‹ Le prisonnier de HamChapitre 12 sur 70 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

» parti, envers aucune secte, envers aucun gou- » vernement; ma voix est libre comme ma pen- » sée... et j'aime la liberté! »

Éloigné de toute participation a la vie publique , fatigué des persécutions dont il avait été l'objet , le prince cherchait ainsi à distraire dignemeut son esprit des pensées amères de l'exil en même temps qu'il s'assurait, par l'égalité de son caractère et la générosité de ses sentiments , l'affection et la sympathie d'amis nombreux au milieu des épreuves et des revers de la fortune.

Près de deux années s'étaient écoulées depuis son arrivée en Angleterre, et l'on peut se rappeler qu'à cette époque , qui touche à la fin de 1839 , les souvenirs de l'Empire devinrent plus vifs et parurent faire de plus grands progrès en France. La rentrée triomphale des cendres de l'Empereur réveilla encore ce sentiment national et le fit pénétrer dans le cœur des générations nouvelles. Le nombre des mécontents augmenta de jour en jour, et enfin, par un étrange concours de circonstances, les mêmes régiments que le prince avait connus à Strasbourg tenaient alors garnison dans les villes du Nord et de l'Ouest des côtes de France. Une inflexible destinée semblait donc l'appeler encore

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