‹ Le printempsChapitre 8 sur 14 · A EMILE DESCHAMPS · texte numérisé non relu

A EMILE DESCHAMPS

Votre muse rapide autant que bienveillante M'adresse de beaux vers dont je suis touché; Si ma plume à répondre a dû vous sembler lente, C'est que malade, au lit, je suis resté couché.

A Versailles, le jour où, trompant mon attente, De ne point vous touver je fus assez fâché, J'ai rencontré la grippe et depuis, la méchante, Se cramponne à ma gorge et ne m'a pas lâché.

Mais, cher maître, sur vous l'hiver n'a point de prise/ Vous restez le bourgeon caressé par la brise Et qui se change en fleur dès qu'un rayon à lui.

Trop aimable poète, à l'âme sans rivale, Vous ressemblez au lis dont le parfum s'exhale Aussitôt qu'en rêvant on s'approche de lui.

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