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Le Canada, ou mieux le Nouveau Monde, étant ouvert aux migrations de tous les peuples, ne devait pas former autant de nationalités qu'il renfermait de fractions de peuples, maïs bien une seule et même nationalité, basée sur les intérêts et les besoins identiques de ses habitants. On a pris texte de cette prétention pour dire que nous voulions voir la matière, les intérêts et la satisfaction des besoins prévaloir sur la morale. (C'est un préjugé bien enraciné en Canada que de croire la morale d’un peuple bien distincte de ses intérêts. Nous n’aurions qu'à demander, pour faire voir le ridicule de cette croyance, si l'intérêt bien entendu n’est pas la morale elle-même.
Je commençais ma lecture en démontrant que le Canada ne devait former qu'une seule nationalité : la nationalité canadienne. Je continuais en disant que la proximité des provinces britanniques chligerait un jour ou l’autre le Canada à s'unir avec ces provinces et à ne former qu’une seule et même nationalité, que l’on appellersit comme l’on voudrait, le nom ne faisant rien à la
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chose. J'ajoutais que plus tard, le Nouveau Monde sentirait inévitablement le besoin de concentrer ses forces pour maintenir sa
-prospérité sur le continent, et par là unirait
toutes les parties distinctes de nationalités ad n’en former qu’une seule et même nation.
Les lecteurs verront par ma lecture que je vais au devans des coups, en prouvant que mes théories ne sont niun rève, ni une utopie,
Voilà ce qui a tant excité les amis dy statu quo, les prétendus défenseurs de la nationalité canadienne-française, qui, en voulant s'assurer la suprématie sur les autres nationalités, n’a créé que la division et
J'inimitié parmi ses membres ; division et
inimitié qui ont été la cause de notre infériorité industrielle. relativement aux anglais du Bas et du Haut-Canada,
Comme nous aurions'éte forts, siles canadiens français avaient été unis entr'eux et libéraux envers les autres |
J'émettais dans ma lecture toutes ces opinions avec modération et sang-froid, On
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voudra bien croire que je n'avais aucun doute sur tout ce que je disais, et que je n'ai fait que formuler la plus sincère conviction, Voilà ce qui a tant irrité mes ennemis qui ne savent pas ce que c’est qu’une conviction, depuis qu'ils vivent du brocantage des principes politiques. Ces messieurs ne s'occupent pas du tout d’être blancs aujourd’hui et noirs demain. Si vous les accusez, ils vous répondent en jetant de l’eau dans leur couleur primitive afin de la dénaturer. |
Un journal tout neuf à Montréal, mais dont les rédacteurs sont de vieux roués de la presse, m'a pris à partie, et cela de la manière la plus étrange.
L'Union Nationale, que vos lecteurs connaissent tant soit peu, avait envoyé un de ses collaborateurs, M. David, à l’Institut- Canadien, pour entendre d’abord et critiquer ensuite ma lecture. Ce n’est pas la première fois que M. David se charge d’un tel rôle. Loin de regretter qu'il fût présent, j'en étais heureux. Les journaux ont eu tort de croire que je craignais d'émettre mes
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principes en plein jour. J'aurais voulu une salle plus grande, un auditoire pus nombreux.
Je m'attendais naturellement à une criti-
que de M. David, critique parsemée de ces mots si gentils qui composent la chanson de tous les ennemis de l’Institut. Aussi parutelle trois jours après. Elle remplissait deux colonnes de L'Union Nationale, et contenait ce qui suit à mon adresse :
« Foulant aux pieds les sentiments les plus nobles de la nature humaine, attaquant l'ordre même établi par la Providence, le savant lêctureur pose en principe: que les peuples comme les individus ne doivent avoir d'autre but que le progrès matériel, et que les distinctions nationales 8 'opposant à ce progrès, on doit chercher à les faire disparaître. »
Voir ci-dessous ma réponse à M. David que l’Union Nationale a eu l'honnêteté de refuser (Nos. 1 et 2).
€ Partant de ces données il ob il flétrit les peuples qui, pour rester fidèles à leurs traditions nationales, aux souvenirs