IL V A UNE TERRASSE
C'est là que vous retrouvez la sous-maitresse défroquée dans un modeste appartement . au troisième étage, au milieu d'une vingtaine de petites filles auxquelles elle apprend, moyennant une faible rétribution mensuelle, la lecture, l'écriture et le calcul. Il y a loin , sans doute, de ces deux ou trois chambre* garnies de quelques tables boiteuses, et qui servent à la fois de classes et de réfectoires (ainsi que l'indique la rangée de paniers disposés sur les planches), au coin Portable des salles d'étude de l'institution. Les externes sont souvent mal peignées, mal ajustées; souvent aussi le prix de leur détention se fait attendre ; car elles appartiennent à des familles d'ouvriers ou de marchands peu aisés, qui songent moins à leur éducation qu'à s'en débarrasser pendant une partie du jour. Mais dans ce pauvre recoin tout imprégné d'odeurs infectes de fromage , de charcuterie, de salaisons, qu'on appelle un externat de jeunes demoiselles, notre ancienne sousmaitresse se trouve mille fois plus heureuse que dans la vaste cage ou elle régentait naguère une bande de jolies pies bien dressées , bien proprettes , et des mieux einbecquelées. L'air de la liberté sent toujours bon ; et elle est libre. Elle s'appartient enfin à elle-même. Plus de cloche importune qui lui commande à heure fixe le sommeil et le réveil. Elle peut disposer comme elle l'entend de ses matinées et de ses soirées. Les dimanches et les jours de fêtes , elle est plus bourgeoise que la bourgeoise elle-même. Pour comble de bonheur, supposez, et la supposition est presque toujours vraie, qu'il demeure dans sa maison uu employé de bureau encore vcrt.de mœurs rassises, ayant quelque teinture des bellesletties, et, avant une année, le nom de madame *" remplacera sur l'enseigne de l'cxlerual celui de mademoiselle *'*. Au lieu d'une terrasse . on aura un jardin , on prendra