LE PRINCE IMI'EHIAL
Parmi le flot des invités, voici les ciiambellans en rouge, les maîtres des cérémonies vêtus de violet, riuibit marron des préfets du j)alais, le costume vert des écuyers, riiniformc bleu ciel des officiers d'ordonnance.
La toilette des femmes n'est pas, comme à la cour d'Angleterre, réglementée par l'étiquette : elles se livrent assaut d'élégance en ces fêtes qui se multiplient.
Le bal costumé du 9 février compte dans les fastes des Tuileries.
Les galeries sont combles dès 9 heures; on y croise la princesse de Metternich en diable noir, la comtesse de Persigny en feu, M"" Emile de Girardin en île de Ceylan , la manjuise de Trévise en calendrier, labaronne de lîourgoing en Orientale, la baronne Reille en cantinière Louis XV, M""' Jîarachin en naïade, M"'' Magnan en horloge. — L'Impératrice entre sous un merveilleux costume de Dogaresse rouge et noir, resplendissant de diamants ; l'Empereur porte un manteau vénitien de satin blanc. Le Prince est à leurs côtés, vôtu de velours noir ; il a des bas de soie rouge, des souliers à boucles; un petit manteau vénitien est jeté sur ses épaules.
A 11 heures, des jardiniers Watteau apportent une énorme ruche d'oîi sort un essaim d'abeilles: I^r'^ïascher de la Pagerie, M™" de Vatry, la princesse Troubet/koy, M"" Coppens, M"'" Pereira, la vicomtesse Molilor, la princesse Dolgorouky. Chacune porte une
corbeille de violettes qu'elle va déposer aux pieds de Leurs Majestés.
Désormais le petit Prince s'assiéra plus régulièrement que par le passé, le soir, à la table impériale ; souvent ses compagnons y seront conviés avec lui.
On le verra aussi chaque semaine à la réunion de famille suivie de la réception baptisée a les petits lundis de l'Impératrice ».
L'étiquette y est moins stricte qu'aux fêtes du château; les hommes sont dispensés du costume de cour et portent l'habit avec la culotte courte ou le pantalon fixé à la cheville.
Ces plaisirs nouveaux ne font pas oublier au Prince ses jeunes troupes et la revue du 15 mars réunit 300 soldats en miniature. Tous les uniformes de l'infanterie y sont représentés : Jules Espinasse est avec les Zouaves que son père, glorieusement tombé à Magenta, avait commandés autrefois ; Corvisart parmi les Chasseurs à pied, Conneau dans les rangs des Grenadiers, puis les Gendarmes, les Voltigeurs. Tous ces guerriers sont en grande tenue de service, sac au dos, sous le regard du maréchal Regnaud de Saint-.Iean-d'Angély, entouré de sou état-major.
A 'A heures et demie, l'Empereur sort du château, tenant son fils par la main. Il le conduit à la gauche du 1" régiment de Grenadiers et la manœuvre commence : maniement des armes, escrime à la baïon-