CHAPITRE >EIj\IÈME
avait communiqué la lettre du comte de Saint-Leu au maréchal Soult, président du conseil, à M. Duchâtel, et enfin à M. Guizot, qui s'était chargé de la mettre sous les yeux du roi. 11 engagea M. Poggioli à venir le revoir le lendemain du jour où le Moniteur annoncerait l'accouchement de madame la princesse de Joinville. Cette troisième visite eut lieu le 7 septembre et fut courte; la froideur du duc laissait assez voir son embarras, qu'il tâcha de dissimuler en disant qu'il n'avait pu trouver l'occasion favorable de parler au roi. Fallait-il attribuer ce changement de manières à une pensée de regret de la part de celui qui avait été le secrétaire du roi de Hollande? C'est ce queM. Poggioli ne chercha pas à deviner; mais il répondit au grand référendaire qu'il lui laissait tout le temps possible, et il ne se présenta en effet, pour la dernière fois, que le 22 décembre. 11 lui fut facile de se convaincre, au bout de quelques instants, que M. Decazes n'avait pas la mémoire des vieilles dates.
M. le comte Molé avait envoyé, de sa terre de Champlâtreux , une réponse à M. Poggioli, et le reçut, le 3 novembre, de la façon la plus aimable. 11 témoigna, à diverses reprises, combien il était touché de la confiance que le comte de Saint-Leu
avait mise en lui, et affirma qu'il ferait tout sou possible pour la justifier.
M. Poggioli resta convaincu de la sincérité de ces protestations, et n'a jamais douté que l'objet de sa mission n'eût été rempli avec succès si M. Molé eût été alors ministre.
Quant à M. de Montalivet, il fallut trois lettres pour obtenir de lui une audience. Dans la dernière, M. Poggioli demandait si le silence gardé signifiait un oubli ou un refus formel de recevoir la lettre du roi de Hollande. L'audience eut enfin lieu et se passa en généralités sur le mécanisme des gouvernements constitutionnels, sans qu'il fût possible de fixer l'entretien sur les dispositions personnelles du chef de l'État, de qui toute cette affaire devait dépendre.
M. de Montalivet termina en promettant de parler à M. Duchâtel, et de rendre réponse sous peu de jours. Cette réponse n'est jamais arrivée*
M. Poggioli ayant informé le roi Louis et son fils du triste résultat de son voyage, celui-ci lui envoya la lettre suivante pour être remise à M. Duchâtel.