PRÉFACE. XV
si la vie est un être à part ou une simple puissance de Pâme raisonnable, et enfin s'il y a deux âmes dans Phomme ou bien une seule. Est-il donc vrai que la question soit définitivement résolue depuis le célèbre mémoire de Jouffroy sur la distinction de la psychologie et de la physiologie? Est-il vrai que notre propre vie, avec tout ce qui en dépend, soit chose absolument étrangère à notre âme? Est-il vrai qu'au dedans de nous, chose étrange, nous soyons deux et non pas un? Est-il vrai que rien du travail de la vie ne retentisse au sein de la conscience? Nous espérons que la philosophie spiritualiste ne s'endormira pas plus longtemps au sein de ce dualisme, non moins dangereux que bizarre, et qu'elle ne se complaira pas davantage dans cette conception vraiment monstrueuse de Phomme intérieur.
Elle doit être d'ailleurs tout naturellement amenée à diriger de nouveau ses recherches sur ce point essentiel de la constitution de Phomme, non-seulement par les discussions des théologiens et des médecins, mais par ses propres investigations, de plus en plus complètes, sur l'histoire de la philosophie de l'antiquité et du moyen âge, où ce grand problème de la vie tient le premier rang