CHAPITRE NEUVIÈME
Nous entrons maintenant dans une nouvelle phase de la captivité du prince. L'idée de l'emprisonnement perpétuel commençait à disparaître, et l'amnistie semblait de plus en plus probable dans la pensée publique.
Des nouvelles arrivées de Florence vinrent ajouter aux souffrances morales de Napoléon- Louis tout le poids cruel des douleurs domestiques. Son père achevait dans l'exil une vie que les infirmités
Di
rendaient depuis longtemps si pénible. Seul sur la terre étrangère, le noble vieillard, dans son abandon, tournait toujours les yeux vers la France, qui, après l'avoir repoussé de son sein, lui retenait un fils unique sur lequel s'étaient concentrées toutes les affections de son cœur. Le prince entendait cette voix mourante qui l'appelait pour les suprêmes devoirs, et toute considération personnelle s'effaça dans ses plans de conduite et dans ses résolutions jusque-là prises. On va le voir, dans cette occasion comme dans toutes les autres, obéir, sans hésitation, à sa noble nature.
Vers le milieu çl août 4845, le roi Louis, qui avait pris le nom de comte de Saint- Leu, s'était décidé à des démarches pour obtenir la mise en liberté de son fils. Il avait envoyé à Paris M. Sylvestre Poggioli , ami fidèle et dévoué, porteur de lettres pour MM. Decazes, Molé et Montalivet. « Vous êtes père, disait-il à ce dernier, et vous » devez comprendre l'ardeur de mes vœux. » Ce ne fut qu'à la fin d'octobre que M. Poggioli put rencontrer une seule des trois personnes qu'il avait mission de voir; ce Tut M. Decazes, qui lui fit une réception gracieuse, et l'entretint pendant une heure et demie. A la seconde entrevue, il lui dit qu'il