‹ Le Principe Saint-SimonienChapitre 2 sur 19 · APS · texte numérisé non relu

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point, sur un autre elle est, excessive (1) ». Et les économistes, qui sont bien obligés de constater la réalité du mal, prétendent le guérir par une liberté plus grande en laissant agir la concurrence sans limite : c’est une folie ! Car ce mal n’est pas accidentel, il est chronique. Il corsiste en ce que « la répartition des instruments de travail est faite par des individus isolés, ignorant à la fois et les besoins de l’industrie, et les hommes, et les moyens capables d’y satisfaire (2) ». Il durera autant que subsistera la propriété privée.

Ce n'est du reste là qu’une des faces du problème : si la propriété privée n’est pas défendable au point de vre de l’utilité, elle l’est moins encore au point de vue de la justice. On constate en effet que, malgré toutes les lois de la Révolution, qui n'ont pas su faire des droits qu’elles proclamaient une réalité, « et sauf quelques rares exceptions, les avantages propres à chaque condition sociale se transmettent héréditairement..……… Les économistes ont pris soin de constater un des aspects de ce fait, l’hérédité de la misère, lorsqu'ils ont reconnu dans la société l’existence d’une classe de prolétaires. Aujourd’hui, la masse entière des travailleurs est exploitée par les hommes dont elle utilise la propriété (3) ».

Il faut donc distinguer dans la société deux classes, celle des « oisifs ».et celle des « travailleurs », ceuxci vivant de leur travail et ceux-là de leurs revenus.

(1) Exposition, 1re année, p. 191.

(2) Ibid., p. 191.

(3) 1bid., pp. 175 et 176,

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Cette distinction, nous dit Enfantin, est capitale, à ce point « qu’on est vraiment sans boussole lorsqu'on la perd de vue ». Entre ces deux classes, pas un intérêt n’est commun. « Les travailleurs doivent désirer la hausse des salaires, la baisse de l'intérêt, des loyers et des fermages, tandis que les ovsifs, qui vivent de loyers, de fermages et d'intérêts et qui paient les salaires, pensent tout le contraire des travailleurs (1). » Ainsi subsiste « l'exploitation de l’homme par l’homme » puisque c’est le capitaliste, le « bourgeois » tout-puissant qui impose les conditions du travail et qui profite de sa force en se réservant une vie paisible et fastueuse tandis qu'il laisse à l’ouvrier le labeur ingrat dont il garde le profit. Exploitation atténuée, certes, si l’on compare notre état social à celui des peuples antiques; exploitation pourtant odieuse encore, et qu'il faut supprimer.

La propriété privée doit donc disparaitre puisqu'elle produit tant d’iniquités. Mais sa disparition ne doit pas être le résultat de la violence, car jamais une révolution n’a pu établir un ordre durable. « Toute idée de violence pour faire cesser un pareil état, dit un apôtre, serait une absurdité de la part des travailleurs. Les oisifs peuvent bien se faire illusion au point de regarder comme convenable l'emploi de la baïonnette et de la mitraille quand les travailleurs demandent du pain : à eux permis, ils n’ont pas de meilleure raison à leur donner; mais pour les

() Le Globe, 7 mars 1831.

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