LETTRE DU PRINCE IMPERIAL A M. ESPINASSE
Le 5 mai 1879. Balterssprut.
Mon cher Espinasse,
Quoique je vous sache fort instruit en toute chose et en particulier en géographie, je vous défie bien de deviner où se trouve l'endroit d'où je vous écris.
Depuis le 28 du mois dernier, Lord Chemsford, dont je suis un des aides de camp, visite les différents cantonnements des troupes qui s'acheminent vers le point de concentration de la deuxième division qui doit opérer sur la frontière nord-ouest du Zululand. Les difficultés de tout genre empêchent les mouvements rapides et c'est à peine si, depuis un mois que la plus grande partie des troupes sont débarquées, 200 kilomètres ont été parcourus.
Je viens de voir Bigge et Slade, mes deux anciens camarades ; je les ai trouvés •au camp retranché de Rambula qui a été attaqué par l'ennemi le 29 mars, avec tant de hardiesse.
Les Zulusont manœuvré, m'ont-ils dit, avec un ensemble qui aurait fait honneur à des troupes européennes.
Dès que l'artillerie les a salués de sa première décharge, les 5 colonnes qui s'avançaient vers le camp retranché se sont répandues en tirailleurs et les noirs profitant du moindre abri se sont garnis tout le long du plateau jusqu'à 20 pas des tranchées-abris. Après cinq heures de combat, les Anglais les ont repoussés et poursuivis avec leur cavalerie irréguhère.
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APPENDICES
Depuis deux jours, je n'ai pas retiré mes bottes, mais cette vie me plaît et me fait du bien.
Adieu, mon cher Espinasse, rappelez-moi à tous mes amis et croyez à mon inaltérable affection.
Votre ami, et j'espère un jour votre compagnon d'armes.
Napoléon.