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« échappe à cette influence de l'isolement qui paralyse « peu à peu les volontés les plus fermes. Jeunes ou « vieux, sortis ou non d’une école normale, nos insti- « tuteurs ont besoin de faire effort pour ne pas selais- «ser gagner par le découragement ou la routine. « Pour les y aider, nulle action ne peut être plus effi- « cace que celle du corps tout entier, qui a intérêt à ne « laisser fléchir aucun de ses membres. En se rappro- « chant dans les conférences périodiques, ils trouve- « ront l’occasion de créer entre eux librement cette « communauté d'esprit, et cette solidarité profession- « nelle qui fait la puissance et la dignité du corps ensei- « gnant.
Dans la pensée de ceux qui, en 1881, avaient organisé un Congrès d’instituteurs au Havre, de ceux qui permirent un Congrès libre en 1887, ces réunions avaient uniquement pour but le perfectionnement moral des maîtres.
Mais déjà les préoccupations purement pédagogiques perdaient leur vogue; le souci des intérêts matériels du personnel y devenait prédominant.
Dans toutes les administrations des groupements analogues se constituèrent.
Cest en 1900 que l'esprit d’association prit corps chez les agents et les sous-agents des postes. Dès l’abord leurs associations trouvèrent la sympathie la plus vive et les encouragements du Ministre du Commerce, M. Millerand. Leur objet était nettement pro-
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fessionnel, en Mars 1901, l’association des sous-agents comptait déjà 5.500 membres. Le Ministre présent au banquet où se fêtait ce succès leur disait : « Notre pré-
« sence signifie qu'entre vous et nous il n’y a pas
« seulement des relations nécessaires et la discipline « inscrite dans les règlements, qu’il y a autre chose et « mieux, sans quoi les textes seraient lettre morte : «il y a de vous à nous une confiante réciprocité. »
Les associations naissantes étaient accueillies avec bienveillance; c’est l'esprit même dans lequel la loi qui leur donnait la liberté allait être votée.
$ II. — La Lor DE 1901.
La loi du 1er juillet 1901 en proclamant la liberté d’association ouvre un droit nouveau.
Elle autorise les associations de personnes à se former librement et les tient pour valables à la seule condition qu’elles ne soient fondées ni sur une cause, ni en vue d’un objet illicite. Elle les permet entre toutes personnes, sans distinction sous la seule condition qu’elles aient une capacité civile.
Aucune réserve n’y a été faite en ce qui concerne le personnel des services publics; aucune même n'avait été proposée. Les fonctionnaires peuvent donc user librement de l’association; ils peuvent en user sans limite quant à l'importance du groupement.
La loi de 1901 a supprimé l'autorisation préalable;