18U, au soir.
Sire,
J’ai reçu ce malin les ordres de V. M., en date du 19, concernant le départ delà vice-reine de Milan. J'ai été profondément affligé de voir, par la forme de cet ordre, que S. M. s'était méprise sur mes véritables intentions eu pensant que j’eusse jamais eu celle de laisser la vicereine dans des lieux qu’auraient occupés les ennemis de V. M., à moins d’un obstacle physique. Je croyais, par toute ma conduite, avoir mérité que V. M. ne mit plus mes sentiments en doute.
La santé de ma femme a été très- mauvaise depuis trois mois; les derniers événements, en redoublant ses inquiétudes, avaient encore aggravé son mal. Je vais lui communiquer les intentions de V. M., et, dès que sa sauté le lui permettra, elles seront remplies. Je le répète, sire, elles ne pouvaient nous chagriner que par les motifs injustes qui vous les auraient suggérés, et qui sont étrangers, j'ose le dire, à votre cœur paternel.
Je suis avec respect, sire , de Votre Majesté ,
Le bien soumis et tendre fils et fidèle sujet, Eugène Napoléon.