CHAPITRE HUITIÈME
» par sa noble conduite en Suisse, en 1828, à » quel point un peuple libre peut compter sur votre > abnégation, et nous sommes assurés que si, votre » oncle, le grand Napoléon, s'est rendu immortel » par ses victoires, Votre Altesse peut acquérir
* parmi nous une gloire égale par les travaux de » la paix, qui ne font couler que des larmes de >' reconnaissance.
» Du jour où vous poserez le pied sur notre » sol, une ère nouvelle de prospérité commencera » pour ses habitants.
» Ce que nous demandons à Votre Altesse la » permission de lui proposer n'est pas indigne de » sa sollicitude, car, dès avant 1830, le roi Guil- » laume de Hollande avait accepté quelque chose » de semblable. Si nous ne vous remettons pas » immédiatement les pouvoirs nécessaires à l'ou- » verture de ces grands travaux , cela tient à l'ab- » sence actuelle des chambres législatives, dont » l'intervention est obligatoire pour l'examen d'un
* traité signé par moi Tannée dernière, avec " M. le comte de Hompesch, président de la » compagnie belge de colonisation. Ce traité >' n'ayant pas été aussi favorablement accueilli que >' j'avais lieu de le croire, il est plus que probable
>> que le gouvernement sera autorisé à s'adresser » à vous , et pourra ainsi satisfaire le vœu ua- » tional. Il paraît résolu à menvoyer près de » vous avec les instructions nécessaires pour nous » mettre à même l'un et l'autre de nous enten- » dre à ce sujet.
» Une autre cause de retard est la récente » commotion populaire de ce pays. Mais, comme » le nombre des mécontents est minime, et que le » gouvernement a l'appui de l'opinion publique , » je pense que cette révolution touche à son » terme, et que le calme prochain permettra de » donner à notre grande entreprise l'impulsion la » plus prompte. Le gouvernement est, d'ailleurs, » convaincu que la construction du canal, en » donnant de l'ouvrage à tous les bras inoccupés , » offrira un nouveau moyen de pacification et * et de bien-être pour ce peuple depuis si long- < temps fatigué des horreurs de la guerre civile.
» Autant par impatience de voir le début d'une » œuvre à laquelle je veux employer toutes mes » facultés , que par désir de voir Votre Altesse » régler les destinées de ma patrie, j'aspire à » l'honneur de vous revoir à Ham, ne fût-ce que » quelques heures, en conservant l'espoir d'assister