CHAPITRE TROISIÈME
Une vie nouvelle s'ouvrit pour l'exilé sons le noble et puissant aun ac 1 nospitaiitc Druannique. C'est à la méditation, à l'étude, aux travaux philosophiques et littéraires qu'il consacra ses loisirs ; et lTiistoire conservera les fragments qui ont été publiés de ses nombreux travaux. On y retrouvera la pensée sérieuse de cette vie si mal connue , couverte à dessein d'un voile épais par les menées de la police , ou défigurée à plaisir par
Digi
des pamphlétaires à gages. Le grand nom qu'il porte ne l'inspirait pas peu , sans doute , lorsqu'il écrivait, à Carlton-Terrace , cette préface des Idées Napoléoniennes. « Si la destinée que me pré- » sageait ma naissance n'eût pas été changée par » les événements , neveu de l'Empereur , j'aurais » été un des défenseurs de son trône, un des » propagateurs de ses idées ; j'aurais eu la gloire » d'être un des piliers de son édifice , ou de mou- » rir dans un des carrés de sa garde en combat- » tant pour la France. L'Empereur n'est plus!.. . » mais son esprit n'est pas mort. Privé de la pos- » sibilité de défendre par les armes son pouvoir » tutélaire, je puis au moins essayer de défendre >< sa mémoire par mes écrits. Éclairer l'opinion, » en recherchant la pensée qui a présidé à ses » hautes conceptions , rappeler ses vastes projets, » est une tâche qui sourit encore à mon cœur. La » crainte de choquer des opinions contraires ne » m'arrêtera pas; des idées qui sont sous l'égide » du plus grand génie des temps modernes peu- » vent s'avouer sans détour; elles ne sauraient » varier au gré de l'atmosphère politique. Ennemi » de toute théorie absolue et de toute dépendance » morale, je n'ai d'engagements envers aucun